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A Vos Rêves

RÊVE D'ENFANT

12 Juillet 2014, 10:18am

Publié par ChrisSAVIGNAN

RÊVE D'ENFANT

Chapitre XVI

Socrate Et La Poésie.

À la quinzaine du mois de septembre 2236, une dizaine de jours après la confidence de Manou, à propos du sommeil de Sami, je repris le contrôle de la situation de crise, dans laquelle je m’étais personnellement engouffrée. Je visionnais la vie sous d’autres angles, en réalisant que les non-dits pouvaient non seulement représenter un fléau, dans toutes les relations humaines, mais également une souffrance nommée aussi remords ou regret, surtout lorsqu’on est contraint de rompre avec un être cher, à la fois conseiller et ami. Nous progressions vers une période, dans laquelle la tendance mondiale des pensées et des attitudes s’enivrait d’une atmosphère philosophique et poétique. L’impact de la réduction des températures de notre climat, sur les populations, semblait être la cause de cette nouvelle joie d’exister, de positiver et de vivre avec passion, chaque seconde de notre destinée. La majorité des gens, toujours valides et sociabilisés révélèrent leur âme d’artiste, afin de dynamiser le reste du monde, et de croître leur niveau intellectuel et culturel. Et moi, je repris mes compositions musicales, agrémentées de vers à rimes pauvres, riches, avec parfois, quelques notes inégales et banales.

Avec sagacité, mon p’tit loup accusa le coup d’une insatisfaction de réaliser son rêve de jardin d’Éden qui dévia vers un souhait d’une chambre, à l’intérieur de laquelle les plantes feraient office de décors. Il alimenta ses désirs conscients, en étudiant la faune, la flore et leur mystère. Il se passionna également, pour les plantes disparues, depuis les années 2000 et pour la mythologie, notamment sur les animaux mythiques. Sa chambre était spacieuse. Avec son accord, j’apportai une touche de nouveauté à son décor, du sol au mur, en passant par le mobilier. Le papier peint d’un jaune poussin donnait de la luminosité et de la splendeur à la pièce, quelles que fussent les conditions climatiques. Elle se composait d’un grand lit, d’une commode et d’un placard, en bois de tamarin d’occasion. Des cadres vert anis, astucieusement accrochés au mur, exposaient des images d’animaux et de forêts enchanteresses qui décoraient la pièce, avec des couleurs assorties aux rideaux et à sa chaise de bureau. Une mini-cascade artificielle, dénichée dans une vente aux enchères, créait un son mélodieux de l’eau et procurait une paix intérieure divine. Indépendamment de la situation actuelle, j’avais choisi cette décoration zen, avant son arrivée, et l’agrémentai à présent, de haut-parleurs, pour diffuser des sons de la nature, de bougies à led, dans des bocaux remplis de cailloux colorés, de quelques objets qui réfléchissent la lumière, en la tamisant, une moquette pelouse et de grandes affiches de faune et de flore. Ces grands changements lui créèrent une ambiance propice au sommeil et compensèrent le bruit produit par le sol en plan-chers, à chacun de nos déplacements, dans cette pièce. Un soir du même mois, il s’allongea sur son lit, pour s’endormir. Il fixa le plafond tapissé, récemment, d’étoiles phosphorescentes, d’un air rêveur et se laissa à nouveau emporter, sous le doux son des bruits d’une forêt tropicale, par ses songes d’espace vert, comblant tous les recoins de sa chambre. Soudain, un tambourinage de vitre résonna lourdement dans la pièce. Alerte, il se leva d’un pied et se dirigea vers sa fenêtre. Son visage s’illumina d’une pureté angélique, sous l’emprise d’un enchantement. Il afficha un ravissement en croissant de lune, sur les rives de sa bouche et posa ses mains contre la vitre. Un grand et magnifique aigle pygargue albinos, avec des plumes blanches de soie scintillante et des yeux d’un bleu azur, tapait contre le verre, avec noblesse et fierté, avant de lui crier dans un langage humain et d’une voix m
ajestueuse :

