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A Vos Rêves

LA CONFIANCE - alafrontieredessentiments: Tel un...

29 Février 2016, 17:37pm

Publié par Chris SAVIGNAN

LA CONFIANCE

29 Février 2016, 17:37pm

Publié par chrissou29

alafrontieredessentiments:

Tel un soupçon de tendresse,

Elle surgit à nouveau dans ma vie.

Telle une louange d’allégresse,

Elle me comble de joie sans souci.

La confiance retrouvée n’est pas un leurre,

C’est une infusion de bonheur.

Telle une déesse aux doigts de fée,

Elle marque nos pensées, d’une subtile innocence.

Telle une colombe ornée d’un diadème de lauriers,

Elle me couronne de bonté et d’envie d’aimer.

La confiance retrouvée n’est pas juste une pensée,

C’est une renaissance à la vie, à l’amour et à l’amitié.

Telle une plume remplie de légèreté,

Elle nous transporte dans la voie de la sincérité.

Tel un ange porteur de belles nouveautés,

Elle nous berce de douceur et de sérénité.

La confiance retrouvée n’est pas une forme de naïveté,

C’est un plaisir assouvi qui n’empêche en rien, de se ou s’en méfier.

Telle une femme épanouie et libérée,

Je mène avec conviction ma vie et mes combats attitrés.

Telle une amie sincère et engagée, je souhaiterais vous déclarer :

« N’ayez plus peur d’avoir confiance en toute honnêteté » !

La confiance retrouvée n’est pas une adversité,

Elle est une arme de qualité, pour l’éclosion et l’élévation de votre liberté.

u��H;j��p

35 032 contacts viadeo, dans 15 jours edition...

29 Février 2016, 16:20pm

Publié par Chris SAVIGNAN

35 032 contacts viadeo plus qu'une question de jours et de chance pour l'édition.

29 Février 2016, 16:19pm

Publié par Chris SAVIGNAN

35 032 contacts viadeo
plus qu'une question de jours et de chance pour l'édition.

📷 chrissou29: “Lire une page d'un livre utile...

28 Février 2016, 13:41pm

Publié par Chris SAVIGNAN

chrissou29: “Lire une page d'un livre utile par jour n'est pas seulement une grande médecine de l'esprit, mais aussi un puissant antidote à l'ignorance et la médiocrité” .Ernest Agyemang Yeboah

28 Février 2016, 13:41pm

Publié par chrissou29

chrissou29:

“Lire une page d'un livre utile par jour n'est pas seulement une grande médecine de l'esprit, mais aussi un puissant antidote à l'ignorance et la médiocrité” .Ernest Agyemang Yeboah

chrissou29:

“Lire une page d'un livre utile par jour n'est pas seulement une grande médecine de l'esprit, mais aussi un puissant antidote à l'ignorance et la médiocrité” .
Ernest Agyemang Yeboah

📷 chrissou29: Extrait de La Voie De L'ultime...

28 Février 2016, 13:37pm

Publié par Chris SAVIGNAN

chrissou29: Extrait de La Voie De L'ultime Espoir.Tome 1 Étrange Découverte Chap XXVIIIIntimité bouleversante… Lors de notre passage chez les félins, un incident inattendu se produisit et dévoila au grand jour un aspect caché des facultés de Sami. Nous en fûmes ébahies, surtout Loïc qui le découvrait. Un impressionnant tigre blanc du Bengale s’était échappé de sa cage. Il feulait de rage et menaçait de s’en prendre aux visiteurs. Pressentant une traque imminente, ses pupilles s’allumaient de méfiance et son regard scrutait la moindre ouverture qui le permettrait de s’enfuir, à travers les feuillus qui semblaient frémir de frayeur. Ses rauquements raisonnaient dans tous les recoins du jardin et attiraient inévitablement la foule. Sous les regards paniqués des promeneurs, les gardiens et le vétérinaire du parc, munis de fusils médicaux, prirent position pour lui injecter d’un tir, une dose de somnifères, afin de faciliter sa capture. Tout à coup, ému par la scène, Sami s’alarma d’un ton subtil, en se précipitant en direction de l’animal.- « Ne tirez pas ! Ne tirez pas ! Laissez-moi le ramener !- Tu es fou, mon garçon ! S’affola l’un des gardiens. Ne t’en ap-proche surtout pas ! C’est une bête sauvage en rage ! »Sans tenir compte de la mise en garde, mon gamin parvint d’une allure franche et convaincue, jusqu’au fauve. Sans retenue, les badauds poussaient des cris de frayeur. Certains se cachaient les yeux et d’autres chuchotaient des critiques, dont quelques-unes n’étaient pas agréables à entendre.- « Mais Madame, il ne faut pas le laisser faire, il agit par aveugle-ment et imprudence, m’adressa une petite vieille qui s’était aperçue de notre lien de parenté. »Une autre qui se tenait à deux rangées derrière s’époumona de re-marques dénigrantes, pour exorciser sa peur, derrière ses convictions personnelles.- « Qui est la mère de cet enfant ? Elle mériterait d’être enfermée pour non-assistance à personne en danger ! Qu’elle se montre au moins cette mère indigne. Je déposerai une plainte à la protection de l’enfance, dans les services de l’Aide Sociale à l’Enfance. Ce petit doit être placé en fa-mille d’accueil, au moins, elle saura le protéger. C’est une honte ! Qu’elle soit maudite ! »Mon petit prodige n’entendait aucune de ces réflexions. En fait, il avait communiqué avec ce félin à distance, bien avant que l’on s’en aperçût, tous en respectant les chartres ou protocoles d’approche de cet animal sauvage. Mais un lien pacifique, hors du commun, lequel je vous invite à ne pas imiter, s’était créé entre eux. Il s’assit près de son nouvel ami et encercla de ses bras la douce fourrure satinée du coup de l’animal. Simultanément, le tigre lui lécha le visage. À l’instar d’anciens camarades qui se retrouvaient quotidiennement, ils discutèrent pendant cinq minutes, sous les applaudissements d’une partie de la foule qui s’était accrue. Dépassés par la tournure et l’ampleur de l’événement, la majorité des visiteurs étaient en état de stupéfaction immobilisant, et certains individus, en admiration de ces témoignages d’affection réciproque, entre l’animal et mon chérubin. Même les gardiens n’en revenaient pas, de la dextérité de cet enfant qu’ils voyaient pour la première fois. Uniquement le vétérinaire et moi en sourîmes individuellement, sans la lueur d’une quelconque connivence. D’ailleurs, ce dernier s’approcha de mon chérubin avec précaution, pour l’interroger.- « Comment t’appelles-tu mon garçon ?- Sami, Monsieur, se présenta-t-il, les pupilles dilatées de plénitude.- Eh bien Sami, moi je me prénomme Bertrand, je souhaiterais ton aide, pour lui passer une muselière et pour lui attacher une chaîne au cou. Il est doux comme un gros chat, cependant, il reste un carnivore avant tout et il faut rassurer tout ce petit monde. Il faut les mettre hors d’atteinte d’une réaction imprévisible ou inattendue de l’animal. Qu’en penses-tu ? Sonda le vétérinaire, d’un ton tendre et convaincu.- Certainement pas ! Refusa mon fiston, d’une voix catégorique et ferme. Avec cette souffrance abominable, c’est sûr qu’il peut avoir des réactions imprévisibles et s’en prendre à n’importe quel humain, qu’il substituerait à son propre bourreau. Mais croyez-moi, si vous voulez qu’il rentre dans sa cage sans heurts, il faudrait que l’un d’entre vous s’excuse et reconnaisse ses torts, de l’avoir violemment frappé la semaine dernière. Examinez l’état de l’intérieur de sa cuisse gauche arrière ! Dénonça-t-il, en soulevant délicatement le membre blessé de l’animal. »Interloqué par la franche spontanéité de mon enfant, Bertrand prit l’initiative de vérifier ses dires. Il ausculta le félin qui, calmé par l’attention et la douceur de son jeune ami, se laissa manipuler, malgré sa douleur aiguë. Subitement, le véto se retourna vers les gardiens et d’un ton colérique, il exigea des explications, sur la provenance des blessures de son protégé.- « Que celui qui a battu cette bête se dénonce sur-le-champ ! Il n’y a pas l’ombre d’un doute, sur la provenance de cette fracture ouverte et pas soignée. Même en se cognant dans sa cage, il n’aurait pas pu se mutiler à ce point. » Face à la situation et à l’étonnement de Loïc, je n’hésitai pas à intervenir. Tout en sachant que mon bambin parlait aux animaux, mais sans en être réellement persuadée, jusqu’à présent, par manque de preuves tangibles, je feignis de ne pas comprendre ce qui se passait, pour relativiser l’événement et n’éveiller aucun soupçon.