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A Vos Rêves

L'ANIMAL EST L'AMI DE L'HOMME

4 Février 2016, 10:50am

Publié par ChrisSAVIGNAN

L'ANIMAL EST L'AMI DE L'HOMME

Les animaux sont nos amis, certes que oui, mais cela n’exclut en rien les protocoles d’approche, dont la prudence avec les bêtes sauvages et domestiques. Dans la chaîne alimentaire de certains animaux sauvages, nous y sommes. Chris Savignan Auteure

Ce principe est rappelé dans mes œuvres dont voici un extrait du tome 1 de La Voie De L’ultime Espoir : Étrange Découverte. De Savignan Chris Auteure. Copyright.

Contexte historique XXXIIIe siècle

Chap. XXIX

Manou La Mystérieuse.

Une fois à bord, nous voguâmes vers le grand large, le cap en direction du paquebot de croisière. Le chalutier Palace était un de ces bateaux mythes qui fleurent bon le teck. Entièrement rénové, un doux parfum boisé exotique s’était substitué à son odeur saumurée qui était un signe distinctif des années de pêches vigoureuses. Ses flancs épais à vertèbres de tamarin étaient recouverts d’une peinture bleue outre-mer et offraient une robustesse sécurisante à l’ensemble du vaisseau. Avec une vitesse de 10 nœuds, il avançait avec diligence et affrontait, majestueusement, les lames de fond, en s’élevant gracieusement, telle une mouette qui s’élève vers les cieux, avant de rebondir, lestement, sur les flots moutonneux de la grande bleue. Au milieu du pont se dressaient deux roufs à claire voie rectangulaire qui abritaient la salle des commandes pour l’un et une cabine de couchage pour l’autre. Au-dessus des roufs se dressait un mât qui supportait quatre magnifiques drapeaux, flottant à l’unisson, celui de l’Europe, de la France, de la Réunion et de la Bretagne. Dans l’antre de la timonerie, je discutais avec le capitaine PALACE, pour fuir mes pensées destructrices, liées à ma séparation, à l’heure où Katel, non pas Sami, se promenait sur le pont faiblement éclairé. Cet homme d’une soixantaine d’années et d’une forte corpulence centrée sur le ventre portait des rides, d’une existence rude et marquée par des souvenirs de guerre sanglante. Derrière son apparence rustre se cachait un être sensible et expressif, dont les manies, les iris bleu cendré, la barbe et la moustache blanche de sagesse trahissaient. Sous son caban bleu nuit, il était vêtu d’un chandail uni marron et d’un pantalon de marin noir. Sa casquette d’officier de Marine dissimulait, en partie, sa chevelure grisonnante et soyeuse qui retombait sur sa nuque, brûlée par le soleil.

- « Dites-moi, mon Capitaine, pourriez-vous m’estimer le temps que mettra le GLOBE TROTTEUR pour arriver à Brest ? Me renseignai-je, d’un ton convivial.

- À l’allure d’un paquebot de croisière qui prend le temps de vivre, en fonction de son programme de destinations, annonça-t-il, avec nonchalance.

- Pourriez-vous être un peu plus précis ? Voulus-je, d’une intonation affable.

- Pour être un peu plus précis, il faut compter aux minimums trois mois, chiffra-t-il, d’une voix caverneuse.

- Trois mois ! M’exclamai-je, d’un air sidéré, tout en doutant de son estimation. Mais qu’allons-nous pouvoir bien faire durant trois mois ?

- Voyez-vous donc, ce n’est rien du tout, trois mois, ma p’tite dame, rien, comparer aux temps qu’ont mis les ingénieurs de l’espace, pour achever leur dernière station orbitale climatologique qui sauvera la planète. Si j’ai bien compris, c’est votre vie et celle de votre fils qui sont en jeu aujourd’hui, alors, s’il vous plaît, sauvegardez-la, en profitant du confort du voyage. Savourez l’intégralité de ce qui se présente, dans votre vie et sur votre chemin, dites-vous que ce sont des vacances, conseilla-t-il, d’un ton dynamique. Vous êtes jeune, vous êtes jolie, profitez de ces atouts, pour vous distraire ! Cela vous aidera à tourner une page sur le passé.

