Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
A Vos Rêves

LA VOIE DE L'ULTIME ESPOIR TII COULISSES DES MONDES MYSTERIEUX/ EXTRAITS CHP 3 ONDINE

26 Octobre 2016, 12:43pm

Publié par ChrisSAVIGNAN

CHAPITRE III ONDINE

Chap. 

III

 

Ondine.

          Durant ces six mois écoulés, Katel prenait ses repères et adoptait le même rythme de vie qu’il avait, dans notre duplex du Moufia à Saint-Denis. Mais le lien affectif qui nous liait déjà avait profondément accru, depuis le premier jour de notre exode. Un après-midi, il s’enferma à double tour dans la salle de bain, pendant que je mettais de l’ordre, dans l’appartement et m’adonnais à son hygiène. Au bout d’une heure, il poussa un cri atroce qui me procura un sentiment de panique. Je m’y précipitai et tambourinai excessivement sur la porte, le visage marqué de frayeur.

-          « Que se passe-t-il ? M’écriai-je. Tout va bien, mon cœur !

-          Oui, man, ça va ! Certifia-t-il, d’une voix naturelle.

-          Pourquoi t’enfermes-tu et que signifie ce cri ? Insistai-je, les sourcils froncés d’interrogation.

-          Ce n’est rien man ! Il n’y a pas lieu de s’inquiéter, j’ai renversé le flacon de bain moussant et de sel, avec mes mains et celui-ci est tombé sur ma tête.

-          Bien ! Si ce n’est que ça, tu me rassures, ne tarde pas pour autant dans l’eau. Elle doit être froide maintenant et je voudrais me laver moi aussi, avisai-je, les yeux étincelants d’un éclat de sérénité.

-          D’accord man ! Dans un quart d’heure, je te libère la pièce, juste le temps de me sécher et de m’habiller, attesta-t-il, avec conviction. »

 

      Rassurée, je vaquai tranquillement à mes occupations de rangement et de nettoyage. Par bonheur, cette diversion changea mon humeur soucieuse, pour le reste de la journée. Mais en vérité, la voix que j’avais entendue ne provenait pas de mon chérubin. Son hydrothérapie s’étant refroidie, celui-ci avait actionné le robinet, pour y ajouter de l’eau chaude, lorsqu’une belle femme s’en écoula sous une forme liquéfiée et distincte, avant d’apparaître, aussitôt, sous son aspect humain. C’était une belle créature blanche semblable à l’opalescence de la porcelaine de cire, coiffée de longs et épais cheveux soyeux et noirs, lesquels retombaient de chaque côté de ses voluptueuses épaules. Dans le même teint, d’abondants et interminables cils supérieurs qui mettaient en évidence le bleu roi de ses iris bordaient ses yeux bridés, à la thaïlandaise. Au-delà de la perfection, ses sourcils esquissaient deux fines lignes et suivaient, parallèlement, la courbe de ses prunelles. Sa peau laiteuse était relevée de deux pommettes roses, de la même nuance que ses lèvres. Comme sortis d’un écrin d’élégance, ses traits étaient d’une finesse et d’une suavité à faire craquer plus d’un homme. Mais Katel n’en était pas encore un et sur l’instant, il crut à la visite d’une criminelle sexuelle ou de la Maouez-Noz* qui nous avait harcelés chez Manou. Son cri horrifiant qui m’avait interpellée en découlait. Face à sa frayeur paralysante, la dame l’avait invité à se taire, en posant délicatement son doigt sur sa bouche, puis elle avait imité sa voix, pour me rasséréner, en se procurant son timbre vocal, par le biais de ce contact sensoriel. Lorsque je m’éloignais, elle se présenta d’une douce et mélodieuse inflexion.

-   « Bonjour, Corallin !....ETC......

 

-       Non, je n’ai jamais fait de mal à quiconque. N’aie pas peur de moi ! Je m’appelle Loreline. Je suis une Ondine des eaux douces.

-          Une ondine ! Souleva-t-il, les mirettes luisantes d’étonnement. Êtes-vous aussi méchante qu’une Maouez-Noz * ?