- « Qu’est-ce qui te pousse à avancer une telle accusation, mon enfant ? Lui chuchotai-je, à quelques pas du vétérinaire et de son papoune, lesquels s’étaient lancés dans une discussion, dont j’ignorai la portée.- C’est lui qui me l’a dit, divulgua Sami, de vive voix. D’ailleurs, je sais lequel d’entre eux il s’agit, par contre, j’estime qu’il est préférable et plus mature de le laisser reconnaître ses responsabilités et de les assumer. »Simultanément, l’image de mon fils babillant avec les margouillats, dans son berceau, traversa ma pensée. Je réalisai que mes impressions au sujet de ses communications transversales, avec ces petites bêtes, n’étaient peut-être pas des illusions. « Et si par malheur quelqu’un d’autre que Loïc et Bertrand avait entendu les propos de Sami, que devrais-je faire ? Examinai-je, sous l’emprise de la panique. » Un homme sur les quatre gardiens présents se dirigea vers le vétérinaire et interrompit mes rêveries. Il se livra en prétendant avoir agi en légitime défense, contre une attaque du tigre. Dans la foulée, Sami plaida, avec sagacité, en faveur de son ami.- « Vous faire du mal n’a jamais été dans son intention, déclara-t-il, avant de lever la patte droite avant du fauve qui baissa ses paupières, pour contenir sa lancination, il voulait vous montrer l’épine qui se trouvait entre son orteil. Et pour alourdir sa souffrance, c’est sur celle-là que le premier coup a été violemment infligé. Allez-y, je vous en prie, constatez-le par vous-même, si vous ne me croyez pas ! »Mon gamin qui caressait toujours le poil soyeux du torse de l’animal, pour maintenir son calme et prévoir sa réaction, fixa les iris bleus de celui-ci comme pour obtenir son accord. Le tigre poussa un doux rugissement d’approbation. Sur le moment, Sami entendit le langage de son ami, sous la forme humaine. En bon sauveteur, il nous interpréta, immédiatement, ce cri qui pour nous n’était autre que celui d’un félidé. Confus par les paroles et la diplomatie de mon fils, cet homme se pencha, simultanément aux fléchissements de Loïc, du vétérinaire et du mien, au-dessus de la patte du tigre et se rendit compte de la présence d’un énorme aiguillon, bien enfoncé, entre les orteils de l’animal. Aussitôt, Bertrand prit l’initiative de la lui ôter délicatement, avec une pince médicale de sa mallette de secours, après l’avoir localement anesthésiée. Puis, il le soigna et pansa ses blessures superficielles, mais le laissa conscient, pour pratiquer son transfert en soin intensif. Par substitution, celui-ci concéda aimablement à Sami, la possibilité d’accompagner le tigre, jusqu’à la civière portée par deux des gardiens et l’invita à l’escorter, vers son cabinet d’urgence médicale. Pendant ce temps, les autres membres du personnel dispersaient la foule, sous l’ordre de la direction du Jardin public, laquelle était tenue d’éviter de grands rassemblements de Citadins, pour tenir compte des mesures de sécurité du Plan Vigipirate, toujours actif dans l’île. À la fin des soins, les deux amis s’adressèrent de tendres adieux, tandis que le vétérinaire vint nous remercier de notre patience et de notre aide indirecte.- « Je suppose que vous êtes les parents de ce jeune prodige, déduisit-il, d’une attention admirative, je tenais à vous en féliciter. Il a un sens extraordinaire de l’observation et un professionnalisme remarquable de la psychologie animale, pour un aussi jeune enfant, mais alors vous, j’admire votre déférence indéniable à son égard. A-t-il côtoyé les animaux depuis sa tendre enfance, pour avoir un don d’apprivoisement aussi efficace et inégalable ?- Oui ! Oui ! Confirmai-je, sous les yeux figés et étonnés de mon homme de cœur, il a passé son enfance au Kenya, ajoutai-je, tout en conservant mon attention, à mon interlocuteur.- Qu’est-ce que tu…- Chut !!! murmurai-je, discrètement, à mon Roméo, en lui pinçant les doigts, pendant que Bertrand préparait son matériel de soins.- Passez quand vous le souhaitez, la porte de mon cabinet de soins vous sera toujours ouverte, j’ai remis à votre fiston un badge personnel du meilleur dresseur, annonça-t-il, sans apercevoir notre subterfuge.- Soit, Monsieur, nous y penserons à l’occasion, c’est vraiment très sympathique de votre part, remerciai-je, en lui adressant une poignée de main, pour annoncer notre éventuel départ.- Je m’appelle Bertrand, précisément Bertrand François MAHÉ DE LA BOURDONNAIS. Mais je vous en prie, appelez-moi Bertrand, et vous, vous êtes ?- Christine et Loïc, présentai-je, d’une voix prévenante et vigilante. Dites-moi, MAHÉ DE LA BOURDONNAIS, n’est-ce pas l’un des premiers colonisateurs de l’île, fondateur de notre belle capitale et de nos dispositifs militaires, sous le règne de Louis XV, le bien-aimé ? M’enquis-je, les mirettes ouvertes d’extase. - Oui, je suis l’un de ses arrières, arrière, mais vraiment arrière-petits-fils, m’indiqua-t-il, d’une voix teintée de fierté. Néanmoins, sachez que le véritable premier fondateur de ce splendide et fabuleux coin paradisiaque n’est autre qu’Étienne REGNAULT. Mon ancêtre l’a ensuite proclamé chef-lieu de l’île et administré le développement de ce territoire, par des ordonnances royales. Cinq siècles de générations, à porter le même nom et les mêmes prénoms de père en fils aînés, nous permettent de perpétuer la classe et les souvenirs de l’un des premiers administrateurs de l’île, par contre, il est vrai que chacun d’entre nous a choisi des domaines de prédilection professionnels bien différents, que celui de notre aïeul.- C’est chaleureux, observa mon homme, d’un ton ébahi. Et vos enfants le prennent-ils aussi bien que vous ?- C’est notre dynastie, fidèle et solidaire à la noblesse de notre grande lignée, confirma Bertrand, d’une inflexion bourgeoise. Malheureusement, je n’ai pas de descendances, du moins, pas encore et à supposer que j’aie un fils un jour, j’espère qu’il aura autant de beauté et d’intelligence que le vôtre.- Oh, j’en suis profondément émue, merci Bertrand pour cet éloge, mais voyez-vous, nous devons vous laisser à vos obligations professionnelles, tu viens Sami, Manou nous attend, lançai-je, d’un ton mélodieux, afin de dissimuler mon empressement au vétérinaire.- J’arrive, mam ! Assura-t-il, en s’éternisant à caresser les poils doux et soyeux du tigre et à lui chuchoter des choses, dont lui seul détenait le contenu. Allez, mon gros, je vais devoir m’en aller, mais tout se passera bien maintenant pour toi.- Merci, mon ami, je me sens beaucoup mieux, la douleur s’est comme on dirait volatilisée, et hop ! Plus de souffrance. Je ne t’oublierai jamais, assura l’animal, je t’appellerai… Vaillant.- Moi aussi, Brillant, je te fais une place dans mon cœur, promit mon bambin. Tu es le beau, le grand roi du Bengale et celui de mes meilleurs souvenirs.- Non, petit humain, c’est toi le roi du Bengale, rectifia le fauve. Tu as sauvé ce beau et grand Brillant, tu es par conséquent le roi du Bengale. Ce titre te revient de droit et si quelqu’un ose le contester, je le lui confirmerai ou le lui imposerai, sans hésiter.- Tes compliments me touchent prodigieusement et ta reconnaissance est digne d’un sage. Je t’emporte dans mon cœur et dans mes pensées les plus profondes, déclara Sami, les yeux noyés sous le flot de ses larmes de bonheur, de cette merveilleuse rencontre. Au revoir, Brillant ! - Au revoir, Vaillant, répondit le tigre blanc du Bengale. »Sur l’insistance suppliante, toutefois discrète, de mon regard, à l’instant où mon homme détournait l’attention du vétérinaire, par ses remerciements et ses salutations. Sami finit par obéir et nous rejoignit, sous les feulements amicaux du tigre. Nous adressâmes une sincère poignée de main à Bertrand et quittâmes ce lieu magnifique et palpitant qui me permit d’oublier, pendant plus d’une heure, la séparation inéluctable qui nous attendait…

