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A Vos Rêves

AVANT PROPOS/LIVRE 1/ LA VOIE DE L'ULTIME ESPOIR

15 Mars 2016, 11:00am

Publié par ChrisSAVIGNAN

AVANT PROPOS/LIVRE 1/ LA VOIE DE L'ULTIME ESPOIR

AVANT-PROPOS

 

La tumeur climatique.

 

Finistère, janvier 2247.

 

Un jour, après avoir surmonté le choc de mes plus gigantesques péripéties et découvertes, j’ai fait le rêve éveillé d’un roman qui sous son format livre s’ouvrirait comme l’on ouvre une boîte à musique, dans laquelle se trouve le jardin des préventions humanistes et universelles, à des fins de sauvegarde de l’espèce humaine, de ses valeurs, son éthique et de notre écosystème. Ce matin de janvier 2247, ce rêve prend forme au bout de ma plume et mon encrier...

 

 

Les premières craintes.

 

Dès les années 1850, certains scientifiques avaient pris conscience de l’importance vitale des relevés climatiques. De réelles menaces de grandes catastrophes naturelles, provoquées par un dysfonctionnement de l’effet de serre étaient annoncées à travers le monde, après le XIXe siècle. En conséquence, la destinée de la Terre devenait, sur 350 ans de cette période à aujourd’hui, le centre d’intérêt des hommes. Les colloques nationaux et mondiaux se succédaient d’une année à l’autre et se concluaient toujours par des mises en garde, à toutes les nations, des dangers probables pour l’équilibre de notre écosystème, dans les années futures. 255 ans se sont écoulés entre l’appel de la conférence de Rio, à la responsabilité internationale pour sauvegarder la planète, dans cette journée du 23 janvier 2247. En ce jour, je fête également mes 31 ans. Au même moment, en Inde, une réunion de l’ASP (Assemblée universelle écologiste pour la Sauvegarde de la Planète) se déroule. L’ASP y a rassemblé tous les hommes d’État de tous les pays, les membres de la CCNUCC (Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements climatiques), le GIUEC* (Groupe International et universel d’Experts sur l’évolution du Climat) de la SDLP* (projets et stations orbitales de Sauvegarde de la Planète) les plus grands scientifiques de l’OMS (l’Organisation Mondiale de la Santé) et de l’OMM (Organisation Météorologique Mondiale). Le thème principal tourne autour de la situation climatique mondiale actuelle et des causes scientifiques qui l’ont créée, depuis les cataclysmes les plus meurtriers que l’on ait connus sur deux siècles, en 2220. Actuellement, celle-ci est toujours consternante, mais les conséquences sur la Terre et les êtres vivants s’annoncent sous un angle bien plus positif qu’il y a 250 ans.

 

Durant les années 1980, l’évolution du monde avait constitué un sujet intensément débattu, à travers les programmes télévisés et dans la presse, car durant des millions d’années, le climat, après la seconde ère primitive, avait enchaîné des périodes froides et chaudes, sans porter d’énormes préjudices à la planète, du moins, sans remettre entièrement en cause son existence, grâce à un effet de serre plutôt peu virulent et agressif. L’effet de serre est l’emprisonnement dans l’atmosphère de la chaleur du soleil et de celle que la Terre renvoie vers l’espace. Sans elle, la température de la planète serait de – 18 °C, selon des estimations théoriques. La chaleur captée est conservée dans un espace délimité, d’où le comparatif à une serre.

 

Entre deux cataclysmes imprévisibles, issus de phénomènes qui régissent le cycle des phases paléoclimatiques, la nature avait régulé harmonieusement ses rejets de gaz qui, dans l’atmosphère, avaient parfaitement assuré l’équilibre des taux existants, après la période glaciaire. Mais l’arrivée de l’ère industrielle et du développement d’une politique de production excessive provoquait une hausse fulgurante des gaz à effet de serre, laquelle se traduisait par un réchauffement inquiétant de la planète. La productivité de masse des usines, les activités humaines, telles que la combustion en excès de fossiles, la consommation des dérivés pétroliers, pour le chauffage et les véhicules, ainsi que la surpopulation qui avait entraîné, pour des raisons alimentaires, une intensification de l’agriculture et de l’élevage, étaient les principaux facteurs du déséquilibre de notre biosphère. À la pollution de l’air s’ajoutait celle de l’eau, pour laquelle l’origine se situait également sur le plan des activités agricoles, industrielles et domestiques, mais aussi par des naufrages successifs de certains pétroliers et des dégazages sauvages de quelques cargos de quelques compagnies de commerces, provoquant de sinistres et funèbres marées noires. Avec la croissance de la population, dès le début du XXe siècle, la demande en eau potable s’était accrue de façon fulgurante. Le premier forum de l’eau, tenu à Marrakech au Maroc, mit en évidence ce constat alarmant. À l’époque, les premières grandes prévisions des effets d’une croissance des températures présentaient une succession de cataclysmes, tous pratiquement conséquents les uns des autres et pour certains à l’origine du premier. Des années 1990, jusqu’à l’aube du XXIe siècle, les grands risques majeurs, estimés sur cent ans et débouchant sur des conséquences diverses eurent été une élévation de la température sur la Terre et une augmentation du niveau des mers et des océans. Le troisième rapport du groupe des experts intergouvernementaux sur l’évolution du climat estima, en 2001, l’évolution de la chaleur moyen-ne de la planète comprise dans une fourchette de 1,5 °C à 5,8 °C et l’augmentation du niveau moyen marin de 9 cm à 88 cm par rapport à 1990, sur un siècle. En 2007, le rapport de conférence des scientifiques à Paris confirma le réchauffement de la planète et alarma aux dirigeants de tous les États, dans tous les pays, des risques encourus par l’humanité. Le monde entier craignait la série de catastrophes scientifiquement prévues et se mobilisait pour agir en dépit de la réticence de quelques-uns. Les Grenelles de l’environnement s’enchaînèrent, avec des projets, des décisions, des solutions et des actions de bon augure, pour l’avenir de la planète et de son écosystème. Des Sommets, en complément au protocole de Kyôto, notamment celui de Durban se renouvelèrent également, afin d’apporter une mince avancée à ce combat pour la vie. Et bien d’autres mesures virent le jour, au fil du temps.