-          Non, mon garçon, la Maouez-Noz* est une mauvaise fille, selon les dires, instruisit-elle, avec délicatesse. Celle-ci traite avec des êtres ténébreux et malingres, tels que l’Hormis et Satanos. » 

 

         Envoûtée par le charme féerique et le magnétisme naturel de Loreline, une intense admiration traversa les prunelles de Katel. Le visage illuminé d’une esquisse innocente de sa bouche et de ses joyaux oculaires, il s’enquit à l’interroger pour satisfaire sa curiosité.

-          « L’Hormis et Satanos, reprit-il, d’un ton intrigué. Qui sont-ils ?

-          Je vais te répondre, mais sache que les êtres humains n’ont pas connaissance de ce monde et les choses doivent rester ainsi, annonça-t-elle, d’une intonation diplomate. L’hormis* est une difformité anatomique d’un gnome, il se situe entre l’humain et le génie fantasmagorique monstrueux. Satanos* est celle d’un troll noir des montagnes qu’on surnomme un Elog-Ei*. C’est l’espèce la plus horrible et la plus violente du monde des féeries. Mais je ne suis pas venue chez toi, pour te parler de ces monstres. De plus, je m’impatientai de te rencontrer, depuis que Museline m’a parlé de toi.

-          Tu connais Museline ! S’enthousiasma Katel, le visage teinté de joie. Alors c’est pour cette raison que tu m’appelles Corallin.

-          Oui, mon garçon, Museline est une Ondine des mers connues aussi sous le nom de sirènes, l’apprit-elle, d’une inflexion empreinte de suavité.

-          Alors, tu connais Ti’zan et tu as également une queue de poisson ! Déduisit-il, le regard allumé d’une curiosité attisée par l’impossi-bilité d’un aperçu de son anatomie qui était recouverte, par la mousse de son bain.

-          Oui, Ti’zan et son fidèle Zavoué sont des connaissances du pas-sé, je les avais accompagnés, jusqu’à une féerique contrée, pour y annoncer ton imminente arrivée. Et tu vois, comme Museline, d’une splendide nageoire, je suis dotée, affirma Loreline. À la différence que moi, je peux m’en débarrasser, sous l’effet de ma volonté, pour une certaine durée. Veux-tu la voir ?

-          Oh oui ! S’excita mon fils, les mirettes ouvertes d’impatience. »

           

          Aussitôt, Loreline sortit sa splendide queue, sous l’attention émerveillée de Katel qui, sans hésiter, la caressa du bout des doigts. Subitement, deux belles et douces jambes remplacèrent les écailles colorées de reflets verts et bleus. Puis elle les replongea, dans le fond de la baignoire, en éclaboussant l’eau et l’écume savonneuses qui arrosèrent le sol.

-          « Attention au plancher, il est en bambou non traité, et l’infil-tration d’un volume trop important d’eau pourrait l’abîmer, s’affola mon gamin.

-          Oh, je m’excuse, j’y prêterai plus d’attention, justifia Loreline, d’un air embarrassé. Vois-tu mon garçon, reprit-elle, d’une voix enchanteresse, à l’embouchure des fleuves et des rivières, là où se situe la frontière entre l’eau douce et l’eau salée, nous nous donnons rendez-vous, Museline et moi, pour se tenir informer des nouvelles de nos mondes respectifs. Ma sœur m’a chargé de t’en annoncer une, que je lui avais confiée au moment où elle m’apprenait ton existence. Malheureusement elle est mauvaise. L’eau des nappes phréatiques qui ne sont pas contaminées, par la radioactivité disparaît mystérieusement Même les infiltrations des eaux des pluies n’ont plus le temps, de les remplir à nouveau. La moindre goutte d’eau est détournée par un phénomène inexplicable. Si le climat terrestre n’apporte plus suffisamment de pluie, attendez-vous terrien à vivre une longue période de sécheresse. Puisque nous avons su que Socrate assouvissait ta passion d’horticole, nous avons jugé préférable de t’en avertir, afin que tu prévoies tes réserves d’eau, avant que la situation de pénurie ne se présente, énuméra-t-elle, d’une intonation si agréable et hypnotisant, que l’état d’extase de Katel progressait, vers une sensation d’un bien-être euphorique.

-          Merci de ta prévenance belle dame, déclara-t-il, en affichant à nouveau, son beau sourire de satisfaction, dans l’harmonie du pétillement de joie de ses pupilles. Je veillerai sur l’évolution du temps et je prendrai des dispositions, pour faire face à la pénurie.