28 Février 2016, 13:36pm

Publié par chrissou29

chrissou29:

Extrait de La Voie De L'ultime Espoir.Tome 1 Étrange Découverte Chap XXVIIIIntimité bouleversante… Lors de notre passage chez les félins, un incident inattendu se produisit et dévoila au grand jour un aspect caché des facultés de Sami. Nous en fûmes ébahies, surtout Loïc qui le découvrait. Un impressionnant tigre blanc du Bengale s’était échappé de sa cage. Il feulait de rage et menaçait de s’en prendre aux visiteurs. Pressentant une traque imminente, ses pupilles s’allumaient de méfiance et son regard scrutait la moindre ouverture qui le permettrait de s’enfuir, à travers les feuillus qui semblaient frémir de frayeur. Ses rauquements raisonnaient dans tous les recoins du jardin et attiraient inévitablement la foule. Sous les regards paniqués des promeneurs, les gardiens et le vétérinaire du parc, munis de fusils médicaux, prirent position pour lui injecter d’un tir, une dose de somnifères, afin de faciliter sa capture. Tout à coup, ému par la scène, Sami s’alarma d’un ton subtil, en se précipitant en direction de l’animal.- « Ne tirez pas ! Ne tirez pas ! Laissez-moi le ramener !- Tu es fou, mon garçon ! S’affola l’un des gardiens. Ne t’en ap-proche surtout pas ! C’est une bête sauvage en rage ! »Sans tenir compte de la mise en garde, mon gamin parvint d’une allure franche et convaincue, jusqu’au fauve. Sans retenue, les badauds poussaient des cris de frayeur. Certains se cachaient les yeux et d’autres chuchotaient des critiques, dont quelques-unes n’étaient pas agréables à entendre.- « Mais Madame, il ne faut pas le laisser faire, il agit par aveugle-ment et imprudence, m’adressa une petite vieille qui s’était aperçue de notre lien de parenté. »Une autre qui se tenait à deux rangées derrière s’époumona de re-marques dénigrantes, pour exorciser sa peur, derrière ses convictions personnelles.- « Qui est la mère de cet enfant ? Elle mériterait d’être enfermée pour non-assistance à personne en danger ! Qu’elle se montre au moins cette mère indigne. Je déposerai une plainte à la protection de l’enfance, dans les services de l’Aide Sociale à l’Enfance. Ce petit doit être placé en fa-mille d’accueil, au moins, elle saura le protéger. C’est une honte ! Qu’elle soit maudite ! »Mon petit prodige n’entendait aucune de ces réflexions. En fait, il avait communiqué avec ce félin à distance, bien avant que l’on s’en aperçût, tous en respectant les chartres ou protocoles d’approche de cet animal sauvage. Mais un lien pacifique, hors du commun, lequel je vous invite à ne pas imiter, s’était créé entre eux. Il s’assit près de son nouvel ami et encercla de ses bras la douce fourrure satinée du coup de l’animal. Simultanément, le tigre lui lécha le visage. À l’instar d’anciens camarades qui se retrouvaient quotidiennement, ils discutèrent pendant cinq minutes, sous les applaudissements d’une partie de la foule qui s’était accrue. Dépassés par la tournure et l’ampleur de l’événement, la majorité des visiteurs étaient en état de stupéfaction immobilisant, et certains individus, en admiration de ces témoignages d’affection réciproque, entre l’animal et mon chérubin. Même les gardiens n’en revenaient pas, de la dextérité de cet enfant qu’ils voyaient pour la première fois. Uniquement le vétérinaire et moi en sourîmes individuellement, sans la lueur d’une quelconque connivence. D’ailleurs, ce dernier s’approcha de mon chérubin avec précaution, pour l’interroger.- « Comment t’appelles-tu mon garçon ?- Sami, Monsieur, se présenta-t-il, les pupilles dilatées de plénitude.- Eh bien Sami, moi je me prénomme Bertrand, je souhaiterais ton aide, pour lui passer une muselière et pour lui attacher une chaîne au cou. Il est doux comme un gros chat, cependant, il reste un carnivore avant tout et il faut rassurer tout ce petit monde. Il faut les mettre hors d’atteinte d’une réaction imprévisible ou inattendue de l’animal. Qu’en penses-tu ? Sonda le vétérinaire, d’un ton tendre et convaincu.- Certainement pas ! Refusa mon fiston, d’une voix catégorique et ferme. Avec cette souffrance abominable, c’est sûr qu’il peut avoir des réactions imprévisibles et s’en prendre à n’importe quel humain, qu’il substituerait à son propre bourreau. Mais croyez-moi, si vous voulez qu’il rentre dans sa cage sans heurts, il faudrait que l’un d’entre vous s’excuse et reconnaisse ses torts, de l’avoir violemment frappé la semaine dernière. Examinez l’état de l’intérieur de sa cuisse gauche arrière ! Dénonça-t-il, en soulevant délicatement le membre blessé de l’animal. »Interloqué par la franche spontanéité de mon enfant, Bertrand prit l’initiative de vérifier ses dires. Il ausculta le félin qui, calmé par l’attention et la douceur de son jeune ami, se laissa manipuler, malgré sa douleur aiguë. Subitement, le véto se retourna vers les gardiens et d’un ton colérique, il exigea des explications, sur la provenance des blessures de son protégé.- « Que celui qui a battu cette bête se dénonce sur-le-champ ! Il n’y a pas l’ombre d’un doute, sur la provenance de cette fracture ouverte et pas soignée. Même en se cognant dans sa cage, il n’aurait pas pu se mutiler à ce point. » Face à la situation et à l’étonnement de Loïc, je n’hésitai pas à intervenir. Tout en sachant que mon bambin parlait aux animaux, mais sans en être réellement persuadée, jusqu’à présent, par manque de preuves tangibles, je feignis de ne pas comprendre ce qui se passait, pour relativiser l’événement et n’éveiller aucun soupçon.- « Qu’est-ce qui te pousse à avancer une telle accusation, mon enfant ? Lui chuchotai-je, à quelques pas du vétérinaire et de son papoune, lesquels s’étaient lancés dans une discussion, dont j’ignorai la portée.- C’est lui qui me l’a dit, divulgua Sami, de vive voix. D’ailleurs, je sais lequel d’entre eux il s’agit, par contre, j’estime qu’il est préférable et plus mature de le laisser reconnaître ses responsabilités et de les assumer. »Simultanément, l’image de mon fils babillant avec les margouillats, dans son berceau, traversa ma pensée. Je réalisai que mes impressions au sujet de ses communications transversales, avec ces petites bêtes, n’étaient peut-être pas des illusions. « Et si par malheur quelqu’un d’autre que Loïc et Bertrand avait entendu les propos de Sami, que devrais-je faire ? Examinai-je, sous l’emprise de la panique. » Un homme sur les quatre gardiens présents se dirigea vers le vétérinaire et interrompit mes rêveries. Il se livra en prétendant avoir agi en légitime défense, contre une attaque du tigre. Dans la foulée, Sami plaida, avec sagacité, en faveur de son ami.- « Vous faire du mal n’a jamais été dans son intention, déclara-t-il, avant de lever la patte droite avant du fauve qui baissa ses paupières, pour contenir sa lancination, il voulait vous montrer l’épine qui se trouvait entre son orteil. Et pour alourdir sa souffrance, c’est sur celle-là que le premier coup a été violemment infligé. Allez-y, je vous en prie, constatez-le par vous-même, si vous ne me croyez pas ! »Mon gamin qui caressait toujours le poil soyeux du torse de l’animal, pour maintenir son calme et prévoir sa réaction, fixa les iris bleus de celui-ci comme pour obtenir son accord. Le tigre poussa un doux rugissement d’approbation. Sur le moment, Sami entendit le langage de son ami, sous la forme humaine. En bon sauveteur, il nous interpréta, immédiatement, ce cri qui pour nous n’était autre que celui d’un félidé. Confus par les paroles et la diplomatie de mon fils, cet homme se pencha, simultanément aux fléchissements de Loïc, du vétérinaire et du mien, au-dessus de la patte du tigre et se rendit compte de la présence d’un énorme aiguillon, bien enfoncé, entre les orteils de l’animal. Aussitôt, Bertrand prit l’initiative de la lui ôter délicatement, avec une pince médicale de sa mallette de secours, après l’avoir localement anesthésiée. Puis, il le soigna et pansa ses blessures superficielles, mais le laissa conscient, pour pratiquer son transfert en soin intensif. Par substitution, celui-ci concéda aimablement à Sami, la possibilité d’accompagner le tigre, jusqu’à la civière portée par deux des gardiens et l’invita à l’escorter, vers son cabinet d’urgence médicale. Pendant ce temps, les autres membres du personnel dispersaient la foule, sous l’ordre de la direction du Jardin public, laquelle était tenue d’éviter de grands rassemblements de Citadins, pour tenir compte des mesures de sécurité du Plan Vigipirate, toujours actif dans l’île. À la fin des soins, les deux amis s’adressèrent de tendres adieux, tandis que le vétérinaire vint nous remercier de notre patience et de notre aide indirecte.- « Je suppose que vous êtes les parents de ce jeune prodige, déduisit-il, d’une attention admirative, je tenais à vous en féliciter. Il a un sens extraordinaire de l’observation et un professionnalisme remarquable de la psychologie animale, pour un aussi jeune enfant, mais alors vous, j’admire votre déférence indéniable à son égard. A-t-il côtoyé les animaux depuis sa tendre enfance, pour avoir un don d’apprivoisement aussi efficace et inégalable ?- Oui ! Oui ! Confirmai-je, sous les yeux figés et étonnés de mon homme de cœur, il a passé son enfance au Kenya, ajoutai-je, tout en conservant mon attention, à mon interlocuteur.- Qu’est-ce que tu…- Chut !!! murmurai-je, discrètement, à mon Roméo, en lui pinçant les doigts, pendant que Bertrand préparait son matériel de soins.- Passez quand vous le souhaitez, la porte de mon cabinet de soins vous sera toujours ouverte, j’ai remis à votre fiston un badge personnel du meilleur dresseur, annonça-t-il, sans apercevoir notre subterfuge.- Soit, Monsieur, nous y penserons à l’occasion, c’est vraiment très sympathique de votre part, remerciai-je, en lui adressant une poignée de main, pour annoncer notre éventuel départ.- Je m’appelle Bertrand, précisément Bertrand François MAHÉ DE LA BOURDONNAIS. Mais je vous en prie, appelez-moi Bertrand, et vous, vous êtes ?- Christine et Loïc, présentai-je, d’une voix prévenante et vigilante. Dites-moi, MAHÉ DE LA BOURDONNAIS, n’est-ce pas l’un des premiers colonisateurs de l’île, fondateur de notre belle capitale et de nos dispositifs militaires, sous le règne de Louis XV, le bien-aimé ? M’enquis-je, les mirettes ouvertes d’extase. - Oui, je suis l’un de ses arrières, arrière, mais vraiment arrière-petits-fils, m’indiqua-t-il, d’une voix teintée de fierté. Néanmoins, sachez que le véritable premier fondateur de ce splendide et fabuleux coin paradisiaque n’est autre qu’Étienne REGNAULT. Mon ancêtre l’a ensuite proclamé chef-lieu de l’île et administré le développement de ce territoire, par des ordonnances royales. Cinq siècles de générations, à porter le même nom et les mêmes prénoms de père en fils aînés, nous permettent de perpétuer la classe et les souvenirs de l’un des premiers administrateurs de l’île, par contre, il est vrai que chacun d’entre nous a choisi des domaines de prédilection professionnels bien différents, que celui de notre aïeul.- C’est chaleureux, observa mon homme, d’un ton ébahi. Et vos enfants le prennent-ils aussi bien que vous ?- C’est notre dynastie, fidèle et solidaire à la noblesse de notre grande lignée, confirma Bertrand, d’une inflexion bourgeoise. Malheureusement, je n’ai pas de descendances, du moins, pas encore et à supposer que j’aie un fils un jour, j’espère qu’il aura autant de beauté et d’intelligence que le vôtre.- Oh, j’en suis profondément émue, merci Bertrand pour cet éloge, mais voyez-vous, nous devons vous laisser à vos obligations professionnelles, tu viens Sami, Manou nous attend, lançai-je, d’un ton mélodieux, afin de dissimuler mon empressement au vétérinaire.- J’arrive, mam ! Assura-t-il, en s’éternisant à caresser les poils doux et soyeux du tigre et à lui chuchoter des choses, dont lui seul détenait le contenu. Allez, mon gros, je vais devoir m’en aller, mais tout se passera bien maintenant pour toi.- Merci, mon ami, je me sens beaucoup mieux, la douleur s’est comme on dirait volatilisée, et hop ! Plus de souffrance. Je ne t’oublierai jamais, assura l’animal, je t’appellerai… Vaillant.- Moi aussi, Brillant, je te fais une place dans mon cœur, promit mon bambin. Tu es le beau, le grand roi du Bengale et celui de mes meilleurs souvenirs.- Non, petit humain, c’est toi le roi du Bengale, rectifia le fauve. Tu as sauvé ce beau et grand Brillant, tu es par conséquent le roi du Bengale. Ce titre te revient de droit et si quelqu’un ose le contester, je le lui confirmerai ou le lui imposerai, sans hésiter.- Tes compliments me touchent prodigieusement et ta reconnaissance est digne d’un sage. Je t’emporte dans mon cœur et dans mes pensées les plus profondes, déclara Sami, les yeux noyés sous le flot de ses larmes de bonheur, de cette merveilleuse rencontre. Au revoir, Brillant ! - Au revoir, Vaillant, répondit le tigre blanc du Bengale. »Sur l’insistance suppliante, toutefois discrète, de mon regard, à l’instant où mon homme détournait l’attention du vétérinaire, par ses remerciements et ses salutations. Sami finit par obéir et nous rejoignit, sous les feulements amicaux du tigre. Nous adressâmes une sincère poignée de main à Bertrand et quittâmes ce lieu magnifique et palpitant qui me permit d’oublier, pendant plus d’une heure, la séparation inéluctable qui nous attendait…

chrissou29:

Extrait de La Voie De L'ultime Espoir.
Tome 1 Étrange Découverte

Chap XXVIII

Intimité bouleversante

… Lors de notre passage chez les félins, un incident inattendu se produisit et dévoila au grand jour un aspect caché des facultés de Sami. Nous en fûmes ébahies, surtout Loïc qui le découvrait. Un impressionnant tigre blanc du Bengale s’était échappé de sa cage. Il feulait de rage et menaçait de s’en prendre aux visiteurs. Pressentant une traque imminente, ses pupilles s’allumaient de méfiance et son regard scrutait la moindre ouverture qui le permettrait de s’enfuir, à travers les feuillus qui semblaient frémir de frayeur. Ses rauquements raisonnaient dans tous les recoins du jardin et attiraient inévitablement la foule. Sous les regards paniqués des promeneurs, les gardiens et le vétérinaire du parc, munis de fusils médicaux, prirent position pour lui injecter d’un tir, une dose de somnifères, afin de faciliter sa capture. Tout à coup, ému par la scène, Sami s’alarma d’un ton subtil, en se précipitant en direction de l’animal.
- « Ne tirez pas ! Ne tirez pas ! Laissez-moi le ramener !
- Tu es fou, mon garçon ! S’affola l’un des gardiens. Ne t’en ap-proche surtout pas ! C’est une bête sauvage en rage ! »
Sans tenir compte de la mise en garde, mon gamin parvint d’une allure franche et convaincue, jusqu’au fauve. Sans retenue, les badauds poussaient des cris de frayeur. Certains se cachaient les yeux et d’autres chuchotaient des critiques, dont quelques-unes n’étaient pas agréables à entendre.
- « Mais Madame, il ne faut pas le laisser faire, il agit par aveugle-ment et imprudence, m’adressa une petite vieille qui s’était aperçue de notre lien de parenté. »
Une autre qui se tenait à deux rangées derrière s’époumona de re-marques dénigrantes, pour exorciser sa peur, derrière ses convictions personnelles.
- « Qui est la mère de cet enfant ? Elle mériterait d’être enfermée pour non-assistance à personne en danger ! Qu’elle se montre au moins cette mère indigne. Je déposerai une plainte à la protection de l’enfance, dans les services de l’Aide Sociale à l’Enfance. Ce petit doit être placé en fa-mille d’accueil, au moins, elle saura le protéger. C’est une honte ! Qu’elle soit maudite ! »
Mon petit prodige n’entendait aucune de ces réflexions. En fait, il avait communiqué avec ce félin à distance, bien avant que l’on s’en aperçût, tous en respectant les chartres ou protocoles d’approche de cet animal sauvage. Mais un lien pacifique, hors du commun, lequel je vous invite à ne pas imiter, s’était créé entre eux. Il s’assit près de son nouvel ami et encercla de ses bras la douce fourrure satinée du coup de l’animal. Simultanément, le tigre lui lécha le visage. À l’instar d’anciens camarades qui se retrouvaient quotidiennement, ils discutèrent pendant cinq minutes, sous les applaudissements d’une partie de la foule qui s’était accrue. Dépassés par la tournure et l’ampleur de l’événement, la majorité des visiteurs étaient en état de stupéfaction immobilisant, et certains individus, en admiration de ces témoignages d’affection réciproque, entre l’animal et mon chérubin. Même les gardiens n’en revenaient pas, de la dextérité de cet enfant qu’ils voyaient pour la première fois. Uniquement le vétérinaire et moi en sourîmes individuellement, sans la lueur d’une quelconque connivence. D’ailleurs, ce dernier s’approcha de mon chérubin avec précaution, pour l’interroger.
- « Comment t’appelles-tu mon garçon ?
- Sami, Monsieur, se présenta-t-il, les pupilles dilatées de plénitude.
- Eh bien Sami, moi je me prénomme Bertrand, je souhaiterais ton aide, pour lui passer une muselière et pour lui attacher une chaîne au cou. Il est doux comme un gros chat, cependant, il reste un carnivore avant tout et il faut rassurer tout ce petit monde. Il faut les mettre hors d’atteinte d’une réaction imprévisible ou inattendue de l’animal. Qu’en penses-tu ? Sonda le vétérinaire, d’un ton tendre et convaincu.
- Certainement pas ! Refusa mon fiston, d’une voix catégorique et ferme. Avec cette souffrance abominable, c’est sûr qu’il peut avoir des réactions imprévisibles et s’en prendre à n’importe quel humain, qu’il substituerait à son propre bourreau. Mais croyez-moi, si vous voulez qu’il rentre dans sa cage sans heurts, il faudrait que l’un d’entre vous s’excuse et reconnaisse ses torts, de l’avoir violemment frappé la semaine dernière. Examinez l’état de l’intérieur de sa cuisse gauche arrière ! Dénonça-t-il, en soulevant délicatement le membre blessé de l’animal. »
Interloqué par la franche spontanéité de mon enfant, Bertrand prit l’initiative de vérifier ses dires. Il ausculta le félin qui, calmé par l’attention et la douceur de son jeune ami, se laissa manipuler, malgré sa douleur aiguë. Subitement, le véto se retourna vers les gardiens et d’un ton colérique, il exigea des explications, sur la provenance des blessures de son protégé.
- « Que celui qui a battu cette bête se dénonce sur-le-champ ! Il n’y a pas l’ombre d’un doute, sur la provenance de cette fracture ouverte et pas soignée. Même en se cognant dans sa cage, il n’aurait pas pu se mutiler à ce point. »
Face à la situation et à l’étonnement de Loïc, je n’hésitai pas à intervenir. Tout en sachant que mon bambin parlait aux animaux, mais sans en être réellement persuadée, jusqu’à présent, par manque de preuves tangibles, je feignis de ne pas comprendre ce qui se passait, pour relativiser l’événement et n’éveiller aucun soupçon.
- « Qu’est-ce qui te pousse à avancer une telle accusation, mon enfant ? Lui chuchotai-je, à quelques pas du vétérinaire et de son papoune, lesquels s’étaient lancés dans une discussion, dont j’ignorai la portée.
- C’est lui qui me l’a dit, divulgua Sami, de vive voix. D’ailleurs, je sais lequel d’entre eux il s’agit, par contre, j’estime qu’il est préférable et plus mature de le laisser reconnaître ses responsabilités et de les assumer. »
Simultanément, l’image de mon fils babillant avec les margouillats, dans son berceau, traversa ma pensée. Je réalisai que mes impressions au sujet de ses communications transversales, avec ces petites bêtes, n’étaient peut-être pas des illusions. « Et si par malheur quelqu’un d’autre que Loïc et Bertrand avait entendu les propos de Sami, que devrais-je faire ? Examinai-je, sous l’emprise de la panique. » Un homme sur les quatre gardiens présents se dirigea vers le vétérinaire et interrompit mes rêveries. Il se livra en prétendant avoir agi en légitime défense, contre une attaque du tigre. Dans la foulée, Sami plaida, avec sagacité, en faveur de son ami.
- « Vous faire du mal n’a jamais été dans son intention, déclara-t-il, avant de lever la patte droite avant du fauve qui baissa ses paupières, pour contenir sa lancination, il voulait vous montrer l’épine qui se trouvait entre son orteil. Et pour alourdir sa souffrance, c’est sur celle-là que le premier coup a été violemment infligé. Allez-y, je vous en prie, constatez-le par vous-même, si vous ne me croyez pas ! »
Mon gamin qui caressait toujours le poil soyeux du torse de l’animal, pour maintenir son calme et prévoir sa réaction, fixa les iris bleus de celui-ci comme pour obtenir son accord. Le tigre poussa un doux rugissement d’approbation. Sur le moment, Sami entendit le langage de son ami, sous la forme humaine. En bon sauveteur, il nous interpréta, immédiatement, ce cri qui pour nous n’était autre que celui d’un félidé. Confus par les paroles et la diplomatie de mon fils, cet homme se pencha, simultanément aux fléchissements de Loïc, du vétérinaire et du mien, au-dessus de la patte du tigre et se rendit compte de la présence d’un énorme aiguillon, bien enfoncé, entre les orteils de l’animal. Aussitôt, Bertrand prit l’initiative de la lui ôter délicatement, avec une pince médicale de sa mallette de secours, après l’avoir localement anesthésiée. Puis, il le soigna et pansa ses blessures superficielles, mais le laissa conscient, pour pratiquer son transfert en soin intensif. Par substitution, celui-ci concéda aimablement à Sami, la possibilité d’accompagner le tigre, jusqu’à la civière portée par deux des gardiens et l’invita à l’escorter, vers son cabinet d’urgence médicale. Pendant ce temps, les autres membres du personnel dispersaient la foule, sous l’ordre de la direction du Jardin public, laquelle était tenue d’éviter de grands rassemblements de Citadins, pour tenir compte des mesures de sécurité du Plan Vigipirate, toujours actif dans l’île. À la fin des soins, les deux amis s’adressèrent de tendres adieux, tandis que le vétérinaire vint nous remercier de notre patience et de notre aide indirecte.
- « Je suppose que vous êtes les parents de ce jeune prodige, déduisit-il, d’une attention admirative, je tenais à vous en féliciter. Il a un sens extraordinaire de l’observation et un professionnalisme remarquable de la psychologie animale, pour un aussi jeune enfant, mais alors vous, j’admire votre déférence indéniable à son égard. A-t-il côtoyé les animaux depuis sa tendre enfance, pour avoir un don d’apprivoisement aussi efficace et inégalable ?
- Oui ! Oui ! Confirmai-je, sous les yeux figés et étonnés de mon homme de cœur, il a passé son enfance au Kenya, ajoutai-je, tout en conservant mon attention, à mon interlocuteur.
- Qu’est-ce que tu…
- Chut !!! murmurai-je, discrètement, à mon Roméo, en lui pinçant les doigts, pendant que Bertrand préparait son matériel de soins.
- Passez quand vous le souhaitez, la porte de mon cabinet de soins vous sera toujours ouverte, j’ai remis à votre fiston un badge personnel du meilleur dresseur, annonça-t-il, sans apercevoir notre subterfuge.
- Soit, Monsieur, nous y penserons à l’occasion, c’est vraiment très sympathique de votre part, remerciai-je, en lui adressant une poignée de main, pour annoncer notre éventuel départ.
- Je m’appelle Bertrand, précisément Bertrand François MAHÉ DE LA BOURDONNAIS. Mais je vous en prie, appelez-moi Bertrand, et vous, vous êtes ?
- Christine et Loïc, présentai-je, d’une voix prévenante et vigilante. Dites-moi, MAHÉ DE LA BOURDONNAIS, n’est-ce pas l’un des premiers colonisateurs de l’île, fondateur de notre belle capitale et de nos dispositifs militaires, sous le règne de Louis XV, le bien-aimé ? M’enquis-je, les mirettes ouvertes d’extase.
- Oui, je suis l’un de ses arrières, arrière, mais vraiment arrière-petits-fils, m’indiqua-t-il, d’une voix teintée de fierté. Néanmoins, sachez que le véritable premier fondateur de ce splendide et fabuleux coin paradisiaque n’est autre qu’Étienne REGNAULT. Mon ancêtre l’a ensuite proclamé chef-lieu de l’île et administré le développement de ce territoire, par des ordonnances royales. Cinq siècles de générations, à porter le même nom et les mêmes prénoms de père en fils aînés, nous permettent de perpétuer la classe et les souvenirs de l’un des premiers administrateurs de l’île, par contre, il est vrai que chacun d’entre nous a choisi des domaines de prédilection professionnels bien différents, que celui de notre aïeul.
- C’est chaleureux, observa mon homme, d’un ton ébahi. Et vos enfants le prennent-ils aussi bien que vous ?
- C’est notre dynastie, fidèle et solidaire à la noblesse de notre grande lignée, confirma Bertrand, d’une inflexion bourgeoise. Malheureusement, je n’ai pas de descendances, du moins, pas encore et à supposer que j’aie un fils un jour, j’espère qu’il aura autant de beauté et d’intelligence que le vôtre.
- Oh, j’en suis profondément émue, merci Bertrand pour cet éloge, mais voyez-vous, nous devons vous laisser à vos obligations professionnelles, tu viens Sami, Manou nous attend, lançai-je, d’un ton mélodieux, afin de dissimuler mon empressement au vétérinaire.
- J’arrive, mam ! Assura-t-il, en s’éternisant à caresser les poils doux et soyeux du tigre et à lui chuchoter des choses, dont lui seul détenait le contenu. Allez, mon gros, je vais devoir m’en aller, mais tout se passera bien maintenant pour toi.
- Merci, mon ami, je me sens beaucoup mieux, la douleur s’est comme on dirait volatilisée, et hop ! Plus de souffrance. Je ne t’oublierai jamais, assura l’animal, je t’appellerai… Vaillant.
- Moi aussi, Brillant, je te fais une place dans mon cœur, promit mon bambin. Tu es le beau, le grand roi du Bengale et celui de mes meilleurs souvenirs.
- Non, petit humain, c’est toi le roi du Bengale, rectifia le fauve. Tu as sauvé ce beau et grand Brillant, tu es par conséquent le roi du Bengale. Ce titre te revient de droit et si quelqu’un ose le contester, je le lui confirmerai ou le lui imposerai, sans hésiter.
- Tes compliments me touchent prodigieusement et ta reconnaissance est digne d’un sage. Je t’emporte dans mon cœur et dans mes pensées les plus profondes, déclara Sami, les yeux noyés sous le flot de ses larmes de bonheur, de cette merveilleuse rencontre. Au revoir, Brillant !
- Au revoir, Vaillant, répondit le tigre blanc du Bengale. »
Sur l’insistance suppliante, toutefois discrète, de mon regard, à l’instant où mon homme détournait l’attention du vétérinaire, par ses remerciements et ses salutations. Sami finit par obéir et nous rejoignit, sous les feulements amicaux du tigre. Nous adressâmes une sincère poignée de main à Bertrand et quittâmes ce lieu magnifique et palpitant qui me permit d’oublier, pendant plus d’une heure, la séparation inéluctable qui nous attendait…

