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A Vos Rêves

L’ART DE LA SÉDUCTION. L’homme est un incorrigible séducteur dans sa quête à la femme de sa vie. Qui oserait le leur reprocher ? L’amour est un bonheur incontournable, s’il est réel et sincère.  Long extrait de la voie de l’ultime espoir. De Chris Savignan Auteure. Copyright France.Chap. XXDans Les Bras De Vénus.Environ trois mois s’étaient écoulés à l’effigie de notre fidèle solidarité bienfaitrice, épaulée par notre douce Manou, dans les arcanes de nos multiples aventures de Maouez-Noz* en furie, d’animaux et de plantes fantastiques, ainsi que de nos quêtes au bien-être. Ma force pour affronter le monde croissait avec mes multiples expériences, cependant, au plus profond de mon être, j’espérai une vie plus calme et sereine. En novembre 2236, je pris le temps de confier nos péripéties à notre doyenne qui m’écoutait le regard ébloui. Sa conclusion m’apparut très enrichissante.-  « Tu devrais tenir un journal, conseilla-t-elle, d’un ton épaté, pour ton petit plus tard, cela aura de l’importance et pour madame LAURET, je vais arranger les choses, Sami pourra venir chez moi, sans problèmes.-  Je vais y réfléchir sérieusement, adhérai-je, d’une voix convaincue. Je reconnais la valeur vitale d’un mémoire, dans son existence. Sauf si nous parvenons à déceler tout de suite le mystère de son origine. Mais pour cela, je ne sais pas comment je vais m’y prendre, d’autant plus que je me suis déjà investie, dans la rédaction de nouvelles, de poèmes et vers musicaux. Mais bon, je conçois que la priorité soit le bien-être et la sécurité de mon p’tit loup. Et toi, de quelles façons comptes-tu expliquer à notre concierge, la croissance de ton p’tit loupiot ?-  Au sujet du journal, je t’avoue mon impuissance à y contribuer, reconnut notre mamoune, d’un air embarrassé. Mais pour la curiosité de notre grande copine en commun, j’en fais mon affaire, ne t’en préoccupe pas, concentre-toi sur ta nouvelle activité.-  Ce n’est pas bien grave, rassurai-je, d’une voix teintée d’attention, pour le moment, j’opterai pour ta suggestion, d’ailleurs, je vais à ce pas, m’y mettre avec passion. À plus tard, Manou, saluai-je, en la laissant à ses occupations.-  À plus tard, ma douce, synchronisa celle-ci, d’une tendre et chaleureuse inflexion. »Je suivais ses conseils et consacrais une bonne partie de mon temps, à rédiger une autobiographie. De ce fait, mes sorties s’estompèrent progressivement et ceux de Sami se multiplièrent entre les deux appartements. Le mois de décembre pointa l’aîné de ses jours. Une fois de plus, grâce aux bonnes vieilles idées de notre bonne vieille fée, je repris contact avec mes anciens camarades de facultés et pus enfin, retrouver le mode de vie approprié à ma génération, en adoptant leur rythme effréné de sorties. Les fêtes de fin d’année m’apportèrent une entière satisfaction également. Je passai le réveillon de Noël, avec mes amis, le festin du dimanche, avec ma sorcière bien-aimée et mon p’tit loup, et le soir de la Saint-Sylvestre de l’année 2236, chez des ex-amies de ma mère, lesquelles demandaient de nos nouvelles et qui souhaitaient que j’animasse leur soirée, par des interprétations de certaines de mes chansons. C’étaient des gens plutôt très aisés. L’île comptabilisait une vingtaine de familles, dont la fortune non estimée n’était pas divulguée, pour préserver leur sécurité. Ces mondains prévirent une salle sonorisée et invitèrent un grand orchestre philharmonique de Paris, avec lequel une rencontre des musiciens s’opéra une semaine avant l’évènement, pour leur fournir les partitions de mes chansons et s’adonner à des répétitions. Je comptabilisais déjà sept titres, « vivre en paix, black blanc beur, au petit bonheur, une actrice de classe, jouer avec le feu, le looping de l’année, rêver, le dérangement arrangeant, ne laissons pas ». Ils apprécièrent autant les variétés que les complaintes. En cette occasion, une splendide robe de soie noire à paillettes m’avait été offerte, par un des plus grands couturiers de Saint-Denis. Ma coiffure relevée qui dénudait mon cou et le décolletée qu’offraient gracieusement mes vêtements relevaient les magnifiques colliers en diamant noir, lesquels j’avais empruntés aux coffrets à bijoux de ma mère, issus d’une fortune familiale du XXe siècle, sans omettre deux somptueux pendentifs, sculptés également, dans ce précieux minéral et une belle bague parée de son joyau volumineux et pur. Gantée jusqu’au coude et surélevée par de splendides talons de 10 cm de hauteur, j’adoptai une allure et un regard de félin. Ma sensualité et ma démarche de mannequin attiraient les attentions, de la gent masculine qui succombait à la tentation, lorsque leurs yeux se posaient sur mon regard de biche, dessiné par une professionnelle du maquillage de stars. Au cours de cette réception, je rencontrai un homme d’une vingtaine d’années, prénommé Loïc, Loïc FIORI. Je le dévisageais durant des heures et j’étais convaincue qu’il en faisait autant, surtout chaque fois que j’étais sur la scène, en première partie du spectacle. Je profitai de ma position sur l’estrade, pour l’observer longuement, pendant mes interprétations, sans en être perturbée, du moins, en apparence. Devant sa belle et sensuelle carrure, je déduisis que son allure élégante, charmante et sportive provenait de son goût de l’esthétique, du vestimentaire et semblablement de ses heures de sport intensif. À la fin de ma dernière chanson, il se leva et démarra un applaudissement, suivi, dans la foulée, des autres spectateurs. Pour combler ma conviction et mon attente, il vint ensuite me rejoindre et me tendit sa main, pour descendre les marches du podium.