- Vous avez certainement raison, Monsieur le Capitaine, je vais utiliser mes atouts existentiels et physiques, et cesser d’appréhender l’avenir. »

Les paroles de ce vieil homme me rappelèrent ceux de Manou. C’était à croire que, malgré la distance, elle agissait toujours, sur tout ce qui m’entourait, pour guider mes pensées et orienter mes choix. De la position où se trouvait Katel, le clair de lune nous permettait d’observer tous ses gestes, à travers l’immense claire-voie de direction. Il faisait doux et il s’attardait sur le pont, pour observer la mer, une couette sur ses épaules. Soudain, il la jeta à tribord et remua des babines, en levant son bras droit vers le ciel. Puis, il se mit à gigoter dans tous les sens, comme si qu’il s’amusait avec quelqu’un. Le capitaine s’en aperçut. Sa majestueuse moustache et son imposante barbe s’étirèrent de part et d’autre de ses oreilles prédominantes, cachant ainsi le large sourire qui errait sur ses lèvres.

- « Ce sont des idées qui se recoupent, un comédien peut avoir une âme de poète et un poète un esprit d’acteur, précisa René PALACE. C’est ce que l’on appelle avoir la fibre d’artiste. Après, chacun adhère à l’école qui correspond le plus à sa personnalité.

- Là, vous montez intégralement dans mon estime, Monsieur le Capitaine. Aussi, je vous avoue que cela vaut une place dans mon cœur, observai-je, le regard rutilant de satisfaction.

- Bien ! À présent, je vais pouvoir m’octroyer une petite sieste méritée d’un quart d’heure, dévia-t-il, d’un air embarrassé. La mer est calme, le radar de contrôle n’indique aucun obstacle, vers une surface de dix kilomètres de circonférence, donc, le bateau s’en sortira en pilotage automatique.

- Alors, bonne sieste, Monsieur le Capitaine !

- Merci, ma p’tite dame, je vous laisse, vous êtes la seule maîtresse à bord, pendant mon assoupissement, prôna fièrement le capitaine PALACE, en s’éloignant. Moussaillon ! Ouvrez l’œil et surtout, avertissez-moi de tout imprévu !

- Ordonna-t-il, d’un ton théâtral.

- À vos ordres mon capitaine, mimai-je, tel un vrai matelot. »

Il alla se reposer et moi, je rejoignis mon bambin sur le pont. Une immonde puanteur infecte me rappela celle de Justin, dans mon duplex. Avant de répudier toute justification de mon p’tit loup, cette odeur éveilla également mon souvenir des conseils de Manou, sur la confiance à accorder aux propos de mon fils.

- « Que fais-tu seul sur ce pont mon cœur ? Demandai-je, en pressentant sa réponse.

- J’expliquais à Justin les mystères de nos constellations et à cet instant précis, je lui situais l’emplacement de “la Grande Ourseˮ et de “la Petite Ourseˮ, indiqua-t-il, l’attention braquée vers le ciel.

- Justin ! J’étais certaine qu’il s’agissait de lui, si je l’avais parié, je l’aurais gagné, avouai-je, d’un ton jovial. Et il ne veut toujours pas se montrer !

- Ce n’est plus qu’une question de temps et de prudence, qu’il me charge de te dire, annonça-t-il, d’une gaieté communicative, sur les rives de sa bou-che.

- Il te charge ! Comment ça, il te charge ! Tombai-je de la lune. Serait-il encore ici ?

- Oui, mam, il se tient juste à côté de toi, à ta droite, précisa Katel, d’un air et d’un ton malicieux. »

Je lançai un regard sur ma droite, mais je ne perçus rien. Je continuai mon inspection, en faisant un tour sur moi-même.

- « Où est-il ? Je ne ressens la présence de personnes ! Remarquai-je, dans l’élan de ma pirouette.

- Il t’est impossible de le percevoir ni de le voir sans son accord, rappela mon chérubin, d’une voix enjouée. Et je ne crois pas que ce soit l’endroit et le moment où il se manifestera.

- Eh bien tant pis ! Lorsqu’il sera décidé, il me fera signe, je compte sur lui, conclus-je, sans grande conviction, d’une quelconque présence. »

Soudain, une trombe d’eau s’abattit sur nos têtes.