📷 chrissou29: LES ANIMAUX SONT NOS AMIS Les...

26 Février 2016, 21:36pm

Publié par Chris SAVIGNAN

chrissou29: LES ANIMAUX SONT NOS AMIS Les animaux sont nos amis, certes que oui, mais cela n’exclut en rien les protocoles d’approche, dont la prudence avec les bêtes sauvages et domestiques. Dans la chaîne alimentaire de certains animaux sauvages, nous y sommes. Chris Savignan Auteure Ce principe est rappelé dans mes œuvres dont voici un extrait du tome 1 de La Voie De L’ultime Espoir : Étrange Découverte. De Savignan Chris Auteure. Copyright.  Contexte historique XXXIIIe siècle Chap. XXIX Manou La Mystérieuse. Une fois à bord, nous voguâmes vers le grand large, le cap en direction du paquebot de croisière. Le chalutier Palace était un de ces bateaux mythes qui fleurent bon le teck. Entièrement rénové, un doux parfum boisé exotique s’était substitué à son odeur saumurée qui était un signe distinctif des années de pêches vigoureuses. Ses flancs épais à vertèbres de tamarin étaient recouverts d’une peinture bleue outre-mer et offraient une robustesse sécurisante à l’ensemble du vaisseau. Avec une vitesse de 10 nœuds, il avançait avec diligence et affrontait, majestueusement, les lames de fond, en s’élevant gracieusement, telle une mouette qui s’élève vers les cieux, avant de rebondir, lestement, sur les flots moutonneux de la grande bleue. Au milieu du pont se dressaient deux roufs à claire voie rectangulaire qui abritaient la salle des commandes pour l’un et une cabine de couchage pour l’autre. Au-dessus des roufs se dressait un mât qui supportait quatre magnifiques drapeaux, flottant à l’unisson, celui de l’Europe, de la France, de la Réunion et de la Bretagne. Dans l’antre de la timonerie, je discutais avec le capitaine PALACE, pour fuir mes pensées destructrices, liées à ma séparation, à l’heure où Katel, non pas Sami, se promenait sur le pont faiblement éclairé. Cet homme d’une soixantaine d’années et d’une forte corpulence centrée sur le ventre portait des rides, d’une existence rude et marquée par des souvenirs de guerre sanglante. Derrière son apparence rustre se cachait un être sensible et expressif, dont les manies, les iris bleu cendré, la barbe et la moustache blanche de sagesse trahissaient. Sous son caban bleu nuit, il était vêtu d’un chandail uni marron et d’un pantalon de marin noir. Sa casquette d’officier de Marine dissimulait, en partie, sa chevelure grisonnante et soyeuse qui retombait sur sa nuque, brûlée par le soleil. -  « Dites-moi, mon Capitaine, pourriez-vous m’estimer le temps que mettra le GLOBE TROTTEUR pour arriver à Brest ? Me renseignai-je, d’un ton convivial. -  À l’allure d’un paquebot de croisière qui prend le temps de vivre, en fonction de son programme de destinations, annonça-t-il, avec nonchalance. -  Pourriez-vous être un peu plus précis ? Voulus-je, d’une intonation affable. -  Pour être un peu plus précis, il faut compter aux minimums trois mois, chiffra-t-il, d’une voix caverneuse. -  Trois mois ! M’exclamai-je, d’un air sidéré, tout en doutant de son estimation. Mais qu’allons-nous pouvoir bien faire durant trois mois ? -  Voyez-vous donc, ce n’est rien du tout, trois mois, ma p’tite dame, rien, comparer aux temps qu’ont mis les ingénieurs de l’espace, pour achever leur dernière station orbitale climatologique qui sauvera la planète. Si j’ai bien compris, c’est votre vie et celle de votre fils qui sont en jeu aujourd’hui, alors, s’il vous plaît, sauvegardez-la, en profitant du confort du voyage. Savourez l’intégralité de ce qui se présente, dans votre vie et sur votre chemin, dites-vous que ce sont des vacances, conseilla-t-il, d’un ton dynamique. Vous êtes jeune, vous êtes jolie, profitez de ces atouts, pour vous distraire ! Cela vous aidera à tourner une page sur le passé. -  Vous avez certainement raison, Monsieur le Capitaine, je vais utiliser mes atouts existentiels et physiques, et cesser d’appréhender l’avenir. » Les paroles de ce vieil homme me rappelèrent ceux de Manou. C’était à croire que, malgré la distance, elle agissait toujours, sur tout ce qui m’entourait, pour guider mes pensées et orienter mes choix. De la position où se trouvait Katel, le clair de lune nous permettait d’observer tous ses gestes, à travers l’immense claire-voie de direction. Il faisait doux et il s’attardait sur le pont, pour observer la mer, une couette sur ses épaules. Soudain, il la jeta à tribord et remua des babines, en levant son bras droit vers le ciel. Puis, il se mit à gigoter dans tous les sens, comme si qu’il s’amusait avec quelqu’un. Le capitaine s’en aperçut. Sa majestueuse moustache et son imposante barbe s’étirèrent de part et d’autre de ses oreilles prédominantes, cachant ainsi le large sourire qui errait sur ses lèvres. -  « Ce sont des idées qui se recoupent, un comédien peut avoir une âme de poète et un poète un esprit d’acteur, précisa René PALACE. C’est ce que l’on appelle avoir la fibre d’artiste. Après, chacun adhère à l’école qui correspond le plus à sa personnalité. -  Là, vous montez intégralement dans mon estime, Monsieur le Capitaine. Aussi, je vous avoue que cela vaut une place dans mon cœur, observai-je, le regard rutilant de satisfaction. -  Bien ! À présent, je vais pouvoir m’octroyer une petite sieste méritée d’un quart d’heure, dévia-t-il, d’un air embarrassé. La mer est calme, le radar de contrôle n’indique aucun obstacle, vers une surface de dix kilomètres de circonférence, donc, le bateau s’en sortira en pilotage automatique. -  Alors, bonne sieste, Monsieur le Capitaine ! -  Merci, ma p’tite dame, je vous laisse, vous êtes la seule maîtresse à bord, pendant mon assoupissement, prôna fièrement le capitaine PALACE, en s’éloignant. Moussaillon ! Ouvrez l’œil et surtout, avertissez-moi de tout imprévu ! -  Ordonna-t-il, d’un ton théâtral. -  À vos ordres mon capitaine, mimai-je, tel un vrai matelot. » Il alla se reposer et moi, je rejoignis mon bambin sur le pont. Une immonde puanteur infecte me rappela celle de Justin, dans mon duplex. Avant de répudier toute justification de mon p’tit loup, cette odeur éveilla également mon souvenir des conseils de Manou, sur la confiance à accorder aux propos de mon fils.   -  « Que fais-tu seul sur ce pont mon cœur ? Demandai-je, en pressentant sa réponse. -  J’expliquais à Justin les mystères de nos constellations et à cet instant précis, je lui situais l’emplacement de “la Grande Ourseˮ et de “la Petite Ourseˮ, indiqua-t-il, l’attention braquée vers le ciel. -  Justin ! J’étais certaine qu’il s’agissait de lui, si je l’avais parié, je l’aurais gagné, avouai-je, d’un ton jovial. Et il ne veut toujours pas se montrer ! -  Ce n’est plus qu’une question de temps et de prudence, qu’il me charge de te dire, annonça-t-il, d’une gaieté communicative, sur les rives de sa bou-che. -  Il te charge ! Comment ça, il te charge ! Tombai-je de la lune. Serait-il encore ici ? -  Oui, mam, il se tient juste à côté de toi, à ta droite, précisa Katel, d’un air et d’un ton malicieux. » Je lançai un regard sur ma droite, mais je ne perçus rien. Je continuai mon inspection, en faisant un tour sur moi-même. -  « Où est-il ? Je ne ressens la présence de personnes ! Remarquai-je, dans l’élan de ma pirouette. -  Il t’est impossible de le percevoir ni de le voir sans son accord, rappela mon chérubin, d’une voix enjouée. Et je ne crois pas que ce soit l’endroit et le moment où il se manifestera. -  Eh bien tant pis ! Lorsqu’il sera décidé, il me fera signe, je compte sur lui, conclus-je, sans grande conviction, d’une quelconque présence. » Soudain, une trombe d’eau s’abattit sur nos têtes. -  « Oh ! M’écriai-je, d’un air surpris et en me rapprochant du bord du chalutier. » Une baleine à bosse avait surgi à la surface de l’océan, à notre insu, et par un magistral mouvement de sa nageoire caudale, avait soulevé des mètres cubes d’eau, lesquels inondèrent le bâbord du chalutier où nous nous tenions. Puis, elle accosta celui-ci et nous fixa de ses pupilles rondes et mystérieuses. Trempée de la tête aux pieds et frigorifiée par la fraîche température de l’eau, j’essuyai mes yeux, afin d’observer ce mammifère. -  « Oh la vilaine ! Maugréai-je, d’un ton surpris et les prunelles ouvertes de stupéfaction. -  Elle n’est pas vilaine, mam, elle nous salut à sa façon, rectifia aussitôt mon fiston, sa vigilance pointée sur le mammifère. C’est notre belle amie, Écume de l’Espérance, me dit Justin, elle est venue nous présenter ses révérences. -  Écume de l’Espérance ! Dis-moi, mon cœur, de quoi ou de qui parles-tu ? Questionnai-je, la conscience déconcentrée, par l’incommodité de mes vêtements mouillés. -  De la baleine, mam, c’est son magnifique prénom, informa-t-il, c’est elle qui a permis à Ti’zan, de se rendre en Bretagne. -  Bien ! Je vais m’asseoir à côté de toi et tu vas m’éclaircir toute cette histoire. » Mon chérubin me fit une petite place près de lui et me conta les aventures de Ti’zan, Grandiab* et la jubarte. Je fus émerveillée par son récit, mais également par ses talents de conteur. Écume de l’Espérance poussait de petits grognements, d’un son à multiple variation, comme pour confirmer les propos de celui-ci. -  « C’est un conte extraordinaire et fabuleux ! M’émerveillai-je, le visage empreint d’éblouissement. Il me tarde vraiment de rencontrer celui qui te l’a raconté, observai-je, en me levant. Et c’est vraiment regrettant pour la nature que les animaux sauvages aient ce comportement aussi familiarisé. Ils se mettent en danger, de trop faire confiance à l’homme. -  Elle le sait, mam, elle a appris à reconnaître les Barbares, depuis l’histoire des massacres de leur banc et de la cruauté, contre tous les autres animaux. Et le comble de l’être humain, à l’exception d’une minorité, a été et sera regrettablement, de toujours braver les interdits et de défier tout protocole et chartre d’approche et de sécurité, de tout animal sauvage. L’argent, la faim et la méchanceté gratuite justifient les moyens, depuis des siècles. Je crains même que les luttes acharnées contre ces comportements criminels ne puissent toujours avoir de bonnes raisons d’exister et d’agir, surtout à notre époque, vu que l’on a laissé l’évolution du genre humain se détériorer davantage et les corrompus avoir gain de cause. Mais les péripéties de Ti’zan sont des histoires qui se sont réellement déroulées, tu sais. D’ailleurs deux des acteurs principaux sont là, insista-t-il, en fixant Justin qui lui faisait non, par un mouvement de la tête. Malheureusement, je crains que celui-ci ne soit toujours pas près, pour se dévoiler à quelqu’un d’autre que moi. -  Qu’à cela ne tienne ! Fidèle à ce que je t’ai dit, tout à l’heure, je prendrais mon mal en patience ! Justin décidera de lui-même, lorsqu’il souhaitera tranquillement pointer son bout de nez ! Amuse-toi bien mon chaton, mais ne tarde pas à te couvrir et pense à t’assoupir, avant le lever du soleil ! Néanmoins, sache que la douceur comme la violence n’a pas eu gain de cause, dans la lutte contre la violence, envers les animaux, pas plus que dans celle envers les humains. Cependant, l’abandon n’en a jamais eu non plus, et cela, il faut le perpétuer et résister, coûte que coûte, à toute épreuve décourageante, jusqu’à la victoire de l’amour de notre biodiversité, dans notre écosystème. Les petits triomphes dispersés, durant les deux siècles derniers, sont nos étincelles d’espoir. -  Oui, mam ! Consentit-il, d’un ton empreint de sagesse. » Sur ces mots, je gagnai la cabine pour me changer et me reposer. À peine eus-je le dos tourné que Socrate débarqua du fin fond de l’obscurité. RHcm9{BQOMJ