-  « Accepteriez-vous de vous joindre à ma table splendide créature de mes rêves ? Désira-t-il, d’une voix prévenante.-  Avec joie, accordai-je, le visage éclairé, par une radieuse esquisse de mes lèvres. »Sous le regard et les quelques félicitations de mes fans, nous traversâmes la grande salle, jusqu’à sa table, située dans l’avant-dernière rangée du fond. Avec élégance, j’inclinai de la tête à chacun d’entre eux, de gauche à droite, en signe de remerciement. Soudain, un bel Italien me retint par le bras et nous stoppa brusquement :-  « Ottimo spettacolo e canzoni molto belle, mio complimenti e grazie. Tu sei bella come una Madonna°, (Grand spectacle et des chansons très belles, mes compliments et remerciements. Tu es belle comme une madone) confia-t-il, d’un ton charmant et les yeux pétillants d’adulation. E la tua voce è… la tua voce è… divina, sublima°… (Et ta voix est… ta voix est… divine, sublime…)-  Merci, allouai-je, en me dégageant discrètement de son emprise.-  Qu’est-ce qu’il a dit ? Me renseignai-je, d’un air troublé, auprès de mon prince de cette soirée.-  Ce que je pense, sincèrement et timidement, au plus profond de mon être et que je vous avouerai dans un moment, si vous daignez m’accorder une pointe de patience.-  Bien, je vous suis tranquillement, accédai-je, le visage illuminé de béatitude. »-  Loïc reprit la direction de sa table. Puis, à la hauteur de celle-ci, il m’invita, avec élégance et courtoisie, à m’asseoir, tel un gentleman d’une dynastie princière bien éduquée, avant de prendre sa place. Dans la seconde qui suivit, il commanda deux coupes de champagne et une rose rouge au serveur qui passait, avec son plateau garni.-  « Dites-moi, puis-je me permettre une entorse à la discrétion de votre vie privée ? Questionna-t-il, en me dévorant du regard, pour m’offrir ce symbole floral de l’amour.-  Vous pouvez toujours tenter, agréai-je, en accrochant la tige, dépourvue de ses épines, avec délicatesse. Toutefois, je ne m’engagerai pas à vous répondre et merci pour cette rose, elle est splendide !-  Humm !!! La beauté, la féminité, la subtilité, le talent, le savoir, vous possédez véritablement toutes les qualités, pour une excellente et esquisse soirée, révéla-t-il, d’une intonation subjuguée. Quelle est votre recette pour cumuler autant d’élégances ?-  Un brin de pureté, un soupçon de liberté, une pointe d’amour, un extrait d’empathie et quelques zestes de folie douce et vous obtenez l’élégance du cœur d’où provient l’élégance de l’âme et de l’être, répondis-je, d’une tendre voix.-  Waouh ! Je ne puis résister à votre envoûtement, je suis à vos pieds, belle inconnue, dévoila mon prétendant. À ce propos, votre prénom de scène, est-il un pseudonyme ou votre véritable identité ?-  Voilà donc ce qui vous intrigue, observai-je, d’un accent délectable, je ne vois aucune marque d’indiscrétion, à vous dévoiler qu’il s’agit bien de ma véritable identité.-  Christine… ! S’extasia-t-il, d’un air et d’une inflexion énamourés et enchantés, c’est un très charmant prénom, porté par une ravissante jeune femme, déclara-t-il, d’un ton séduit. Sachez que j’ai profondément apprécié vos chansons, votre humour dérisoire et votre magnifique timbre de voix.-  Merci, vos compliments me vont droit au cœur, avouai-je, les joues cramoisies d’intimidation, mais ils me toucheront davantage et plus profondément, si vous consentez à me tutoyer.-  Sans une once d’hésitation ma belle, il en va de même pour toi. Buvons à présent à notre rencontre ! Finalisa-t-il, d’un air comblé, en levant humblement son verre. Que l’avenir nous ouvre les portes de notre destinée, de la simplicité et du bonheur. -  Je n’en espérais pas moins, concédai-je, le visage illuminé de joie, en lui portant un toast, avec ma coupe. »Nous bûmes une gorgée de champagne et reposâmes nos verres. Un pesant mutisme laissa place au brouhaha de la foule. Son audace des premières heures se transforma en une pesante timidité. Il me fixait depuis un moment, sans me parler ou me proposer une danse. Cette situation m’incommodait un peu, mais je profitai de l’instant présent, pour apprécier également la beauté et le charme de cet homme. Les couleurs vertes et beiges de son accoutrement moderne rehaussaient le marron clair de ses iris qui laissaient entrevoir, dans ses arrondis, des reflets verts, disposés en forme de rayons, convergeant vers ses pupilles. Ses cheveux étaient d’un châtain clair, avec des mèches blondies, sous les effets combinés du soleil et de la salinité de la mer. Sa coiffure dessinait du front une longue frange, d’un dégradé à quatre niveaux, sur la droite de sa face et deux à gauche. De la nuque vers les oreilles, elle esquissait une coupe raccourcie. Chaque fois que ses regards ciblés se détournaient du mien, au profit des autres spectacles de la soirée, j’en étais toujours envoûtée. Ce moment me semblait durer une éternité. Soudain, au-delà de tout espoir, son désir coïncida avec mes attentes.