 

La croissance des océans, laquelle était une certitude, par la fonte des glaciers polaires et par la dilatation des eaux des mers les plus chaudes, provoquerait la disparition de certaines îles et quelques atolls, ainsi que toutes les zones côtières des continents. Le bouleversement climatique se traduirait non seulement, par des fréquences violentes et accrues des inondations, des ouragans, des tempêtes et des cyclones tropicaux, dans les coins où sévissaient déjà ces phénomènes, mais aussi, par une intensification de la perturbation des pluies déjà très rares, dans les régions victimes de pénurie d’eau. Par conséquent, des prévisions telles que « des sécheresses plus récurrentes au nord de la zone subtropicale et un renforcement de la désertification, dans les zones arides ou semi-arides, seraient attendues » étaient diffusées par tous les médias scientifiques. Pendant ce temps, l’Europe et tous les pays nordiques sombreraient dans un froid glacial, par la déviation du Gulf Stream, le courant chaud de l’Atlantique. Celle-ci résulterait de la réduction de la densité de l’Océan Atlantique nord, par le mélange de l’eau douce de la fonte des glaces du pôle Nord, à l’eau salée des mers du Nord. Cette chute de densité empêcherait la montée, en provenance du Sud, du courant chaud océanique du Gulf Stream qui réchauffe les vents d’ouest arrivant sur l’Europe. D’au-tres conséquences, surtout des pénuries aggravées d’eau douce et consommable sur l’ensemble de la planète, une modification massive et définitive des écosystèmes, l’augmentation des répercussions préjudiciables, sur la santé mondiale, ainsi qu’une recrudescence des maladies infectieuses qui, pour alors, avaient été éradiquées du Nord, comme la dengue, le paludisme ou la fièvre jaune, le choléra, Ebola, par des voies naturelles et des incidents humains, se produiraient également. On avait déduit aussi parmi les conséquences néfastes du réchauffement de la planète, la destruction de la couche d’ozone, un déclin du taux de récolte, dans les secteurs de l’agriculture, de la foresterie et des pêches et une forte recrudescence d’incendie et de feux de forêts mondiales, ainsi qu’une déforestation massive autorisée et clandestine. Sur le plan humain, des explosions de stress négatif, de respirations d’airs malsains et d’ingestions de produits contaminés et nocifs, engendreraient un accroissement fulgurant et dangereux de troubles psychiatriques et psychologiques, dans tous les secteurs d’activité, ainsi qu’à tous les niveaux socioéconomiques. Toutes ses conséquences réunies causeraient un retour des maladies et virus préhistoriques. Ces aggravations proliféreraient, également, de sensibles mutations génétiques de la majorité des êtres vivants existants, ainsi que des apparitions de nouvelles espèces.

 

La pollution au banc des accusés.

 

Au-delà des conséquences de quelques phénomènes cosmiques, de l’absence de certaines techniques de géo-ingénierie impliquant la gestion du rayonnement solaire (SRM) et en dehors des éruptions solaires qui contribuèrent également au réchauffement de la planète et de sa surface, la cause incriminée dans les probabilités d’experts avait été incontestablement la croissance des gaz à effet de serre siglés : GES, par l’activité intensive humaine. Ces derniers sont essentiellement composés de vapeur d’eau, de dioxyde de carbone, de méthane, de chlorofluorocarbure, d’ozone et de protoxyde d’azote dans des proportions assurant le bon équilibre de l’effet de serre et de certains autres gaz mineurs à l’infinité décimale. L’effet de serre et l’ozone sont indispensables à la planète. Le premier permet de conserver la température idéale à la survie de tout organisme vivant et constitue un phénomène naturel, combinant un équilibre atmosphérique des gaz qui le composent, tel que le dioxyde de carbone, le chlorofluorocarbure et le méthane, les principaux responsables d’une augmentation des températures de la Terre. Ces derniers sont produits, excessivement, par les activités humaines, mais également par les zones marécageuses, les animaux d’élevage et certains arbres des forêts tropicales qui rejettent du méthane, et enfin par le rejet excessif de CO2 des Océans chauds. Le second, l’ozone, nous protège des rayons ultraviolets, en la filtrant dans la stratosphère (la haute atmosphère). Et l’un des dysfonctionnements de l’effet de serre se traduit par une augmentation de l’ozone, dans la troposphère (la basse atmosphère) et une diminution de la couche d’ozone indispensable à la protection des rayons nocifs du soleil, dans la haute atmosphère. Cette conjoncture pourrait amener à penser que les émissions d’ozone qui proviennent des interactions des gaz produits, par les activités humaines, sous l’effet de l’ensoleillement comblent le déficit d’ozone de la stratosphère ou, dans un terme plus familier, rebouchent le trou de la couche d’ozone. Mais en vérité, cette pollution s’accumule dans la troposphère, à cause de la frontière qui maintient une séparation absolue, entre la stratosphère et la troposphère, c’est-à-dire entre la haute et la basse atmosphère. Elle constitue non seulement un véritable danger pour la santé, mais également une excellente condition, pour la croissance de l’effet de serre. D’où la menace de toutes modifications volontaires ou involontaires du taux de compositions en gaz de l’atmosphère, sur l’équilibre climatique viable et sain de siècle en siècle, laquelle se traduirait par des cataclysmes massivement destructeurs.

 

Malgré l’éveil de la lucidité collective et de la recherche approfondie, de la scien-ce, la conjoncture catastrophique pouvant décimer de façons fulgurantes la planète entière n’effleura aucune pensée. Pourtant, elle existait à travers ces deux gaz les plus incriminés, dans une augmentation de l’effet de serre, le dioxyde de carbone et le méthane. Sans origines apparentes ou découvertes par les campagnes de recherche de la cause de cette émanation, ces gaz s’étaient diffusés démesurément dans l’atmosphère. Le taux de CO2 avait été si élevé que la saturation de l’atmosphère et des mers était annoncée par les climatologues, dans un avenir proche. Cependant, les hommes n’en avaient pas été totalement indifférents pour autant. Ils s’étaient réveillés progressivement aux dangers d’un bouleversement climatique, grâce aux multiples incidents successifs et marquants de l’histoire de l’humanité, avant le déferlement de l’impensable chaos naturel, par des mouvements et des campagnes à titre associatifs, contre la pollution.

Le combat national.