-          Il n’y a pas de quoi, petit trésor ! Je vais à présent retrouver mes sœurs qui m’attendent à la sortie des canalisations des eaux usées de la ville. Ce n’est pas un endroit où je raffole de m’aventurer, mais j’aurai fait n’importe quoi pour te rencontrer. Tu vas devoir vider ta cuve, je ne peux repartir d’ici, qu’en passant par le tube d’évacuation des eaux usées.

-          C’est donc pour cela que tu as répondu à ma mère que je serais sorti, dans un quart d’heure ! Inféra Katel, en vérifiant sur sa montre, c’est exactement le temps écoulé de notre discussion.

-          Effectivement, jeune humain, tu es très intelligent, observa-t-elle, d’une chaleureuse ébauche de gaieté, sur les rives de sa bouche.

-          Alors, ne traînons pas, prôna-t-il, je ne lui ai jamais menti et je ne souhaite pas commencer, maintenant. »

          Sans se faire prier, il s'apprêta à arracher la bonde de la baignoire, tout en écoutant Loreline qui l’encouragea dans sa décision.

-          « Tu as raison de te tenir aux véritables valeurs morales de tou-te relation affective, mon garçon. Même si dans certaines situations, un mensonge s’avère indispensable et vital, il vaut mieux privilégier la vérité, autant que possible, quitte à se tromper. Sauf évidemment, dans la circonstance flagrante où mentir peut être salutaire. Comme beaucoup de résistants l’on fait durant la Seconde Guerre mondiale, pour notam-ment sauver des enfants ou des familles entières des chambres à gaz et comme moi qui n’hésiterais pas à le faire si, sous des menaces de mort, je devais te livrer à un monstre sanguinaire. Sois honnête avec ta mère, elle te sera de bons conseils et d’un premier secours.

-          Ooh que c’est gentil ! S’exalta Katel. La pureté de tes sentiments me va droit au cœur. Je me sacrifierai également pour toi, dans de telles situations.

-          Merci, petit trésor. Si tu as besoin de moi, fais tomber trois gout-tes d’eau de n’importe quel robinet, avant de la régler à faible pression et dans un intervalle d’un quart de seconde, je serais là. Au revoir Corallin ! Et porte toi bien.

-          À bientôt, Loreline ! Salua mon fils, d’un ton subjugué. Mon bonjour à Museline à l’occasion. »

          Simultanément, il extirpa la bonde d’où l’eau s’écoula, en emportant Loreline à travers le siphon. Puis, il prit soin d’éponger le sol, avant de libérer la salle de bain. Lorsque je la monopolisai, à mon grand étonnement, je trouvai une écrevisse d’une grosse taille, dans le fond de la baignoire. Ne sachant pas d’où elle pouvait provenir, j’appelai Katel qui, à mon acclamation, gravit frénétiquement les marches des escaliers par deux et arriva en un éclair, dans la pièce.

-          « Sais-tu d’où provient cette écrevisse, même dans les rayons poissonneries, on n’en trouve plus ? Sollicitai-je, d’un air surpris et sans le moindre éclat de suspicion, dans les joyaux oculaires.

-          Non ! Mais, je vais lui poser la question, formula-t-il, d’une intonation subtile. D’où viens-tu, belle écrevisse ? »

 

             Mon bambin fixa intensément le crustacé qui semblait réagir à son message télépathique. Quelques secondes s’expirèrent avant qu’il ne m’avise :

-          « je ne comprends pas très bien ce qu’elle dit, sa voix est nouée à cause de la pollution des rivières. Mais d’après ce que j’ai pu cerner, je crois qu’elle a été transportée par une ondine, dans l’attraction de son courant de déplacement. 

-            Mais bien sûr ! Et moi je suis cendrillon qui s’apprête à sa toilette, avant le bal du prince, déclarai-je, d’un ton humoristique. Et bien tant pis, je ne saurai pas d’où elle vient et je ne te retiens pas davantage, j’ai hâte de me relaxer, moi aussi, dans une balnéation de sel et d’huiles essentielles, mais sans écrevisse ! »

 

       Je ne sais pas la véritable raison pour laquelle, après mon vécue avec Kabuline la Maouez Noz* qui se faisait appeler Nolwenn, dans sa forme humaine, Museline la sirène du Globe Trotteur Elan 2, ma confiance aveugle dans l’existence de Justin, ses communications transversales, dès sa tendre enfance, avec les margouillats et son rapport avec Brillant, le tigre de Bengale du parc animalier du Jardin de l’État, je restais sceptique à son histoire d’Ondine. Mais avec du recul, une saturation de ses rapports féeriques et légendaires pourrait en être une. Du moins, c’est ce qui me paraît le plus vraisemblable. 