- « Oh ! M’écriai-je, d’un air surpris et en me rapprochant du bord du chalutier. »

Une baleine à bosse avait surgi à la surface de l’océan, à notre insu, et par un magistral mouvement de sa nageoire caudale, avait soulevé des mètres cubes d’eau, lesquels inondèrent le bâbord du chalutier où nous nous tenions. Puis, elle accosta celui-ci et nous fixa de ses pupilles rondes et mystérieuses.

Trempée de la tête aux pieds et frigorifiée par la fraîche température de l’eau, j’essuyai mes yeux, afin d’observer ce mammifère.

- « Oh la vilaine ! Maugréai-je, d’un ton surpris et les prunelles ouvertes de stupéfaction.

- Elle n’est pas vilaine, mam, elle nous salut à sa façon, rectifia aussitôt mon fiston, sa vigilance pointée sur le mammifère. C’est notre belle amie, Écume de l’Espérance, me dit Justin, elle est venue nous présenter ses révérences.

- Écume de l’Espérance ! Dis-moi, mon cœur, de quoi ou de qui parles-tu ? Questionnai-je, la conscience déconcentrée, par l’incommodité de mes vêtements mouillés.

- De la baleine, mam, c’est son magnifique prénom, informa-t-il, c’est elle qui a permis à Ti’zan, de se rendre en Bretagne.

- Bien ! Je vais m’asseoir à côté de toi et tu vas m’éclaircir toute cette histoire. »

Mon chérubin me fit une petite place près de lui et me conta les aventures de Ti’zan, Grandiab* et la jubarte. Je fus émerveillée par son récit, mais également par ses talents de conteur. Écume de l’Espérance poussait de petits grognements, d’un son à multiple variation, comme pour confirmer les propos de celui-ci.

- « C’est un conte extraordinaire et fabuleux ! M’émerveillai-je, le visage empreint d’éblouissement. Il me tarde vraiment de rencontrer celui qui te l’a raconté, observai-je, en me levant. Et c’est vraiment regrettant pour la nature que les animaux sauvages aient ce comportement aussi familiarisé. Ils se mettent en danger, de trop faire confiance à l’homme.

- Elle le sait, mam, elle a appris à reconnaître les Barbares, depuis l’histoire des massacres de leur banc et de la cruauté, contre tous les autres animaux. Et le comble de l’être humain, à l’exception d’une minorité, a été et sera regrettablement, de toujours braver les interdits et de défier tout protocole et chartre d’approche et de sécurité, de tout animal sauvage. L’argent, la faim et la méchanceté gratuite justifient les moyens, depuis des siècles. Je crains même que les luttes acharnées contre ces comportements criminels ne puissent toujours avoir de bonnes raisons d’exister et d’agir, surtout à notre époque, vu que l’on a laissé l’évolution du genre humain se détériorer davantage et les corrompus avoir gain de cause. Mais les péripéties de Ti’zan sont des histoires qui se sont réellement déroulées, tu sais. D’ailleurs deux des acteurs principaux sont là, insista-t-il, en fixant Justin qui lui faisait non, par un mouvement de la tête. Malheureusement, je crains que celui-ci ne soit toujours pas près, pour se dévoiler à quelqu’un d’autre que moi.

- Qu’à cela ne tienne ! Fidèle à ce que je t’ai dit, tout à l’heure, je prendrais mon mal en patience ! Justin décidera de lui-même, lorsqu’il souhaitera tranquillement pointer son bout de nez ! Amuse-toi bien mon chaton, mais ne tarde pas à te couvrir et pense à t’assoupir, avant le lever du soleil ! Néanmoins, sache que la douceur comme la violence n’a pas eu gain de cause, dans la lutte contre la violence, envers les animaux, pas plus que dans celle envers les humains. Cependant, l’abandon n’en a jamais eu non plus, et cela, il faut le perpétuer et résister, coûte que coûte, à toute épreuve décourageante, jusqu’à la victoire de l’amour de notre biodiversité, dans notre écosystème. Les petits triomphes dispersés, durant les deux siècles derniers, sont nos étincelles d’espoir.

- Oui, mam ! Consentit-il, d’un ton empreint de sagesse. »

Sur ces mots, je gagnai la cabine pour me changer et me reposer. À peine eus-je le dos tourné que Socrate débarqua du fin fond de l’obscurité.

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