26 Février 2016, 21:36pm

Publié par chrissou29

chrissou29:

LES ANIMAUX SONT NOS AMIS
Les animaux sont
nos amis, certes que oui, mais cela n’exclut en rien les protocoles d’approche,
dont la prudence avec les bêtes sauvages et domestiques. Dans la chaîne
alimentaire de certains animaux sauvages, nous y sommes. Chris Savignan Auteure

Ce principe est rappelé dans mes œuvres dont voici un extrait du tome 1 de
La Voie De L’ultime Espoir : Étrange Découverte. De Savignan Chris
Auteure. Copyright. 
Contexte
historique XXXIIIe siècle
Chap. XXIX
Manou La
Mystérieuse.
Une fois à bord,
nous voguâmes vers le grand large, le cap en direction du paquebot de
croisière. Le chalutier Palace était un de ces bateaux mythes qui fleurent bon
le teck. Entièrement rénové, un doux parfum boisé exotique s’était substitué à
son odeur saumurée qui était un signe distinctif des années de pêches
vigoureuses. Ses flancs épais à vertèbres de tamarin étaient recouverts d’une
peinture bleue outre-mer et offraient une robustesse sécurisante à l’ensemble
du vaisseau. Avec une vitesse de 10 nœuds, il avançait avec diligence et
affrontait, majestueusement, les lames de fond, en s’élevant gracieusement,
telle une mouette qui s’élève vers les cieux, avant de rebondir, lestement, sur
les flots moutonneux de la grande bleue. Au milieu du pont se dressaient deux
roufs à claire voie rectangulaire qui abritaient la salle des commandes pour
l’un et une cabine de couchage pour l’autre. Au-dessus des roufs se dressait un
mât qui supportait quatre magnifiques drapeaux, flottant à l’unisson, celui de
l’Europe, de la France, de la Réunion et de la Bretagne. Dans l’antre de la
timonerie, je discutais avec le capitaine PALACE, pour fuir mes pensées destructrices,
liées à ma séparation, à l’heure où Katel, non pas Sami, se promenait sur le
pont faiblement éclairé. Cet homme d’une soixantaine d’années et d’une forte
corpulence centrée sur le ventre portait des rides, d’une existence rude et
marquée par des souvenirs de guerre sanglante. Derrière son apparence rustre se
cachait un être sensible et expressif, dont les manies, les iris bleu cendré,
la barbe et la moustache blanche de sagesse trahissaient. Sous son caban bleu
nuit, il était vêtu d’un chandail uni marron et d’un pantalon de marin noir. Sa
casquette d’officier de Marine dissimulait, en partie, sa chevelure grisonnante
et soyeuse qui retombait sur sa nuque, brûlée par le soleil.
-  « Dites-moi,
mon Capitaine, pourriez-vous m’estimer le temps que mettra le GLOBE TROTTEUR
pour arriver à Brest ? Me renseignai-je, d’un ton convivial.
-  À l’allure d’un
paquebot de croisière qui prend le temps de vivre, en fonction de son programme
de destinations, annonça-t-il, avec nonchalance. 
-  Pourriez-vous être
un peu plus précis ? Voulus-je, d’une intonation affable.
-  Pour être un peu
plus précis, il faut compter aux minimums trois mois, chiffra-t-il,
d’une voix caverneuse.
-  Trois mois !
M’exclamai-je, d’un air sidéré, tout en doutant de son estimation. Mais
qu’allons-nous pouvoir bien faire durant trois mois ?
-  Voyez-vous donc,
ce n’est rien du tout, trois mois, ma p’tite dame, rien, comparer aux temps
qu’ont mis les ingénieurs de l’espace, pour achever leur dernière station
orbitale climatologique qui sauvera la planète. Si j’ai bien compris, c’est
votre vie et celle de votre fils qui sont en jeu aujourd’hui, alors, s’il vous
plaît, sauvegardez-la, en profitant du confort du voyage. Savourez
l’intégralité de ce qui se présente, dans votre vie et sur votre chemin,
dites-vous que ce sont des vacances, conseilla-t-il, d’un ton dynamique. Vous
êtes jeune, vous êtes jolie, profitez de ces atouts, pour vous distraire !
Cela vous aidera à tourner une page sur le passé.
-  Vous avez
certainement raison, Monsieur le Capitaine, je vais utiliser mes atouts
existentiels et physiques, et cesser d’appréhender l’avenir. »
Les paroles de ce
vieil homme me rappelèrent ceux de Manou. C’était à croire que, malgré la
distance, elle agissait toujours, sur tout ce qui m’entourait, pour guider mes
pensées et orienter mes choix. De la position où se trouvait Katel, le clair de
lune nous permettait d’observer tous ses gestes, à travers l’immense
claire-voie de direction. Il faisait doux et il s’attardait sur le pont, pour
observer la mer, une couette sur ses épaules. Soudain, il la jeta à tribord et
remua des babines, en levant son bras droit vers le ciel. Puis, il se mit à
gigoter dans tous les sens, comme si qu’il s’amusait avec quelqu’un. Le
capitaine s’en aperçut. Sa majestueuse moustache et son imposante barbe
s’étirèrent de part et d’autre de ses oreilles prédominantes, cachant ainsi le
large sourire qui errait sur ses lèvres.
-  « Ce sont des
idées qui se recoupent, un comédien peut avoir une âme de poète et un poète un
esprit d’acteur, précisa René PALACE. C’est ce que l’on appelle avoir la fibre
d’artiste. Après, chacun adhère à l’école qui correspond le plus à sa
personnalité.
-  Là, vous montez
intégralement dans mon estime, Monsieur le Capitaine. Aussi, je vous avoue que
cela vaut une place dans mon cœur, observai-je, le regard rutilant de
satisfaction.
-  Bien ! À
présent, je vais pouvoir m’octroyer une petite sieste méritée d’un quart
d’heure, dévia-t-il, d’un air embarrassé. La mer est calme, le radar de
contrôle n’indique aucun obstacle, vers une surface de dix kilomètres de circonférence,
donc, le bateau s’en sortira en pilotage automatique. 
-  Alors, bonne
sieste, Monsieur le Capitaine !
-  Merci, ma p’tite
dame, je vous laisse, vous êtes la seule maîtresse à bord, pendant mon
assoupissement, prôna fièrement le capitaine PALACE, en s’éloignant.
Moussaillon ! Ouvrez l’œil et surtout, avertissez-moi de tout imprévu !