-          « Puisque tu le prends ainsi, je m’en vais, riposta Katel, d’un air affecté. » 

             Sur cette indignation, il gagna sa chambre avec le crustacé d’eau douce qu’il plongea, dans un bocal rond et moi, je me prélassai dans mon hammam. Les jours suivants, mon fiston s’attachait tenacement à ne pas rater les bulletins météorologiques des chaînes télévisées. Son obsession se traduisait dans ses attitudes et ses discussions journalières. Ce comportement m’alarma immédiatement.

-          « Pourquoi accordes-tu autant d’importance au temps qu’il fait dehors, puisque nous ne pouvons toujours pas sortir de l’appartement ?

-          Il faut se tenir informé des changements climatiques man, toute vie évolue en conséquence, avança-t-il, d’un ton sérieux. Notre biotope est constamment menacé, par les fluctuations des facteurs climatologiques et géologiques. Ce qui s’est produit ces dernières années ne doit plus se reproduire, car il n’y a pas que les maladies et les virus qui affectent les neurones et même le génome de certains individus. Leur régression mentale est également liée, à un déséquilibre de notre biotope.

-          Tu as raison mon chaton, mais surtout n’en fait pas une maladie, sinon tu vas développer un Alzheimer à 15 ans, inoculai-je, sans pressentir la prochaine annonce des météorologues et les conséquences qui allait en découler. 

-          Ah, ah, très drôle ton humour noir ! Ce n’est en aucune façon une maladie, rétorqua-t-il, d’une inflexion indignée. Je me suis lancé dans une étude de biométricien, afin de comprendre certaines facettes du genre humain.

-          Alors, accepte mes excuses mon ange, je n’irai pour rien au mon-de te freiner dans tes initiatives instructives, justifiai-je, tu le sais d’ailleurs, mais dorénavant, sache m’en avertir, avant de soulever mes suspicions.

-          Entendu man, je t’éviterai toute autre surprise, conçut-il, d’un ton clément et sincère. »

 

           Deux jours après notre discussion, l’intérêt que portait Katel aux prévisions météorologiques télévisées se dissipa, suite à une annonce extraordinaire et exceptionnelle de son présentateur, avant le journal de 20 heures. « Depuis quinze jours, nous assistons à une déferlante d’anticyclones des Bermudes sur l’Europe de l’Ouest, qui ont définitivement repoussé les dépressions d’Islande et des Aléoutiennes, mais dès aujourd’hui et dans les semaines qui viennent un double phénomène vient renforcer cette nouvelle vague de chaleur, un gigantesque anticyclone s’installe sur toute l’Europe, rejoint par une remontée de front chaud et sec des zones arabiques et du Maroc. Ce qui en France se traduira par un ensoleillement sur tout le territoire. Protégée par une vaste dorsale d’altitudes stationnaires, la France subit toujours les effets de la canicule liée à la persistance de cette masse d’air très sec. La légère hausse des pressions de surface nous permet de n’envisager aucun développement orageux sur le relief. Les entrées maritimes de la Manche et des côtes bretonnes se dissiperont aussi vite qu’ils apparaîtront, en début de matinée et en fin de journée. Le même scénario est prévu pour les jours qui viennent, voire les semaines, selon nos experts de météo France, nous allons le constater de plus près sur la carte régionale… » Cette nouvelle suscita des réactions populaires et gouvernementales d’indignations, pour les uns et de joie, pour les autres. Suite à de multiples et gigantesques éruptions volcaniques, à des irradiations en provenance de l’espace, durant une des phases du demi-basculement intégral des pôles magnétiques et à quelques incidents de certaines centrales nucléaires du siècle dernier et du début du nôtre, des pluies et ruissellements légèrement acides et radioactifs avaient infecté, certaines nappes phréatiques. Et au-delà de ces prévisions, plutôt alarmantes, les autorités semblaient confiantes sur nos réserves naturelles et saines d’eau, pour pallier le manque qu’induirait le climat estival prévu, dans les semaines à venir. Avant que les spéléologues ne s’aperçussent du vide mystérieux de la majorité de celles qui étaient non polluées et sur lesquelles le pays comptait en circonstance de sécheresse, Katel anticipa la pénurie d’eau qui s’amorçait pour les particuliers. Sans m’en avertir, il s’était mis à réfléchir à tous les moyens qui lui auraient permis, d’en recycler la moindre goutte, pour l’arrosage de ses plantes. D’emblée, l’idée de se munir de réservoir, pour récupérer l’eau de son bain, apparut dans sa pensée. Concevant le volume à stocker, dans le peu de mètres carrés de sa chambre, il ramena son concept à cette réalité, en prévoyant de n’entreposer qu’une fraction volumique de la baignoire. À part un bref exposé sur ses intentions, il se préserva de m’apprendre la véritable raison qui alimentait ses actes, dans le but de parvenir à ses fins. Sans que je l’eusse soupçonné et sans mentir, il me soudoya pour lui acheter deux réservoirs de 100 litres. Sa procédure astucieuse démarrait par une douche très rapide, avant de se prélasser dans l’eau non savonneuse qu’il récupérait ensuite, à l’aide d’un arrosoir, pour son arrosage personnel, d’où une économie d’eau et de bain moussant qu’il prenait, à présent, qu’occasionnellement.