  • « Ouvre vite, petit humain ! Je ne pourrais pas revenir demain ! Avec cet alizé qui souffle dehors, je ne serai évité le sort d’y trouver la mort. »
  • Aussitôt, mon fils coulissa le vantail de sa fenêtre et tendit son bras à l’élégant et bel oiseau blanc qui déploya ses ailes de deux mètres d’envergure, avant d’y poser sa patte.
  • « Qui es-tu ? S’enquit celui-ci, les yeux ouverts et miroitants d’éblouissement, de ce splendide volatile qui le fixait de ses iris cristal-lins.
  • Socrate, mon garçon ! S’annonça l’oiseau, en scrutant Sami du pied à la tête, pendant que celui-ci s’émerveillait d’entendre un oiseau qui parlait. Et bien pour un combattant, tu n’es pas bien grand ! S’ébahit-il, d’une intonation digne d’un poète.
  • Chut ! Baisse d’un ton ! Murmura mon p’tit loup, en posant son pouce sur ses lèvres. Je n’ai que quatre ans, je ne peux pas être grand ! »
  • Le rapace rabaissa sa fierté, sans pour autant éviter d’exposer ses sonorités poétiques et romanesques. Mon bambin referma délicatement sa fenêtre et alla s’asseoir sur son lit.
  • « Navré pour la nuisance vocale qui résonne dans ce local et involontairement induite, par mon inconduite, s’excusa Socrate, en marmonnant. Finalement, tu es plutôt géant, pour un petit homme de quatre ans et tu me sembles doté d’une intelligence, supérieure à tout garçonnet de ta lignée. Je viens de la part de Justin, Justin le malin, tu le connais bien ce cher lutin, avec qui tu partages des instants divins.
  • Justin ! Tu connais Justin ! S’émerveilla mon p’tit loup, d’un ton admiratif.
  • Oui, Justin, c’est ton copain, mais c’est aussi le mien. Il vint un beau matin, me demander de combler le chagrin, d’un petit homme qui changera notre destin.
  • Dis-moi Socrate, tu parles toujours avec autant de rimes ? Interrogea mon gamin, prêt à éclater de rire.
  • Oh non ! Mon petit Sami, les amis de mes amis sont mes amis, je les aborde tous ainsi, mais sous peu que tu me trouves un peu chiant, nos relations n’évolueront qu’avec des inconvénients ! Insista-t-il, d’un ton empreint d’inquiétude et d’un œil suspicieux, sur la cause de l’hilarité de mon fils.
  • Tu te trompes mon cher ami, je suis humblement ravi d’avoir de la compagnie, dans ma vie, certifia celui-ci, en imitant son intonation et son attitude.
  • Je peux t’adresser la parole, d’homme à homme, même si je n’en suis pas un en somme, selon tous les protocoles de vos nobles idoles. Quoique certains suivent bien plus le chemin et l'instinct, de certaines races primitives et féroces de félins, que celui d’un humain, dans la voie choisie de leur monumental destin, dénonça-t-il, avec certitude et d’un ton répugné. Mais vois-tu, depuis que j’ai perdu ma fonction, je n’ai pas cessé de tourner en rond. Et quand il pleut, je m’ennuie un peu. Pour ne pas y passer ma vie, j’ai décidé de me consacrer à la poésie et à la mélodie. »


Le pygargue pesait un poids trop important, pour que Sami pût continuer à le tenir aussi longtemps. Son bras se fatiguant, il se leva et le dé-posa sur le petit divan, accosté à son bureau, en lui demandant :