-  Ordonna-t-il, d’un
ton théâtral.
-  À vos ordres mon
capitaine, mimai-je, tel un vrai matelot. »
Il alla se reposer
et moi, je rejoignis mon bambin sur le pont. Une immonde puanteur infecte me
rappela celle de Justin, dans mon duplex. Avant de répudier toute justification
de mon p’tit loup, cette odeur éveilla également mon souvenir des conseils de
Manou, sur la confiance à accorder aux propos de mon fils.  
-  « Que fais-tu
seul sur ce pont mon cœur ? Demandai-je, en pressentant sa réponse.
-  J’expliquais à
Justin les mystères de nos constellations et à cet instant précis, je lui
situais l’emplacement de “la Grande Ourseˮ et de “la Petite Ourseˮ,
indiqua-t-il, l’attention braquée vers le ciel.
-  Justin !
J’étais certaine qu’il s’agissait de lui, si je l’avais parié, je l’aurais
gagné, avouai-je, d’un ton jovial. Et il ne veut toujours pas se montrer !
-  Ce n’est plus
qu’une question de temps et de prudence, qu’il me charge de te dire,
annonça-t-il, d’une gaieté communicative, sur les rives de sa bou-che.
-  Il te charge !
Comment ça, il te charge ! Tombai-je de la lune. Serait-il encore ici ?
-  Oui, mam, il se
tient juste à côté de toi, à ta droite, précisa Katel, d’un air et d’un ton
malicieux. »
Je lançai un
regard sur ma droite, mais je ne perçus rien. Je continuai mon inspection, en
faisant un tour sur moi-même.
-  « Où est-il ?
Je ne ressens la présence de personnes ! Remarquai-je, dans l’élan de ma
pirouette.
-  Il t’est
impossible de le percevoir ni de le voir sans son accord, rappela mon chérubin,
d’une voix enjouée. Et je ne crois pas que ce soit l’endroit et le moment où il
se manifestera.
-  Eh bien tant pis !
Lorsqu’il sera décidé, il me fera signe, je compte sur lui, conclus-je, sans
grande conviction, d’une quelconque présence. »
Soudain, une
trombe d’eau s’abattit sur nos têtes.
-  « Oh !
M’écriai-je, d’un air surpris et en me rapprochant du bord du chalutier. »
Une baleine à
bosse avait surgi à la surface de l’océan, à notre insu, et par un magistral
mouvement de sa nageoire caudale, avait soulevé des mètres cubes d’eau,
lesquels inondèrent le bâbord du chalutier où nous nous tenions. Puis, elle
accosta celui-ci et nous fixa de ses pupilles rondes et mystérieuses. 
Trempée de la tête
aux pieds et frigorifiée par la fraîche température de l’eau, j’essuyai mes
yeux, afin d’observer ce mammifère.
-  « Oh la vilaine !
Maugréai-je, d’un ton surpris et les prunelles ouvertes de stupéfaction.
-  Elle n’est pas
vilaine, mam, elle nous salut à sa façon, rectifia aussitôt mon fiston, sa
vigilance pointée sur le mammifère. C’est notre belle amie, Écume de
l’Espérance, me dit Justin, elle est venue nous présenter ses révérences.
-  Écume de
l’Espérance ! Dis-moi, mon cœur, de quoi ou de qui parles-tu ?
Questionnai-je, la conscience déconcentrée, par l’incommodité de mes vêtements
mouillés.
-  De la baleine,
mam, c’est son magnifique prénom, informa-t-il, c’est elle qui a permis à
Ti’zan, de se rendre en Bretagne.
-  Bien ! Je
vais m’asseoir à côté de toi et tu vas m’éclaircir toute cette histoire. »
Mon chérubin me
fit une petite place près de lui et me conta les aventures de Ti’zan, Grandiab*
et la jubarte. Je fus émerveillée par son récit, mais également par ses talents
de conteur. Écume de l’Espérance poussait de petits grognements, d’un son à
multiple variation, comme pour confirmer les propos de celui-ci.
-  « C’est un conte
extraordinaire et fabuleux ! M’émerveillai-je, le visage empreint
d’éblouissement. Il me tarde vraiment de rencontrer celui qui te l’a raconté,
observai-je, en me levant. Et c’est vraiment regrettant pour la nature que les
animaux sauvages aient ce comportement aussi familiarisé. Ils se mettent en
danger, de trop faire confiance à l’homme.
-  Elle le sait, mam,
elle a appris à reconnaître les Barbares, depuis l’histoire des massacres de
leur banc et de la cruauté, contre tous les autres animaux. Et le comble de
l’être humain, à l’exception d’une minorité, a été et sera regrettablement, de
toujours braver les interdits et de défier tout protocole et chartre d’approche
et de sécurité, de tout animal sauvage. L’argent, la faim et la méchanceté
gratuite justifient les moyens, depuis des siècles. Je crains même que les
luttes acharnées contre ces comportements criminels ne puissent toujours avoir
de bonnes raisons d’exister et d’agir, surtout à notre époque, vu que l’on a
laissé l’évolution du genre humain se détériorer davantage et les corrompus
avoir gain de cause. Mais les péripéties de Ti’zan sont des histoires qui se
sont réellement déroulées, tu sais. D’ailleurs deux des acteurs principaux sont
là, insista-t-il, en fixant Justin qui lui faisait non, par un mouvement de la
tête. Malheureusement, je crains que celui-ci ne soit toujours pas près, pour
se dévoiler à quelqu’un d’autre que moi. 
-  Qu’à cela ne
tienne ! Fidèle à ce que je t’ai dit, tout à l’heure, je prendrais mon mal
en patience ! Justin décidera de lui-même, lorsqu’il souhaitera
tranquillement pointer son bout de nez ! Amuse-toi bien mon chaton, mais
ne tarde pas à te couvrir et pense à t’assoupir, avant le lever du soleil !
Néanmoins, sache que la douceur comme la violence n’a pas eu gain de cause,
dans la lutte contre la violence, envers les animaux, pas plus que dans celle
envers les humains. Cependant, l’abandon n’en a jamais eu non plus, et cela, il
faut le perpétuer et résister, coûte que coûte, à toute épreuve décourageante,
jusqu’à la victoire de l’amour de notre biodiversité, dans notre écosystème.
Les petits triomphes dispersés, durant les deux siècles derniers, sont nos
étincelles d’espoir.
-  Oui, mam !
Consentit-il, d’un ton empreint de sagesse. »
Sur ces mots, je
gagnai la cabine pour me changer et me reposer. À peine eus-je le dos tourné
que Socrate débarqua du fin fond de l’obscurité. 






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chrissou29:

LES ANIMAUX SONT NOS AMIS

Les animaux sont nos amis, certes que oui, mais cela n’exclut en rien les protocoles d’approche, dont la prudence avec les bêtes sauvages et domestiques. Dans la chaîne alimentaire de certains animaux sauvages, nous y sommes. Chris Savignan Auteure

Ce principe est rappelé dans mes œuvres dont voici un extrait du tome 1 de La Voie De L’ultime Espoir : Étrange Découverte. De Savignan Chris Auteure. Copyright. 

Contexte historique XXXIIIe siècle

Chap. XXIX

Manou La Mystérieuse.

Une fois à bord, nous voguâmes vers le grand large, le cap en direction du paquebot de croisière. Le chalutier Palace était un de ces bateaux mythes qui fleurent bon le teck. Entièrement rénové, un doux parfum boisé exotique s’était substitué à son odeur saumurée qui était un signe distinctif des années de pêches vigoureuses. Ses flancs épais à vertèbres de tamarin étaient recouverts d’une peinture bleue outre-mer et offraient une robustesse sécurisante à l’ensemble du vaisseau. Avec une vitesse de 10 nœuds, il avançait avec diligence et affrontait, majestueusement, les lames de fond, en s’élevant gracieusement, telle une mouette qui s’élève vers les cieux, avant de rebondir, lestement, sur les flots moutonneux de la grande bleue. Au milieu du pont se dressaient deux roufs à claire voie rectangulaire qui abritaient la salle des commandes pour l’un et une cabine de couchage pour l’autre. Au-dessus des roufs se dressait un mât qui supportait quatre magnifiques drapeaux, flottant à l’unisson, celui de l’Europe, de la France, de la Réunion et de la Bretagne. Dans l’antre de la timonerie, je discutais avec le capitaine PALACE, pour fuir mes pensées destructrices, liées à ma séparation, à l’heure où Katel, non pas Sami, se promenait sur le pont faiblement éclairé. Cet homme d’une soixantaine d’années et d’une forte corpulence centrée sur le ventre portait des rides, d’une existence rude et marquée par des souvenirs de guerre sanglante. Derrière son apparence rustre se cachait un être sensible et expressif, dont les manies, les iris bleu cendré, la barbe et la moustache blanche de sagesse trahissaient. Sous son caban bleu nuit, il était vêtu d’un chandail uni marron et d’un pantalon de marin noir. Sa casquette d’officier de Marine dissimulait, en partie, sa chevelure grisonnante et soyeuse qui retombait sur sa nuque, brûlée par le soleil.