 

Les États avaient réagi rapidement, afin d’établir des plans censés repousser l’échéance de ces prévisions catastrophiques et mortelles. Ils avaient organisé des conférences, dont le protocole de Kyôto de 1997 qui avait prévu une baisse des gaz à effet de serre, pour les pays développés. Ce dernier, trop controversé, ne fut ratifié que sept ans plus tard et qu’en grande partie au départ par les pays membres de l’Union européenne. L’UE se composait de 25 pays, en 2004, puis de 27 peu de temps après. Il rentra en vigueur, en 2005, grâce à la ratification du 55e pays. Chaque État de 35 pays industrialisés et de la Communauté européenne s’était engagé à réduire ses émissions de GES (gaz à effet de serre), à des teneurs inférieures aux niveaux produits en 2012, pour l’horizon 2020, ensuite, d’autres objectifs, toujours orientés vers la baisse, furent fixés, à d’autres intervalles, à la fin de chaque échéance. Lors d’une organisation mondiale tenue à Genève, en 1998, l’UNESCO (Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture) et l’ONU (Organisation des Nations Unies) avaient orienté leurs travaux, dans le sens d’une réflexion collective, au sujet de la gestion durable d’une richesse essentielle qui n’avait été ni illimitée ni équitablement répartie, l’eau potable. Cet élément indispensable à toute forme de vie amorçait une longue période de pénurie. La source intarissable tarissait. En mars 2000, la Commission mondiale de l’eau pour le XXIe siècle avait présenté son rapport, lors du forum mondial qui s’était tenu à La Haye. Celui-ci recommandait déjà l’investissement mondial annuel consacré à cette ressource, en vue de répondre au besoin de l’accroissement de la demande mondiale future. Au crépuscule de 2007, le secrétaire général de l’ONU engagea la communauté internationale à faire de l’assainissement, l’élément fondamental de la dignité humaine, une de ses priorités. Le premier sommet européen sur le sujet du réchauffement climatique s’est tenu à Paris en 1961. Cette année-là, il se conclut sur un nouveau quota de réduction des GES, pour une période différente. Les États membres adoptèrent une politique énergétique commune. Plusieurs sommets se succédèrent, se modifièrent au fil des ans, à travers les continents et offraient une évolution au protocole de Kyôto. Par la suite, d’autres pays s’alliaient à cette cause, en négociant leur quota de rejet, lors de leur ratification, à chaque nouveau protocole, mais certains d’entre eux campèrent sur leur position de refus, durant de très longues années, notamment les États-Unis et la Chine, d’autres chefs de régions changèrent rapidement leur engagement et quelques-uns abandonnèrent leur choix de départ, pour s’investir dans le combat écologique. L’Europe ne formant plus qu’un continent, de la France aux pays de l’Est, seul le quota global obtenu par la moyenne des quotas de chaque pays membre comptait dans l’engagement pris avec le protocole, dès 2160. Ce qui profita à la France qui, en 2162, afficha un pourcentage de diffusion de dioxyde de carbone et de méthane s’élevant à 39 %, lequel avait sensiblement continué à augmenter, sans raison justifiable. Elle était sur le point de dépasser le taux des pays non ratifiés et de ceux qui, malgré leur ratification, ne respectaient aucun décret, par ambition financière. L’objectif de repousser les échéances du déclin de notre planète, dans son cycle de vie, était sérieusement remis en cause.

 

Pourtant, l’État français comme d’autres pays développés, si ce n’est plus que tous les autres, avait déployé fermement, depuis les années 1990, la totalité des moyens qui avaient existé à l’époque, pour s’aligner avec ses confrères, durant une longue période, mais surtout dès 2068. Sans hésitation et même au prix de sacrifier les classes sociales moyennes et pauvres, les autorités avaient changé entièrement de cap, dans sa politique écologique et avaient intensifié leurs efforts, dans une politique de sensibilisation de plus en plus profonde, de tous les citoyens, sur la propreté de la planète et sur les gestes de la vie courante qui avaient permis de réduire les émissions des GES. Pourtant, la majorité des classes sociales étaient confrontées à d’énormes difficultés financières, à leur mal-être engendré par l’assistanat abusif, le déni de leur dignité d’homme et de femme, et leurs maladies physiques et psychiques provoquées par un déséquilibre alimentaire et la famine. D’une décennie à l’autre, les ministres et les députés avaient mis l’accent, sur l’utilisation des matrices d’énergie, produisant moins d’oxyde de carbone et de substances préservant nos exploitations, en eau potable. Le nucléaire qui servait d’énergie de base, durant des siècles, avait été réduit à une infime production et sécurisé à tout niveau, afin de faire face à une panne ou un hors service généralisé de notre écosystème producteur d’énergie, déjà actif, et d’éviter le stockage en masse des déchets radioactifs. Cette réduction avait été compensée par des énergies produites par les éoliennes, la géothermie, les océans, les lacs, les rivières et le soleil, dans un seuil de nuisance toléré par la population. Un arsenal de gaz naturel qui constituait une réserve de sécurité en cas de black-out énergétique de substitution nucléaire avait été construit sur différents sites sécurisés. Tous ces investissements permirent aussi le passage en douceur du règne du pétrole, sans pour autant y mettre fin, par des installations nationales des réseaux de transports électrifiés collectifs et individuels pour certains, avec des générateurs personnels à énergie solaire ou végétale pour d’autres. La majorité des déchets issue des activités humaines étaient recyclés ou transformés en énergie. La nation française avait accentué le mouvement existant, depuis la fin du XXe siècle, de la réduction des activités agricoles intensives et de l’élevage de masse, source de méthane et de protoxyde d’azote, au-delà des installations de méthanisations, pour la production d’énergie et de bien d’autres traitements. Le but était d’éviter une surproduction et une pandémie mondiale de l’obésité. Dans le secteur de l’agriculture, le bio s’élargit, de plus en plus, dans la quasi-totalité des domaines et activités, même dans la restauration rapide. Elle avait incité les villes à mettre en place de plus en plus d’espaces verts, pour apporter aux pays ses propres puits de carbone qui, sans en résoudre le problème, pouvaient retarder l’échéance du réchauffement de la planète, sur trois cents ans. Dès juillet 2004, elle se dota d’un plan climat ingénieux, dont les premières lignes eurent été travaillées et modifiées, par la Mission interministérielle sur l’Effet de Serre (MIES), au fil des années. Quarante ans plus tard, le seuil de la misère nationale et mondiale était sur le point d’atteindre le sommet de la honte. Mais l’écologie en plein essor et le nucléaire en voie d’activité extrêmement réduite conservaient leur priorité vitale planétaire, dans le but de sauvegarder le prix et le poids d’une technologie controversée qui pourrait s’avérer salvatrice, au cas où un problème inattendu et non anticipé des énergies durables, confrontées à de puissants cataclysmes et à une in-suffisance massive de production, surgirait. Par contre, tous les deux demeuraient très coûteux, générateurs d’emplois, d’énergie de masse et de sécurité garantie, et restaient la priorité générale et universelle.