  • « Tu sembles bien connaître les humains, c’est vrai que beaucoup d’entre eux n’ont pas l’éthique d’entre être un, ils n’ont aucune valeur morale, aucun respect, aucune dignité et bien d’autres vices. En plus, ils l’affichent clairement ou s’en cachent derrière de bonnes apparences. D’ailleurs, certains ont pour vocations ou métiers de pourrir l’existence de ceux et celles qui en ont une belle, même supérieure à la moyenne, comme celles qui vivent u seuil de la pauvreté et même en dessous. À l'opposé, ceux et celles qui ont été victimes d’actes atroces et immondes, parfois sous de bons aspects d’intérêts généraux de sécurité ou de croyances spirituelles, deviennent des martyrs ou des souffres douleurs de la société et ne s’en remettent jamais, au nom des bonnes raisons scientifiques et existentielles qu’on envisage ou qui découlent d’un enchaînement de conséquences positives pour la postérité. Tout en sachant que finalement, ils ouvrent aussi parallèlement, les portes de leur propre vie à ces prédateurs de toutes espèces vivantes, et celles des autres, dans l’espoir de pouvoir les coincés, pour ceux qui sont du métier et quant aux autres, dans la croyance d'y avoir contribué, tant qu'ils n’ont pas le malheur d'en être victime. Malheureusement beaucoup de monstres en échappent et même ceux qui se font appréhender le sont aux prix de nombreuses proies qu’ils auront violentées, même tuées, trop souvent, pour finalement, satisfaire les idéaux d’une minorité qui refuse d'évoluer dans la pratique de leur fonction de sécurité et surveillance.
  • Je comprends, parfaitement à quoi tu fais allusion, mon garçon, car là d'où je viens, j'en ai vu défilé des cas qui ne tournent pas rond, affirma l'oiseau. D'abominables et immondes criminels, surtout sexuels envers qui les humains dressent un autel, au détriment des victimes qui demeurent dans une souffrance éternelle, à des finalités stratégiques universelles d'en arrêter d'autres en liberté subtile ou conditionnelle, lors-qu'ils n'ont pas été appréhendés ou lorsqu'ils risquent la récidive sous leur surveillance artificielle. Ce n'est pas très sain comme pratique, la solidarité citoyenne qui porte sur l'assistance de toute personne en danger serait moins critique et plus pragmatique. Mais faut-il encore que l'homme daigne à se côtoyer et s'aimer, plutôt qu'à se diviser et se détester. Cependant, on dit que les gens qui ont reçu chaos du monde et du temps, comme présent de ses congénères et ses enfants, que ce sont des bons réceptionner de frisbee dans leur talent, même parmi ceux qui leur causent des dommages et des accidents. Sauf que les bons réceptionner sont aussi de parfaits lanceurs à l'envoyeur, s'il leur reste suffisamment de vitalité sans rancœur. Il existe aussi des défenseurs dans ces petits jeux de frisbee de l'horreur. Ceux qui sèment le malheur seront toujours terrassés par leur propre terreur.
  • Exact ! C'est ce dont je faisais allusion. Il y aura toujours une justice pour ceux qui subissent à tort des abus et des supplices, tant que leur force individuelle ou collective investigatrice, leur estime et amour d'eux-mêmes avec une âme actrice demeurent leur énergie motrice. Mais, par la même occasion, que faisais-tu mon bel aigle blanc, avant d’exercer tes talents d’artistes ambulants ? »


Socrate, se sentant propulsé chez les grands, prit un air de vaillant, pour l’informer immédiatement, du métier qu’il avait auparavant. Avec une pointe de compliment et de remerciement, pour le statut de bel aigle blanc, il reprit en rimant :