-  « Dites-moi, mon Capitaine, pourriez-vous m’estimer le temps que mettra le GLOBE TROTTEUR pour arriver à Brest ? Me renseignai-je, d’un ton convivial.

-  À l’allure d’un paquebot de croisière qui prend le temps de vivre, en fonction de son programme de destinations, annonça-t-il, avec nonchalance.

-  Pourriez-vous être un peu plus précis ? Voulus-je, d’une intonation affable.

-  Pour être un peu plus précis, il faut compter aux minimums trois mois, chiffra-t-il, d’une voix caverneuse.

-  Trois mois ! M’exclamai-je, d’un air sidéré, tout en doutant de son estimation. Mais qu’allons-nous pouvoir bien faire durant trois mois ?

-  Voyez-vous donc, ce n’est rien du tout, trois mois, ma p’tite dame, rien, comparer aux temps qu’ont mis les ingénieurs de l’espace, pour achever leur dernière station orbitale climatologique qui sauvera la planète. Si j’ai bien compris, c’est votre vie et celle de votre fils qui sont en jeu aujourd’hui, alors, s’il vous plaît, sauvegardez-la, en profitant du confort du voyage. Savourez l’intégralité de ce qui se présente, dans votre vie et sur votre chemin, dites-vous que ce sont des vacances, conseilla-t-il, d’un ton dynamique. Vous êtes jeune, vous êtes jolie, profitez de ces atouts, pour vous distraire ! Cela vous aidera à tourner une page sur le passé.

-  Vous avez certainement raison, Monsieur le Capitaine, je vais utiliser mes atouts existentiels et physiques, et cesser d’appréhender l’avenir. »

Les paroles de ce vieil homme me rappelèrent ceux de Manou. C’était à croire que, malgré la distance, elle agissait toujours, sur tout ce qui m’entourait, pour guider mes pensées et orienter mes choix. De la position où se trouvait Katel, le clair de lune nous permettait d’observer tous ses gestes, à travers l’immense claire-voie de direction. Il faisait doux et il s’attardait sur le pont, pour observer la mer, une couette sur ses épaules. Soudain, il la jeta à tribord et remua des babines, en levant son bras droit vers le ciel. Puis, il se mit à gigoter dans tous les sens, comme si qu’il s’amusait avec quelqu’un. Le capitaine s’en aperçut. Sa majestueuse moustache et son imposante barbe s’étirèrent de part et d’autre de ses oreilles prédominantes, cachant ainsi le large sourire qui errait sur ses lèvres.

-  « Ce sont des idées qui se recoupent, un comédien peut avoir une âme de poète et un poète un esprit d’acteur, précisa René PALACE. C’est ce que l’on appelle avoir la fibre d’artiste. Après, chacun adhère à l’école qui correspond le plus à sa personnalité.

-  Là, vous montez intégralement dans mon estime, Monsieur le Capitaine. Aussi, je vous avoue que cela vaut une place dans mon cœur, observai-je, le regard rutilant de satisfaction.

-  Bien ! À présent, je vais pouvoir m’octroyer une petite sieste méritée d’un quart d’heure, dévia-t-il, d’un air embarrassé. La mer est calme, le radar de contrôle n’indique aucun obstacle, vers une surface de dix kilomètres de circonférence, donc, le bateau s’en sortira en pilotage automatique.

-  Alors, bonne sieste, Monsieur le Capitaine !

-  Merci, ma p’tite dame, je vous laisse, vous êtes la seule maîtresse à bord, pendant mon assoupissement, prôna fièrement le capitaine PALACE, en s’éloignant. Moussaillon ! Ouvrez l’œil et surtout, avertissez-moi de tout imprévu !

-  Ordonna-t-il, d’un ton théâtral.

-  À vos ordres mon capitaine, mimai-je, tel un vrai matelot. »

Il alla se reposer et moi, je rejoignis mon bambin sur le pont. Une immonde puanteur infecte me rappela celle de Justin, dans mon duplex. Avant de répudier toute justification de mon p’tit loup, cette odeur éveilla également mon souvenir des conseils de Manou, sur la confiance à accorder aux propos de mon fils.  

-  « Que fais-tu seul sur ce pont mon cœur ? Demandai-je, en pressentant sa réponse.

-  J’expliquais à Justin les mystères de nos constellations et à cet instant précis, je lui situais l’emplacement de “la Grande Ourseˮ et de “la Petite Ourseˮ, indiqua-t-il, l’attention braquée vers le ciel.

-  Justin ! J’étais certaine qu’il s’agissait de lui, si je l’avais parié, je l’aurais gagné, avouai-je, d’un ton jovial. Et il ne veut toujours pas se montrer !

-  Ce n’est plus qu’une question de temps et de prudence, qu’il me charge de te dire, annonça-t-il, d’une gaieté communicative, sur les rives de sa bou-che.

-  Il te charge ! Comment ça, il te charge ! Tombai-je de la lune. Serait-il encore ici ?

-  Oui, mam, il se tient juste à côté de toi, à ta droite, précisa Katel, d’un air et d’un ton malicieux. »

Je lançai un regard sur ma droite, mais je ne perçus rien. Je continuai mon inspection, en faisant un tour sur moi-même.

-  « Où est-il ? Je ne ressens la présence de personnes ! Remarquai-je, dans l’élan de ma pirouette.

-  Il t’est impossible de le percevoir ni de le voir sans son accord, rappela mon chérubin, d’une voix enjouée. Et je ne crois pas que ce soit l’endroit et le moment où il se manifestera.

-  Eh bien tant pis ! Lorsqu’il sera décidé, il me fera signe, je compte sur lui, conclus-je, sans grande conviction, d’une quelconque présence. »

Soudain, une trombe d’eau s’abattit sur nos têtes.

-  « Oh ! M’écriai-je, d’un air surpris et en me rapprochant du bord du chalutier. »

Une baleine à bosse avait surgi à la surface de l’océan, à notre insu, et par un magistral mouvement de sa nageoire caudale, avait soulevé des mètres cubes d’eau, lesquels inondèrent le bâbord du chalutier où nous nous tenions. Puis, elle accosta celui-ci et nous fixa de ses pupilles rondes et mystérieuses.

Trempée de la tête aux pieds et frigorifiée par la fraîche température de l’eau, j’essuyai mes yeux, afin d’observer ce mammifère.

-  « Oh la vilaine ! Maugréai-je, d’un ton surpris et les prunelles ouvertes de stupéfaction.

-  Elle n’est pas vilaine, mam, elle nous salut à sa façon, rectifia aussitôt mon fiston, sa vigilance pointée sur le mammifère. C’est notre belle amie, Écume de l’Espérance, me dit Justin, elle est venue nous présenter ses révérences.

-  Écume de l’Espérance ! Dis-moi, mon cœur, de quoi ou de qui parles-tu ? Questionnai-je, la conscience déconcentrée, par l’incommodité de mes vêtements mouillés.

-  De la baleine, mam, c’est son magnifique prénom, informa-t-il, c’est elle qui a permis à Ti’zan, de se rendre en Bretagne.

-  Bien ! Je vais m’asseoir à côté de toi et tu vas m’éclaircir toute cette histoire. »

Mon chérubin me fit une petite place près de lui et me conta les aventures de Ti’zan, Grandiab* et la jubarte. Je fus émerveillée par son récit, mais également par ses talents de conteur. Écume de l’Espérance poussait de petits grognements, d’un son à multiple variation, comme pour confirmer les propos de celui-ci.

-  « C’est un conte extraordinaire et fabuleux ! M’émerveillai-je, le visage empreint d’éblouissement. Il me tarde vraiment de rencontrer celui qui te l’a raconté, observai-je, en me levant. Et c’est vraiment regrettant pour la nature que les animaux sauvages aient ce comportement aussi familiarisé. Ils se mettent en danger, de trop faire confiance à l’homme.

-  Elle le sait, mam, elle a appris à reconnaître les Barbares, depuis l’histoire des massacres de leur banc et de la cruauté, contre tous les autres animaux. Et le comble de l’être humain, à l’exception d’une minorité, a été et sera regrettablement, de toujours braver les interdits et de défier tout protocole et chartre d’approche et de sécurité, de tout animal sauvage. L’argent, la faim et la méchanceté gratuite justifient les moyens, depuis des siècles. Je crains même que les luttes acharnées contre ces comportements criminels ne puissent toujours avoir de bonnes raisons d’exister et d’agir, surtout à notre époque, vu que l’on a laissé l’évolution du genre humain se détériorer davantage et les corrompus avoir gain de cause. Mais les péripéties de Ti’zan sont des histoires qui se sont réellement déroulées, tu sais. D’ailleurs deux des acteurs principaux sont là, insista-t-il, en fixant Justin qui lui faisait non, par un mouvement de la tête. Malheureusement, je crains que celui-ci ne soit toujours pas près, pour se dévoiler à quelqu’un d’autre que moi.

-  Qu’à cela ne tienne ! Fidèle à ce que je t’ai dit, tout à l’heure, je prendrais mon mal en patience ! Justin décidera de lui-même, lorsqu’il souhaitera tranquillement pointer son bout de nez ! Amuse-toi bien mon chaton, mais ne tarde pas à te couvrir et pense à t’assoupir, avant le lever du soleil ! Néanmoins, sache que la douceur comme la violence n’a pas eu gain de cause, dans la lutte contre la violence, envers les animaux, pas plus que dans celle envers les humains. Cependant, l’abandon n’en a jamais eu non plus, et cela, il faut le perpétuer et résister, coûte que coûte, à toute épreuve décourageante, jusqu’à la victoire de l’amour de notre biodiversité, dans notre écosystème. Les petits triomphes dispersés, durant les deux siècles derniers, sont nos étincelles d’espoir.

-  Oui, mam ! Consentit-il, d’un ton empreint de sagesse. »

Sur ces mots, je gagnai la cabine pour me changer et me reposer. À peine eus-je le dos tourné que Socrate débarqua du fin fond de l’obscurité.

RHcm9{BQOMJ