 

En France, cette réduction s’opéra en fonction des dangers imminents et avec humanisme, du moins en apparence, sans omettre quelques incidents. En vérité, ce qui faisait le malheur des uns faisait le bonheur des autres, de siècle en siècle. Parallèlement, la solidarité populaire gouvernementale et celle du privé, nationale et internationale s’activaient, malheureusement plus ou moins, selon les périodes, afin de préserver la vie des extradémunis. Une catastrophe économique nationale et internationale avait amorcé ses prémices et s’installait progressivement et proportionnellement à l’indice des prix croissants des technologies durables et des énergies propres, dont les rapports qualités, coûts et prix n’avaient pas été pris en compte, dans le calcul de leur amortissement, suffisamment tôt, ni leur capacité de résistance, contre les intempéries aggravantes, d’une année à l’autre. Alors que certains mouvements exigeaient la baisse des matières premières et des coûts de production, dans ce domaine prioritaire et surtout vital, en prévision d’une potentielle hécatombe financière et humaine, mais principalement, pour permettre un véritable retour au plein-emploi, par l’écologie et la sortie d’un taux de chômage fulgurant et mortel.

 

Quelques années plus tard, les états négocièrent pour le mécanisme de flexibilité, dans l’application du protocole de Kyôto, lequel l’avait rendu plus souple et efficace, pour affronter les périodes de crise économique. Au cours des années 2060, la France avait massivement encouragé la production et le commerce autour du biocarburant, comme le pétrole artificiel, à base d’algues, les voitures hybridairs et de l’électricité, comme les véhicules hybrides des particuliers, dont la construction était devenue moins polluante et onéreuse, et ceux des transports publics et avait généralisé les infrastructures des transports, tels que les TGV et les tramways, pour éradiquer la croissance de la pollution de ce secteur d’activité. Elle avait privilégié la recherche, afin de trouver la meilleure solution en matière de récupération et de stockage de sa production de gaz nocif, de sa création de produits à usages domestiques et agricoles biodégradables et non pollueurs. La production et la consommation des matières premières bio, dont les produits étaient astucieusement triés, pour ses effets bénéfiques, s’étaient développées rapidement, à des coûts minimisés et accessibles à toutes les classes de la population. Au fil des années, la sécurité et la protection autour de tous ceux qui se rapportent au nucléaire et à la radioactivité furent la seconde prérogative mondiale, car des carences énergétiques s’installaient rapidement, dans les pays frontaliers et pour qui notre territoire était totalement devenu le principal fournisseur. La révolution du bio avait gagné tout le pays, dans tous les domaines. Au détriment de la recherche médicale génétique, contre les maladies mortelles et des alertes de plusieurs mouvements écologistes, elle avait rejeté tous protocoles de recherche, sur les cellules souches embryonnaires, et tous projets contre les OGM, à l’exception de certains secteurs de l’agriculture. Pour amplifier l’initiative française, une campagne internationale de recherches scientifiques avait permis de mettre au point une série de produits alimentaires et médicinaux de vétérinaire, lesquels eurent enrayé la production en méthane des animaux et des marécages, à une échelle mondiale et sans danger pour l’homme, après 20 ans de protocole d’essais cliniques. Ce qui avait profité également à l’agriculture internationale et à la production alimentaire du monde. En 2070, elle avait remplacé tous les bitumes des rues, par des composants absorbeurs des GES, ainsi que certains matériaux de construction, tels que les plaques de balustrades des balcons des bâtiments. Elle avait encouragé également chaque citoyen, à redécouvrir des structures traditionnelles de constructions écologiques, à base de terre crue, de bois, d’algues d’isolation des façades extérieures et bien d’autres matériaux écologiques, dans les régions adaptées à ces différentes matières, et avec des normes anticycloniques, anti-inondations et parasismiques, pour les autres.

 

En dépit de tous ses efforts identiques à ceux des autres pays de la CE, la Communauté Européenne, la France se détachait rapidement des normes européennes, fixées pour l’ensemble de celle-ci, sur la pollution de l’air. L’impact positif qu’avaient les actions identiques dans tous les autres pays souleva le doute et la suspicion, à travers l’ensemble des territoires. Dans la même période, les nombreuses enquêtes du MEDD (Ministère de l’Écologie et du Développement Durable), menées par le CITEPA (le Centre Interprofessionnel Technique d’Études de la Pollution Atmosphérique), auprès des principales activités susceptibles de produire et rejeter des gaz à effet de serre, en parallèle à ceux du Laboratoire central des Préfectures de police, ne permirent pas de déceler la cause de cette croissance. Chaque industrie était passée au peigne fin, or aucune d’entre elles n’avait été incriminée, « un peu comme si que cette pollution venait de nulle part. » Les soupçons tournèrent alors, vers cet accroissement de délinquants, lequel avait pris de l’ampleur, d’année en année, et dont tous les partisans s’a-musaient à mettre le feu dans les voitures ou à commettre des attentats à la bombe revendiqués, parfois au nom des extrémistes orientaux qui avaient été déjà très actifs et meurtriers, depuis les années 1980, mais qui n’avaient pas toujours été à l’origine de ces actes criminels. Dès la première décennie du XXIIe siècle, par voie de conséquence, le Ministère de la Défense étudia un système de sécurité permettant de détecter et de localiser n’importe quel individu, en situation de flagrants délits, par une implantation de puces* électroniques, laquelle démarra en 2175, à toute la population, même aux nouveau-nés, et par une instauration de couvre-feux nationaux, pour les enfants d’un certain âge. Cette mode se mondialisa et donna l’opportunité à toutes les nations de réduire leur taux de criminalité, sans pour autant résoudre le problème des quotas d’émission des GES et en entravant le fondement du principe de la démocratie et des droits de l’homme. Au terme de la troisième période d’engagement à la réduction des GES, en 2166, malgré ses progrès exemplaires, pour enrayer définitivement à la pollution de l’eau et de l’air, la France fut montrée du doigt, pour avoir atteint un quota de 64 % d’émission, alors que le reste du monde affichait, au plus haut, un taux additionnel de 12 %. Le dioxyde de carbone, le méthane et le dioxyde d’azote étaient essentiellement les gaz incriminés, dans cet effrayant pourcentage. En conséquence, la science s’associait à nouveau à la biotechnologie, à la chimiotechnologie, à la physiotechno-logie, à la macrotechnologie, à la microtechnologie, ainsi quʼà la nanotechnologie, au-delà de celles qui étaient déjà en vigueur, pour créer un autre système efficace de récupération de ces gaz. La difficulté de ce projet résidait dans l’emplacement de leur stockage, car leur recyclage, à des fins énergétiques et dans la fabrication d’un nouveau plastique, avait atteint leur taux de saturation. Tous les pays qui possédaient des compagnies pétrolières surmontaient cet obstacle, par le remplissage des poches de pétrole vidées de tout son contenu. D’autres avaient repris le système Castor expérimenté au Danemark en 2007. Ces États s’unirent pour prendre à leur charge la moitié de la production française en GES. En parallèle, dans l’espoir de mettre un terme à cette pollution excessive, les experts internationaux s’étaient appliqués pour en découvrir la cause. Deux ans plus tard, ils déclenchèrent l’état de catastrophe mondiale. Le pourcentage du taux d’émission des GES français afficha à nouveau un niveau tellement élevé qu’il anéantissait tous les efforts fournis sur le plan européen et mondial. Les concentrations en CO2 qui sont comprises entre 190 ppm (partie par million) des ères glaciaires et 300 ppm des périodes chaudes s’élevèrent à 1040 ppm. Pour le CH4 (le méthane) qui fluctue entre 350 ppm et 750 ppm, les mesures s’approchèrent des 2600 ppm.