  • « Merci tendre et honorable enfant, ce que tu exploites à l’instant, c’est également du talent, formulé brillamment et prononcé intelligemment. J’étais le gardien d’une belle porte en or fin qui menait vers un destin, réservé à des êtres purs et sains, de la tête aux pieds sans oublier les mains. Comme toi sacré gamin ! Glorifia-t-il, d’un ton puritain.
  • Une belle porte en or ! Où se trouve-t-elle ? Inspecta mon p’tit loup, les prunelles illuminées d’ambition de la géolocaliser.
  • Je crains de devoir te décevoir, par mon refus de te dévoiler le grimoire de mon histoire, mais ne perds pas espoir, annonça tristement Socrate. C’est un secret qui m’est impossible à révéler, mais on n’sait jamais, tu l’apprendras peut-être au détour d’un sentier, par l’intermédiaire d’une fée habilitée, pour ce genre de faits.
  • Pas de soucis mon bel ami, même dans la déception, il y a du bon, des bonnes sensations et de belles émotions, comme celles de s’être délivré d’un fardeau trop lourd pour ses petites épaules, déclara Sami, d’un ton sagace et d’un air convaincu. Que s’est-il passé entre temps ?
  • Aaah ! Soupira l’aigle, en remuant sa face de désolation. Aujourd’hui, comparable à Justin, ma tête est mise à prix, dans une sanglante guerre qui remonte à naguère et je suis poursuivi avec haine, par un animal sacré de l’Égypte Ancienne, Homère, cet horrible scorpion à doubles queues et pattes à mâchoire, lequel afflige des misères, avec ces deux et longs aiguillons au bout de ces vésicules à venin mortel, même à ceux qui ne le méritent guère. Mais vois-tu mon garçon, malgré tous ses dons et son incroyable vitesse, ça m’étonnerait qu’il puisse me rattraper ! Il lui faudrait plus d’une dextérité pour me piéger, affirma-t-il, en affichant sa fierté. Il coure tel un putois vers sa proie, et moi, je le survole juste au-dessus de ses exploits et le nargue sans effroi, grâce à la vélocité de mes battements d’ailes, tendues, majestueuses et semblables à l’envergure d’une oie en dentelle qui s’envole pour fuir un prédateur redouté, par ses demoiselles et ces Messieurs en duvet, une vitesse à en mourir de froid et acquise lors de mes multiples exploits.
  • Alors, j’espère que tes ailes sauveront Justin le jour où Homère s’attaquerait à lui, au détour d’un chemin, formula mon bambin, les pu-pilles obscurcies de frayeurs.
  • À ta place, je ne m’inquiéterais pas pour Justin. Il est tellement malin que sans ailes, il aura plus d’une ficelle dans sa cervelle, pour esquiver les attaques opiniâtres, de ces deux énormes aiguillons noirâtres, rassura Socrate. Et puis, je ne suis pas venu pour Justin. C’est pour toi gamin que j’ai confronté mes ailes à ce ciel, devenu pour moi un territoire inhabituel et sensationnel, mais dans lequel, des risques potentiels de duels peuvent provoquer la fin de ma vie éternelle et artificielle, énuméra-t-il, d’un ton théâtral. Il semblerait que tu rêves de verdures, à cause d’une existence monotone et dure, observa-t-il, d’une voix plus sérieuse et attentionnée. Exaucer ton désir de jardin ne fait pas partie de mes fins. Aussi mérité que puisse s’avérer ton besoin, mes possibilités ne vont pas aussi loin, reconnut l’oiseau, en passant du divan à la chaise de bureau. »


Sami était toujours accosté au sofa et le contemplait dans ses prestations physiques. Socrate scruta brièvement les dossiers d’horticulture de son ami. Ensuite, les projecteurs visuels braqués vers les mirettes luisantes de fascination de ce dernier, il annonça d’une intonation à nouveau grandiloquente :

  • « Par contre, je te propose des compensations qui te plairont et qui apporteront à ta chambre resplendissante de lumière, le vert que tu espères, depuis naguère. Dès demain, pour combler ton chagrin et ta mélancolie secrète, tu trouveras dans un recoin de ta fenêtre, lorsque le soleil se décidera à naître, une petite enveloppe champêtre, dans laquelle tu sauras certainement reconnaître, les graines et les boutures destinées à paraître dans leur toilette, grâce à tes sublimes doigts de maître. Toutes ces plantes sont portées disparues, par tous les botanistes connus. Tu détiendras pour alors, l’un des plus précieux trésors, de ce monde multicolore et même au-delà des galaxies que tu ignores encore. Qu’en penses-tu splendide oisillon ?
  • C’est merveilleux ! S’extasia mon bambin. Je ne pourrais pas espérer mieux !
  • C’est merveilleux ! Je ne pourrais pas espérer mieux ! Reprit le pygargue, en imitant l’intonation de Sami, empreinte d’une pointe d’ironie. Ainsi, tu demanderas à ta ma mère, des pots et de la terre, pour tes petites mains d’experts, conseilla-t-il, avec bienveillance. Mets-y de l’importance à ta semence et en peu de temps, tu observeras tes plants, poussés d’un rythme fascinant. Il paraît également que tu désires à tes moments sages, des rencontres avec des animaux domestiques et des bêtes sauvages.
  • Oui, tu es bien renseigné, attesta mon fils, d’une voix teintée de satisfaction et d’excitation.
  • Emh ! Un peu de calme mon jeune ami, remarqua Socrate, d’un ton aristocrate. Aménager des animaux d’une ferme et d’un zoo dans un espace aussi réduit et haut n’est pas de tout repos ! L’impossibilité de te satisfaire, découle, il est clair, des mêmes arguments, que ceux du jardin souhaité auparavant. Nulle Arche de Noé ne tiendrait dans un espace aussi limité, annonça-t-il d’une intonation analogue, avant d’adopter un rythme plus naturel et empreint de passion. Mais trouver une substitution à la hauteur de tes ambitions reste à ma disposition. Donc, je t’offre une solution ! Si tu le désires à compter de maintenant, tu recevras selon tes envies du moment, la visite de toutes les petites bêtes assez discrètes, notamment des insectes, futés et honnêtes. Ces petites bestioles t’adresseront la parole, dans la langue à laquelle tu t’y colles, mais avec un accent plutôt drôle. Elles te feront des leçons, que peu d’humains t’avoueront, de les connaître sans discussion qui tourne à la dérision, à partir de leur expérience du monde que nous connaissons et de l’espérance qu’elles en retiendron… on... on… ! »


