LA CONFIANCE AVEUGLE Avoir une confiance aveugle débouche souvent sur des surprises de tailles. La pire est la mort. Extraits de La Voie De l’ultime Espoir 1 Étrange Découverte. Copyright. À la sortie de cette cavité obscure, un sentiment d’être près de la cascade me rassura, mais un dernier passage à flanc du rempart me ramena sur mes gardes. « Oh non, ça n’se terminera jamais ! M’écriai-je, dans la solitude de ce gouffre qui me renvoya l’écho de ma voix, teintée de désespoir. Je devais traverser une nouvelle passerelle, le long de laquelle un gros tuyau rouillé de canalisation s’achemine et dont les mains courantes constituent un véritable danger. Envahie par l’idée du vertige, une dangereuse paralysie émotionnelle m’empêcha d’avancer. Puisant dans les dernières ressources cognitives de mon cortex cérébral, je constatai avec désarroi l’obligation de ramper. L’abandon ne faisait pas partie de mes convictions, après quelques exercices de respiration, je m’y lançai. La falaise s’avéra une fois de plus mon seul appui de sécurité. Chaque craquement réveillait ma frayeur d’un effondrement de l’édifice qui reposait, pourtant, sur une infime partie saillante des remparts. Une sueur abondante perlait sur mon front, ruisselait en direction de mon tee-shirt déjà mouillé, par la transpiration de mon corps, puis s’évaporait et se dispersait à l’image d’une brume en perdition, au-dessus d’un étang. Lentement, je parvins à passer cet obstacle, mais de l’autre côté, je ne fus pas au bout de mes peines. Certes, je me rapprochai de la cascade, malencontreusement, la traversée d’un petit mur, sans barrières de sécurité, menant vers l’autre versant du rempart s’avère toutefois nécessaire, pour y accéder et il demeure délicat, lorsqu’on souffre d’étourdissements. Ce petit pont naturel est submergé par le ruissellement du bassin principal, de la cascade. Recouvert de mousses, il présente le danger d’une chute mortelle à droite, sur des rochers situés en contre bas du deuxième bassin, dont l’accès est inaccessible. Fournissant des efforts surhumains, je bravai mon tournis, par une extrême précision, dans chacun de mes mouvements, à la vitesse d’une tortue atteinte de cécité. Passée cette difficulté qui m’avait semblé durer une éternité, le reste du parcours n’était plus qu’une étendue de rochers que je franchis aisément. Le site se pré-sentait sous un aspect mystérieux. Soudain, à un mètre d’un splendide reflet de lune, j’aperçus une ombre à la surface du bassin. Je m’approchai de ses abords et vis Nolwenn flotter en son milieu. J’eus l’étrange impression qu’elle m’attendait. Subitement, son corps se liquéfia et se confondit dans la limpidité de l’eau. Pétrifiée par ce phénomène, je m’immobilisai sous l’effet incontrôlable de mes émotions. « C’est impossible ! J’hallucine ou est-ce un cauchemar éveillé ? » Mon cœur palpitait d’effroi. Cette palpitation me procura des sueurs froides et des frissons, parcourant chaque centimètre carré de mon corps. Sans aucune hésitation, je m’esquivai à revenir sur mes pas, pour détaler de cet endroit. Lorsque je repassai sur le mur glissant, je trébuchai accidentellement du bon côté de celui-ci, mais atterrit dans l’eau froide et glaciale du Chaudron, dit aussi Chaudron du Diable, dans certaines histoires légendaires de l’île. Tout à coup, une force s’empoigna de mes pieds et m’attira dans ses profondeurs. L’eau ténébreuse m’empêchait de distinguer mon prédateur et de voir le lieu où il m’entraînait. Au bout d’une traction de cinq mètres, je sentis un relâchement de la pression, sur ma cheville. Soudain, le fond s’illumina. Au-delà de toute attente, Nolwenn apparut avec le même sourire journalier. Elle s’approcha de moi et me fixa dans les yeux. Soudain, elle se défigura dans son apparence d’origine, une jeune femme horrible et monstrueuse. Son visage ovale et émacié dessinait un menton et un nez pointus et prédominants. Ses yeux cernés et globuleux ne formaient qu’un seul corps vitré noir, sans iris, ni pupilles, ni sclérotiques. Ses sourcils épais et aussi roux que ses cheveux, ainsi que ses cils extrêmement dégarnis lui alléguaient son air horrifique. Elle me présenta sa langue pointue et agitée d’agressives trémulations, comme la danse d’un boa prêt à envenimer sa proie. Après, celle-ci se mit à me sourire, en mettant en évidences ses dents noires, en forme d’aiguille. Paniquée, je tentai de m’enfuir, mais ce monstre m’empoigna à nouveau. Passées dix secondes, le dioxygène de mon poumon s’était épuisé à un stade proche de l’asphyxie. Instinctivement, je cherchai à remonter en surface. Malheureusement, la puissance maléfique de cette monstruosité me retenait encore, dans le fond toujours éclairé. Je luttai agressivement contre cette chose, avec le peu de souffle qu’il me restait, jusqu’à mon découragement total. À peu de secondes où ma dernière bulle de dioxyde de carbone éclatait à la surface, je plongeai dans la nébulosité de l’inconscience. Au-delà de toute attente, cet être malingre me libéra, sans état d’âme. L’inertie de mon corps me ramena vers la terre ferme. Le lendemain, la fraîcheur du matin me réveilla, sur la rive caillouteuse du bassin. L’eau bleu opale se jouait du rayonnement solaire et donnait à ce lieu, une ambiance teintée d’arcanes. Malgré le soleil qui s’était levé, avec son puissant rayonnement de chaleur, dès son apparition, mes vêtements mouillés me procurèrent une sensation frigorifiant, d’un hiver polaire. Ma cheville portait des hématomes douloureux. Courageuse-ment, je le surpassai et rebroussai le chemin. « Qui est donc cette femme ? Songeai-je, le long du sentier. Ai-je rêvé ou l’ai-je réellement affrontée ? » J’avançais lentement, mais cette fois, j’évitai la passerelle interdite et emprunta la voie, en contre bas, où les goyaviers et les jambrosades* formaient un feuillage ombragé. Une branche morte de ces arbustes me servit de béquille, pour assurer le reste du parcours qui me paraissait beaucoup plus long, qu’à mon premier passage, en boitant d’une jambe. « Pourvu qu’elle ne soit pas derrière moi, pensais-je, de temps à autre, en y scrutant méticuleusement l’horizon. » Puis, je repartais toujours avec ce sentiment de ne pas pouvoir y parvenir. Heureusement, mes pieds ne me lâchaient pas une seconde. Ils avaient pris le contrôle de ma conscience et m’amenaient vers ce qui me semblait l’unique voie de secours. Soudain, mes pupilles flamboyèrent de joie. « La route, enfin ! » La dureté du bitume, sous mes pieds atrophiés par la pénibilité de la marche, me procura un soulagement, suivi d’un immense plaisir d’être saine et sauve. Mon instinct de survie m’avait guidé à l’emplacement de ma voiture qui n’était plus là.
LA CONFIANCE AVEUGLE Avoir une confiance aveugle débouche souvent sur des surprises de tailles. La pire est la mort. Extraits de La Voie De l’ultime Espoir 1 Étrange Découverte. Copyright. À la sortie de cette cavité obscure, un sentiment d’être près...
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