 

Les catastrophes naturelles.

 

En 2167, les scientifiques qui avaient prévu une augmentation des températures de 8 °C, sur un siècle, durent réviser leur estimation, car l’évolution de la chaleur s’éleva de 5 °C, sur une décennie, puis de 7 °C les cinq années suivantes. Pourtant, le soleil avait cessé sa phase éruptive violente et les conditions nécessaires à une baisse des températures, lesquelles étaient mondialement déployées. Les conséquences commencèrent à se faire ressentir, dès 2168 par des phénomènes modifiés d’El Niño, dus à la croissance fulgurante des températures, au-dessus des Océans chauds. El Niño avait été jusqu’à présent, un phénomène océanique cyclique d’une périodicité allant entre 2 et 7 ans et d’une durée de 12 à 18 mois, et succédé par le phénomène contraire appelé La Nina qui avait été caractéristique d’une situation climatique normale de ce lieu du globe. Il s’était caractérisé par le réchauffement d’un immense réservoir d’eaux superficielles, de l’ordre de 4 à 6 °C, dans l’océan Pacifique équatorial et il s’était accompagné d’une interaction entre l’océan et l’atmosphère qui perturbait les courants marins, la position relative de l’équateur thermique, le régime des alizés et plus généralement la circulation atmosphérique. Toute la ceinture tropicale du globe avait subi un bouleversement climatique qui provoquait régionalement des précipitations très intenses ou d’immenses tornades, dans le Pacifique Est, pendant que la sécheresse avait sévi, dans le Pacifique oriental. Cette fois, les El Niño étaient plus répétitifs et plus violents, sur des intervalles réguliers de deux années, au lieu de sept, durant parfois 32 mois et donnant une impression de continuité du phénomène. Pour parfaire son effet dévastateur, la ceinture tropicale du phénomène océanique et atmosphérique s’élargit au-delà de cette frontière, allant jusqu’au 40° de latitude nord et sud de la planète. Ses caractéristiques se différenciaient aussi par le réchauffement de la mer, dans de nouveaux lieux du globe, dont les conséquences variaient selon le climat de chaque coin de la planète. Ses phénomènes se relevèrent dans l’Atlantique équatoriale sud, par une remontée des eaux chaudes de l’océan Indien, due à l’absence de remontée d’eau froide, phénomène plus connu sous l’appellation d’Upwelling, situé à la frontière des deux océans et associé au Gulf Stream de l’Atlantique. Ainsi, El Niño contribua à la formation des cyclones, à peu de kilomètres des Bermudes, touchant, cette fois, essentiellement l’Europe, par ses zones côtières ouest.

 

À cause de quelques incidents mineurs de quelques centrales nucléaires, toujours en activités réduites et de nombreuses et phénoménales éruptions des plus grands volcans terrestres et océaniques au monde, l’acidité et la radioactivité avaient atteint un taux mortel, pour certaines espèces de notre écosystème, et les cancers un accroissement fulgurant, chez les êtres vivants. Leur croissance au niveau des océans avait été observée par la disparition de la faune et la flore des espèces marines, notamment des phoques et des éléphants des mers, ainsi qu’une forte réduction des populations de baleines, de dauphins et de calamars. On comptabilisa aussi des pertes massives animales et humaines, par des cataclysmes et leurs répercussions sociales et financières dévastatrices, avec l’altération des repères humains et des valeurs monétaires, ainsi que des conséquences médicales inhumaines. La réapparition de contaminations excessives de choléra, que l’augmentation de la température des eaux douces eut proliféré des planctons porteurs de son vibrion, fut l’une des retombées, mais également d’autres virus et infections bactériennes préhistoriques, dont les glaciers polaires avaient été le temple de leurs sauvegardes, durant des siècles, ainsi que le retour de grandes pestes noires et l’apparition de nouvelles infections mortelles. D’autres conséquences, surtout la destruction totale d’une grande partie de la flore terrestre par inondation, des pluies violentes, des ouragans répétitifs, des éruptions volcaniques intempestives déversant des fleuves de laves destructrices, de tous les paysages, sur leur passage terrestre et océanique, se manifestèrent. D’autres phénomènes de plus en plus puissants et funestes se multiplièrent également. Parmi eux, il y eut de multiples tsunamis, de diverses cau-ses, dans les océans, des tremblements de terre de magnitudes 11 à 17, lesquels engendrèrent des effondrements de falaises et des glissements de terrain, la pollution des eaux de mer et de sources d’eau douce, telles que les nappes phréatiques qui furent infectées par des pluies acides et radioactives. La pénurie des eaux potables, liées à de grandes périodes de sécheresse qui suivirent, ainsi que d’énormes pertes matérielles dans l’habitat et les infrastructures des villes se produisirent, en dépit de toutes probabilités. Une période de panique s’installa dans le monde entier. Le crash du secteur des assurances s’ensuivit. Celui-ci se répercuta aussi dans les autres secteurs financiers. Il fallait agir de manière radicale. Les conférences mondiales réunissant les membres de l’ONU, de l’UNESCO, les dirigeants de chaque État et les plus grands experts du globe de ce siècle en matière de climatologie, de biologie, de chimie, de physique, de technologie et d’architecture se succédèrent. Mais ils ne purent que constater leur impuissance, au sujet de l’ampleur actuelle des phénomènes et se concluaient par des mesures de prévention à prendre, par chaque pays, notamment par tous ceux dont le niveau terrestre se situait en dessous du degré d’élévation de la mer. La première consistait à construire deux rangées de barrages de 280 mètres de hauteur pour la première, et de 200 mètres pour la seconde, tout le long de leurs zones côtières, afin d’éviter l’inondation qui serait provoquée par la fréquence et la puissante croissance des tsunamis et par la continuité de la fonte des calottes glaciaires, ayant atteint pratiquement la position du permagel ou permafrost au nord. Ils fixèrent l’échéance du projet sur cinquante ans, mais son coût ne permettait pas aux pays les plus démunis de se protéger, à l’exception de certains qui bénéficièrent d’un investissement mondial solidaire, car ces fonds de solidarité étaient restreints et la liste des prétendants longue. De plus, par ins-tinct de survie du genre humain et animal et appuyé par différentes thèses scientifiques, ils avaient ratifié le protocole de Kyôto, dès sa mise en service, malgré leur pauvreté. Ce projet prit forme dans l’immédiat et s’acheva en 2180, en défigurant définitivement l’Atlas côtier planétaire, mais par instinct de survie du genre humain et animal. Les autres mesures portaient sur la protection des individus, contre les autres intempéries dévastatrices, sur la façon de les anticiper et les possibilités de préserver la faune et la flore de la planète. En complément des parcs d’attractions animaliers et aquatiques, des fermes de préservations et d’élevages des espèces aquatiques et terrestres se multiplièrent aux quatre coins du globe, afin de compenser les pertes, déjà définitives pour des milliers d’espèces et repeupler en masse notre planète. Ces différentes initiatives, en dépit de leur utilité irrévocable et d’un accord collectif mondial de tous les peuples, affichèrent leur préjudice néfaste. Tous ces chantiers ruinèrent la majorité des États qui les mirent en œuvre. La pauvreté financière mondiale s’installait à vive allure, avec ses conséquences sur la qualité de vie et le niveau intellectuel des êtres humains, mais des élans de solidarité naissaient, dans quasiment tous les coins du globe. Pourtant, au plus grand désespoir et mécontentement de L’UNESCO, de l’ONU et des ONG, les disparités entre le nord et le sud de l’équateur s’élargissaient davantage, ainsi que celles qui sévissaient dans tous les régimes politiques, de tous les pays pauvres et en voie de développement.