Socrate était véritablement agité. Il discutait en se déplaçant à l’aveuglette et pas à pas le long du dossier de la chaise, à un rythme périlleux et à un nombre incessant d’aller et de retour. À l’instant où il formula sa dernière syllabe, il chuta dans le vide, sur le son de celle-ci et à la limite d’un atterrissage brutal sur le sol. Mais d’un battement d’ailes, il se rattrapa de justesse. Puis, il se posa sur le bureau et soupira aisément, avant de faire une pirouette sur lui-même.

  • « Aaaaah ! Je l’ai manquée de belle cette chute mortelle, fit-il, en continuant ses périls gestuels. Tu as vu ça de tes prunelles ? Évite par contre d’agir comme tel, car moi, mon cher ami fidèle, même si je tombais de la Tour Eiffel, je m'en relèverai sans assistance artificielle, je suis de toute façon immortel. »


À la fin de son petit numéro d’acrobatie, Sami qui le fixait toujours d’un regard admiratif le félicita et lui adressa ses salutations.

  • « Merci, mon cher ami, d’atterrir dans ma chambre, avec tes dons de génies, mais l’obscurité pointe son nez, la nuit ne tardera pas à s’imposer. Si je ne vais pas me coucher à l’heure, à mon réveil, je serai de mauvaises humeurs et si je reste dans mon lit, ma mère se fera du souci, de me voir toujours endormi.
  • Je te comprends bel enfant, assura l’aigle, en adoptant un ton similaire et une attitude semblable qu’à son arrivée. Je te livre volontiers entre les bras de Morphée qui saura te bercer et je suis enchanté de t’avoir rencontré. Mais il faut accepter que je doive m’en aller, avant la nuit tombée. »


Fier comme un roi, mon chérubin imita le beau Socrate qui se tenait aussi droit qu’une planche de bois, dans ses gestes et son émoi, ainsi que dans sa sobre voix, aussi soyeuse qu’un écrin de soie.

  • « Tout l’honneur était pour moi, mon bel aigle blanc toujours de bonne foi et aussi noble qu’un souverain digne de confiance et humain. Bonne nuit oiseau de l’amour et bon retour, ajouta-t-il, en reprenant sa véritable tonalité.
  • Bonne nuit Sami, mon bel ange qui sourit, même lorsqu’il est en-dormi dans son lit, convint Socrate, d’un ton majestueux, je prierai à notre belle Morphée, homme ou femme selon chaque volonté, de t’offrir un tendre baiser, celui qu’elle accorde à tout bébé qui aura mérité de se faire dorloter, par la jolie poupée qu’elle représente à jamais, bien au-delà des contes de fées.
  • Bisous mon pygardi !
  • Hum !!! Mon pygardi ! Je suis ton pygardi ! J’ai donc gagné ton cœur d’ami, observa l’oiseau, les pupilles dilatées de joie. »


Sur ses rimes enchantées, Socrate s’en alla d’une seule envolée, à travers la fenêtre ouverte, dans la foulée, par Sami qui amorçait les présages d’une bonne nuitée. À peine couché, ce dernier s’assoupit d’un seul trait, certes fatigué, mais surtout satisfait de sa journée. Le lendemain de cette aventure magnifique, il se préserva de me parler de cette rencontre fantastique, pour son avenir serein et ludique. Il jugea qu’avec ses multiples comptes rendus des apparitions de Justin, j’étais largement saturée de mondes enchantés et inhumains. Dès qu’il se rendit à sa fenêtre, il y trouva, effectivement, enroulées dans un ruban champêtre, la totalité des boutures de plantes et les graines promises par cette majestueuse et honnête bête. Au petit déjeuner, il me sollicita pour l’achat de son matériel de jardinage et de la terre compostée.

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