            Au bout de quinze jours, le gouvernement découvrit l’état alarmant de ses ressources en eau potable et déclara le pays en situation de catastrophes nationales. Il décréta l’interdiction des piscines individuelles pour les rares privilégiés de la société et les quelques infrastructures aquatiques publiques de loisir et de santé, des bains et des arrosages, et envisagea la possibilité d’un certain nombre d’abattages des bêtes agricoles, pour les grands cheptels, afin de pallier les pertes financières des agriculteurs, encore en activité. Déçu par ces restrictions, mais respectueux des lois, Katel replongea dans ses méditations, en quête d’une au-tre solution. Ses réservoirs se vidaient plus vite qu’ils ne se remplissaient, grâce aux surplus accidentels des verres d’eau que nous buvions ou qui nous rinçait les dents, après leurs brossages. Décider de ne pas se laisser abattre, une autre invention surgit de son raisonnement. Par un après-midi ensoleillé, accablée par une forte chaleur, je peinai à finir mon acrylique d’un paysage de ma propre imagination. Ma sueur abondante me ralentissait, dès que j’épongeai mon front. Soudain, je sentis chaque ruissellement des parties découvertes de mon corps se concentrer en gouttes d’eau que je vis se détacher de ma peau, pour s’envoler en direction de l’étage du duplex. Sidérée, je les suivis, à pas de velours, et m’aperçus qu’elles se dirigeaient, dans la chambre ouverte de mon gamin. De son seuil, je l’aperçus tenant le couvercle d’un réservoir, pour réceptionner chaque goutte qu’il s’amusait à compter une à une. »

           Dépassée par la situation, je l’interrogeai calmement, mais d’une voix tremblante et apeurée.

-          « Que fabriques-tu ?

-          Je recycle l’eau de notre transpiration pour mes plantes, j’ai maintes fois réfléchi à une solution adéquate et je n’en ai qu’une, exposa-t-il, d’un air plus que naturel. Mais rassure-toi, je n’en prélève qu’un tiers, pour laisser à l’organisme sa fonction de refroidissement, en forte chaleur.

-          Tu aurais pu m’en avertir, tout de même ! Reprochai-je, les yeux irradiés d’émerveillement.

-          Tu ne m’aurais pas cru, avec ton incrédulité de ces derniers jours, il m’est impossible de te faire admettre certains évènements, sans t’en apporter des preuves, expliqua-t-il, d’un ton accusateur. Souviens-toi de ta réaction face à l’écrevisse, tu as rejeté intégralement la réponse sur sa provenance.

-          Tu as raison mon ange, je m’en souviens, admis-je, le regard contrit. Mais pour une preuve, cette fois, c’en est une, c’est même une idée de génie, dommage qu’elle soit trop irrationnelle, pour l’exploiter, observais-je, d’un ton stupéfait. Tu peux à présent m’en dévoiler plus, je ne t’interromprai pas et je te fais confiance, promis ! »

 

.....ETC

 

Commenter cet article