 

 

En 2220, les prévisionnistes furent horriblement stupéfaits, face à l’ampleur et à la précipitation de tous les évènements. Au-delà de toutes prévisions, en milieu d’année, des pluies de météorites et de trois petites comètes, par collision avec les plaques tectoniques des mers et des océans de plusieurs lieux du globe, provoquèrent de mégas explosions volcaniques océaniques qui soulevèrent de gigantesques vagues dévastatrices, sur les côtes des continents et des îles avoisinantes, dépourvues de barrières protectrices. Des débris de tous nos déchets spatiaux, lors de nos multiples conquêtes des autres planètes et exoplanètes de notre univers avaient dévié le flux de météores de la ceinture de Van Allen, vers l’espace, dans lequel un phénomène inconnu avait perturbé leur cycle d’errance et les avait, accidentellement, dirigés vers la Terre. Les impacts des gigantesques météorites renforcèrent le réchauffement des eaux salées de notre pla-nète et provoquèrent un brutal déplacement des pôles magnétiques qui finalement, reprirent leur position d’origine, après un bombardement radioactif de moyenne durée, toujours en provenance de ce qui en restait de la ceinture de Van Allen et issu aussi des éruptions solaires. Sur un an, les zones polaires devinrent de vastes étendues d’eau qui élevaient le niveau de la mer, présentant un taux d’acidité record également, de 150 mètres, par rapport à celui qui s’affichait en 2007. À l’effigie des pays démunis, même avec leur système de sécurité, un grand nombre de zones côtières, d’îles et d’atolls furent rayées de la carte planétaire, car ils étaient, l’un comme l’autre, situés en dessous du niveau de la mer et les dimensions des barrages de certains d’entre eux s’étaient avérées inappropriées. Les pertes humaines se comptaient par milliers, surtout dans les zones où aucune anticipation de la sécurité des individus n’avait été élaborée. Par con-tre, la réduction attendue de la densité de l’Arctique et de l’Atlantique Nord fut évitée, par un dépôt excessif de sodium provenant des météorites qui gisaient dans les profondeurs de ces océans. Ce qui favorisa la montée et l’élargissement du courant chaud du Gulf Stream bien au-delà de l’Islande, jusqu’à l’Arctique. Le climat de certaines zones du globe en subit à nouveau de terribles conséquences. L’année suivante, une succession de séismes de magnitudes allant de 9 à 17,6 et liée à plusieurs mouvements de nouvelles plaques tectoniques et de multiples effondrements de certaines surfaces de plusieurs continents, dans différentes parties du globe provoqua d’autres monstrueux tsunamis de 545 à 600 mètres de hauteur et bien plus élevés pour certains qui renouvelèrent des catastrophes terrestres plus terribles et accentuèrent les effets dévastateurs précédents. Les vagues inondèrent les villes côtières pourvues et dépourvues de barrages, en atteignant des hauteurs de 5 m 90 par endroits, jusqu’à 150 m à d’autres. Les murs de sécurité ne purent que désamorcer les vagues et diminuer leur impact sur les terres, mais épargnèrent beaucoup de vie, pour les populations qui s’étaient préparées par des entraînements anticipés, à se réfugier dans les hauteurs. La pression de l’eau qui s’exerça contre ces barrières de protection de part et d’autre des continents équipés en démolit quelques-unes d’entre elles, en provoquant une submersion totale de certaines côtes. Les résidents des îles et des zones côtières menacées furent évacués vers des terres d’asiles plus cléments, ainsi que ceux du continent africain, mais la majorité de ceux qui comptaient uniquement sur leur système de sécurité périt. Passé ces cataclysmes successifs, les climatologues relevèrent un inquiétant bouleversement des courants atmosphériques et marins provenant d’un phénomène complètement différent d’El Niño, partant du Gulf Stream et inconnu des climatologues et météorologues. Leurs prévisions affirmant une intensification des phénomènes existants, par des pluies abondantes, dans les zones humides et une sécheresse accrue, dans les zones arides fu-rent contrecarrées par des situations tout à fait inverses et parfois inattendues. Les saisons telles qu’elles se présentaient, dans chaque coin du globe, disparurent entièrement et définitivement.

 

 

En France, il n’en résistait plus que deux, l’été et l’hiver, entrecoupés régulièrement de courants d’air chaud ou de froid, parfois en opposition avec la saison qui sévissait. La saison chaude démarrait aux environs de juin, pour s’achever en février et laisser place au froid glacial. Le Sud qui jusqu’alors était confronté à des étés caniculaires d’un climat tempéré méditerranéen se transforma en zone climatique tempérée continentale, avec des périodes hivernales polaires. Tandis que le Nord qui affichait une douce atmosphère continentale se transforma en zone semi-tropicale l’été qui, parfois, sur de courtes périodes se rafraîchissait brutalement, en opposition à un froid très glacial en hiver où les pluies de grêles atteignaient des proportions cataclysmiques, lorsque cette saison s’annonçait polaire, ou à de monstrueuses tornades dévastatrices, lors-qu’elle s’avérait plutôt douce sur le relief terrestre et froid, dans la basse atmosphère. Parfois, on essuyait de monstrueux ouragans au-dessus de l’Atlantique nord, lesquels la traversaient jusqu’à l’Europe centrale, dans leurs puissances destructrices. Il en résulta l’un des plus violents cyclones, en 2221, accompagnés de vents poussant des pointes de 450 km/h qui par l’effet de surprise de certains citoyens non informés occasionnèrent des milliers de morts et des blessés par centaines de mille, ainsi que des dégâts matériels indéchiffrables, après un été caniculaire, en opposition au froid vif et mortel de cette même année. Néanmoins, pour des raisons que l’on ignore toujours, l’hiver le plus critique se déroula en plein été de janvier 2239 qui affichait des températures comprises entre – 18° et – 32° Celsius.

 

En Amérique, les grandes forêts amazoniennes dépérissaient par la continuité des vagues de chaleur imprévisibles, à cause du manque de vigilance et de prévisions de leurs experts en climatologie et en météorologie qui n’avaient pas anticipé une modification de tous leurs acquis dépassés de l’époque. Cette déforestation désastreuse augmenta le taux d’émanation de méthane, de certains arbres tropicaux et celui du dioxyde de carbone de l’ensemble d’entre eux. Elle se produisit, sans aucun recours, au prix de la dangereuse disparition de la biodiversité de la faune et de la flore de la canopée. Pen-dant ce temps, plusieurs États américains et canadiens souffraient des pluies de mousson, inondant les villes et provoquant des pertes humaines, par l’apparition massive de la dengue, de la fièvre jaune, et d’autres virus et maladies préhistoriques, dont des mutations successives les transformèrent en de véritables meurtriers en série. La planète était déchiquetée dans sa chair et son âme, mais elle s’accrochait et s’en relevait, tant bien que mal, à chaque coup qui la frappait, la blessait et la déstabilisait.

 

Le côté positif.

 

Sur une nouvelle décennie, les pays qui avaient énormément investi dans la construction du barrage, puis subi des pertes matérielles et humaines, causées par des successions de catastrophes naturelles incontrôlables et des dérèglements climatiques persistants, eurent beaucoup de difficultés à retrouver une croissance économique saine et enrichissante. Ils étaient pratiquement tous dirigés par de vieux politiciens, dépassés par les évènements et tombés pour la majorité d’entre eux, dans un désarroi qui provoqua leur obstination destructrice, se traduisant par des excès d’agressivité. Tous les pays se remettaient plus ou moins difficilement des cicatrices laissées par dame nature, grâce à des actions d’ordre privé. Après 2230, l’impact sur la vie sociale internationale se fit énormément ressentir, par une forte montée de la délinquance qui avait pourtant été en parfaite régression. Cette croissance s’était déclenchée, après un taux de chômage exorbitant et un abandon total du combat à mener, pour sortir d’une situation de crise, de toutes les sociétés démunies, en capacité et en possibilité physiques, intellectuelles et économiques. Cette pauvreté financière et érudite provoqua une misère extrêmement déstabilisante et mortelle, dans le monde qui amorça, à nouveau, une profonde régression, dans l’évolution de l’espèce humaine.

 

La France n’avait pas été épargnée par la violence et de la décadence mondiale, mais l’objet de ses préoccupations était de trouver l’origine de son taux extrêmement élevé d’émissions des gaz à effet de serre, avant que la sanction des autres états ne tombât. L’évolution intense de la délinquance allait de pair, avec celle de la pollution. Le système de détections des criminelles et des délinquants par les puces*électroni-ques n’apportait plus de résultats éloquents. Les autorités compétentes avancèrent la thèse d’une défaillance de la puce*, découverte par ces jeunes délinquants qui étaient pour la plupart d’entre eux de petits génies de l’électronique, de l’informatique, du nu-mérique, de la robotique de hautes résolutions et à service divers, de la technologie bionique, quantique et de la neurotechnologie, malheureusement, dans les mauvais camps, selon leur vision.

 

Dans la même période, les scientifiques mondiaux, dépassés par les échecs expérimentaux terrestres, se réunirent, pour mettre en place un progrès technique de grande envergure, une immense et grandiose station orbitale d’expérimentations, pour la sauvegarde de la Terre, bien plus vaste que nos plus grandes villes terrestres. Des savants de tout âge y séjourneraient, afin d’étudier le phénomène du réchauffement de notre monde et y rechercher une solution intermédiaire au-dessus de la stratosphère. Les progrès technologiques en matière de préventions climatologiques évoluaient au détriment des autres domaines, tels que les infrastructures de l’habitat, l’éducation et l’instruction des enfants et les activités autour de l’art et des loisirs, tout en épargnant l’énergie, le transport terrestre et la santé. En contrepartie, la science médicale prenait un retard considérable, par manque de budget et du fait de revenir sur des pathologies d’une époque lointaine. En dépit de cela, l’espoir de voir cette tumeur climatique se résorber subsistait, dans tous les esprits et les idées pleuvaient, aux quatre coins du monde. Le peuplement des exoplanètes s’avérait financièrement impossible à l’échelle mondiale. L’humanité était contrainte de découvrir une solution d’urgence, définitive ou même provisoire.

 

 

Deux solutions et un espoir.

 

En 2232, cette idée ingénieuse et salvatrice, mais surtout très coûteuse de ces scientifiques, laquelle se prénomme « opération SDLP* (Sauvegarde De La Planète) », permit de faire chuter la température de la terre de 5° Celsius, dès la quatrième année de son fonctionnement. Durant deux ans, des techniciens scientifiques du monde entier plaçaient six stations orbitales aux six coins cardinaux du globe, pour y ancrer d’immenses canaux à projection d’un champ magnétique, au milieu duquel circulait une rivière, autour de la planète. L’objectif était de pallier la défaillance de ce bouclier protecteur, à la suite du basculement presque total des pôles magnétiques, de ces derniers siècles et dont les bombardements radioactifs célestes furent, heureusement de courtes durées. Ce champ magnétique artificiel permettait de nous protéger des atta-ques radioactives spatiales, de renvoyer une partie des rayons du soleil vers l’espace et retenait les ultraviolets, et la rivière compensait l’évaporation de l’eau terrestre et par voie de conséquence, la formation d’ouragan monstrueux, dans notre basse atmosphère. La gestion des rayonnements consistait à canaliser la chaleur du soleil, sans faire chuter excessivement les températures de la planète et sans retenir les rayonnements de chaleur émis par la Terre, lesquels diminuaient sensiblement et mystérieusement, depuis deux ans. Cette nouvelle technologie permit également de renvoyer les météorites vers l’espace, par un autre système de champ magnétique propulsé, déclenché dès leur approche. Les quelques pays nouvellement industrialisés que l’on appelait aussi les nouveaux riches et qui étaient, pour la majorité d’entre eux, ceux qui reçurent de l’aide, dans la construction de leur barrage côtier, à leur tour, investirent pour les nouveaux pays démunis et endettés, pour au moins un siècle, dans ce projet novateur qui se solda par un énorme succès et qui fut reconduit dans la décennie suivante. En 2242, les températures se stabilisèrent sur un seuil critique viable et sécurisant à l’équilibre et la survie de la Terre. Ce qui procura à notre planète un répit, malgré la persistance, par période, d’un climat général extrêmement chaud. Climat qui semblait s’être déréglé pour la vie, en dépit de la chute incompréhensible de la température du globe terrestre, amorcée depuis une décennie. La population mondiale, toujours en éveil et avertie, fit alors, le deuil de pouvoir retrouver une Terre et un rythme de vie des années 1990. Et une garantie de la longévité de l’équilibre actuel fut compromise, par cette nouvelle énigme du centre de la Terre. Pour en avoir la possibilité, il aurait fallu installer d’autres stations, dont les coûts étaient trop surélevés, pour les États et investir dans la recherche géologique, géophysique, géomagnétique, sismologique et volcanique, dont les anciennes références, unités, technologies, microtechnologies et nanotechnologies de fonctionnements et de mesures avaient montré leur faille. Celle-ci se révéla, lorsque des chercheurs avaient tenté de découvrir ce qui pourrait réduire la radioactivité du centre de la planète. Ils voulaient limiter les conséquences qui en découleraient, en dehors du réchauffement de la planète, telle qu’un inversement brutal et total des pôles magnétiques, d’où résulterait la fin de notre monde, après celui des dinosaures. Par contre, elle pointa à nouveau du doigt ces pays nouvellement industrialisés qui commencèrent à emprunter une voie similaire à celle des anciens. Elle ne pardonna pas aux Français d’être, en grande partie, responsables de ces derniers bouleversements climatiques, à l’origine de toutes les conséquences catastrophiques qui se produisirent, durant ces dernières décennies, d’autant plus que son taux de GES croissait toujours. Le gouvernement français lança alors, une grande enquête auprès de la population, récompensée de 50 000 millions d’euros à celui qui trouverait les causes de son quota élevé d’émissions de dioxyde de carbone, de méthane et de dioxydes d’azote, lequel continuait à augmenter infiniment. Même avec cette offre unique et alléchante, personne ne se manifesta. Pour pallier l’angoisse nationale, un ensemble de chercheurs d’un grand laboratoire à connotation scientifique, dont la Direction générale se trouvait à Morlaix, dans le Finistère, et les filiales à travers toute la France, mirent au service des climatologues et des ingénieurs de l’environnement, le résultat de leur recherche sur la photosynthèse artificielle. De nouveaux projets de récupérations du CO2 naquirent parallèlement aux campagnes médiatisées de la grande enquête contre ce ou ces pollueurs mystérieux. J’avais la réponse, j’étais paumée financièrement, mais surtout tenue au secret, car l’existence et le fondement de l’univers en dépendaient. Suivez-moi au fil de mes tomes de La Voie De L’Ultime Espoir. Vous adopterez ma position et vous surpasserez votre entendement, en matière d’étrangeté.

 

 

En réalité, l’univers qui renferme le monde de l’imaginaire s’est confondu à celui du réel, comme une éclipse solaire totale se serait figée éternellement dans sa superposition planétaire, laissant paraître une infime part de lumière, à travers tout le cosmos de mensonges de ces prophéties, pour la majorité calomnieuse. Des fantasmagories époustouflantes naissent à la frontière de cette superposition, issues des conséquences de la pollution et des manipulations génétiques de la nature, de celles des maladies neu-rologiques renaissantes et nouvelles en recrudescences, mais également de celles de la misère et de la famine profondes. Néanmoins, un petit nombre d’entre elles se révèle réel. Personne ne possède la clairvoyance de les apercevoir et de séparer le vrai du faux. Il en résulte un chaos psychique et psychologique total, dans certaines zones d’un même pays, aggravé par le retour d’anciennes et des apparitions de nouvelles maladies, infections virales et bactériologiques. Personne n’en possède ou à vrai dire, presque personne. Elle est aussi appelée extralucidité et semble être en possession d’une seule humaine, du moins dans ses premières lignes, avant de se restreindre au trio qui va naître au fil de l’histoire, et s’élargir à leur proche, par la voie des confidences, en rap-port avec une étrange découverte. Vous ne me croyez pas ! Alors, venez nombreux ! Venez sans hésiter ! Suivez-la dans toutes ses aventures qui démarrent à l’île de la Réunion et vous comprendrez à partir de quel moment s’amorce la conscience extralucide de notre héroïne et comment cette étrange découverte a pu la propulser, définitivement, dans le sas séparant le monde du réel, à celui de l’imaginaire. En sortira-t-elle un jour ? Seul le point final de cette fiction vous apportera une réponse. Êtes-vous prêt ?

 

Si vous êtes conquis et conquises, allez-y ! Traversez cette aventure à vive allure ou selon votre temps, mais apprêtez-vous à vivre des émotions intenses.

 

 

 

 

AVANT PROPOS/LIVRE 1/ LA VOIE DE L'ULTIME ESPOIR

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