-  « M’accorderais-tu cette danse ? Sollicita-t-il, en me tendant délicatement une main.-  Volontiers ! Déclarai-je, d’une voix déterminée. »Avec la grâce et l’élégance d’une princesse, je lui tendis la mienne, en y pointant mes longs doigts, afin de me lever de mon siège. Nous nous dirigea mes vers la piste. Ensuite, il me serra délicatement contre lui et cadença sur le rythme langoureux du slow de l’orchestre harmonique. Sa carrure qui cachait largement la mienne et sa hauteur qui me dépassait d’une tête me procurèrent une sensation de confort et un sentiment de sécurité. Pendant notre danse, il m’apprit ses goûts musicaux et m’interrogea sur ma carrière. Il croyait que j’étais interprète. Sa galanterie naturelle m’émouvait exceptionnellement. Au bout du troisième slow, il me pressait tendrement contre lui et m’effleurait la joue, avec finesse et volupté. Il me plaisait beaucoup et la réciprocité reflétait dans son attitude et ses propos.-  « Depuis combien de temps exerces-tu ce métier d’artiste ?-  Oh, ce n’est pas mon métier, je te l’avoue, je chante pour mon plaisir, rectifiai-je, d’un ton surpris. Je suis serveuse dans un restaurant rapide bio.-  Eh bien, j’en suis totalement confus, avec autant de maîtrises dans la voix, j’aurais juré que tu étais une professionnelle de carrière, avoua-t-il, les sourcils plissés d’étonnement. Sans détruire l’image du métier de la restauration, tu devrais sérieusement envisager la voie de la chanson. Elle est faite pour toi et je suis convaincu que tu n’auras aucune difficulté, pour trouver ta place chez les célébrités actuelles et dans le cœur de tes admirateurs inconditionnels actuels et futurs.-  Tu as certainement raison, mes amis m’ont encouragée également vers ce choix, je vais finir par me laisser tenter, concédai-je, d’une inflexion teintée d’enjouement. Mais est-ce que tu peux me dire à présent, ce que cet Italien m’a déclaré tout à l’heure ?-  Que me répondrais-tu, si je t’acclamais ma soif de te revoir ? Visa-t-il, d’une intonation passionnée.-  Tout simplement que j’en meurs d’envie aussi, consentis-je, d’un ton suave, les prunelles chatoyantes de sincérité et le cœur définitivement conquis. Voilà, je pense avoir répondu à ta question, par contre, tu n’as pas éclairci la mienne.-  Comme un voleur, cet homme a dérobé ma pensée, lorsque je suis passé à côté de lui, m’annonça-t-il, et je n’ai pas cessé de te le confirmer, durant ces merveilleux moments à tes côtés. Je me répéterai autant de fois qu’il le faudra, mais cette fois à haute voix, tu es belle comme une madone et ta voix est divine et sublime. Voilà ce qu’il m’a dérobé au bout de la langue. Néanmoins, la différence, c’est que tu es avec moi, ce qui n’est pas anodin. Tu me fais, à moi, le privilège exquis d’accepter ma suggestion, d’affiner notre relation. Tu fais de moi, l’homme le plus heureux et chanceux au monde. Tu es tout simplement extraordinaire, dans toute l’acception du terme et totalement surprenante, dans toute la magnificence des différentes définitions, de ce fabuleux qualificatif. »Au-delà d’en être séduite, ces humbles flatteries m’avaient inévitablement ensorcelée. D’un commun accord, nous fixâmes des jours et des horaires de rencontres amoureuses. Chaque rendez-vous ressemblait à un conte des mille et une nuits. Il m’apprit qu’il travaillait dans la police. Il était précisément un médecin judiciaire prodige et renommé, d’un institut médico-légal qui travaillait en étroite collaboration avec tous les hôpitaux, les cliniques, les commissariats et préfectures de police, et les brigades de Gendarmerie. Prévenant et sincère, il mʼavait déclaré ses sentiments le huitième soir, sur le seuil d’entrée de la résidence des officiers judiciaires, en médecine légale. « Tu sais ma douce colombe, m’avait-il dit, l’alchimie qui s’opère entre nous me rend fou, je ne peux plus contenir mes émotions, je t’aime ! Tu as entendu, je t’aime comme un oiseau libre dans son envol, comme le bourgeon des arbres fleurissant au printemps, je t’aime infiniment ! »Ce moment intime me bouleversa à un point que je ne sus quoi lui répondre. La rapidité de notre engagement me déstabilisait, sans pour autant éteindre la flamme qui attisait notre amour… h�

3 Septembre 2015, 19:02pm

Publié par chrissou29

L’ART DE LA SÉDUCTION. L’homme est un incorrigible séducteur dans sa quête à la femme de sa vie. Qui oserait le leur reprocher ? L’amour est un bonheur incontournable, s’il est réel et sincère. Long extrait de la voie de l’ultime espoir. De Chris Savignan...

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Photo : Copyright France. Extrait de La Voie De...

3 Septembre 2015, 18:09pm

Publié par Chris SAVIGNAN

Photo : Copyright France. Extrait de La Voie De L’Ultime Espoir. Tome 1 Étrange Découverte Chap. XXVIII... http://t.co/zi5JiyEHfe Chris SAVIGNAN (@ChrisSAVIGNAN) September 03, 2015 Copyright France. Extrait de La Voie De L'Ultime Espoir. Tome 1 Étrange...

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Copyright France. Extrait de La Voie De L’Ultime Espoir. Tome 1 Étrange DécouverteChap. XXVIIIIntimité Bouleversante. Lors de notre passage chez les félins, un incident inattendu se produisit et dévoila au grand jour un aspect caché des facultés de Sami. Nous en fûmes ébahies, surtout Loïc qui le découvrait. Un impressionnant tigre blanc du Bengale s’était échappé de sa cage. Il feulait de rage et menaçait de s’en prendre aux visiteurs. Pressentant une traque imminente, ses pupilles s’allumaient de méfiance et son regard scrutait la moindre ouverture qui le permettrait de s’enfuir, à travers les feuillus qui semblaient frémir de frayeur. Ses rauquements raisonnaient dans tous les recoins du jardin et attiraient inévitablement la foule. Sous les regards paniqués des promeneurs, les gardiens et le vétérinaire du parc, munis de fusils médicaux, prirent position pour lui injecter d’un tir, une dose de somnifères, afin de faciliter sa capture. Tout à coup, ému par la scène, Sami s’alarma d’un ton subtil, en se précipitant en direction de l’animal.-  « Ne tirez pas ! Ne tirez pas ! Laissez-moi le ramener !-  Tu es fou, mon garçon ! S’affola l’un des gardiens. Ne t’en approche surtout pas ! C’est une bête sauvage en rage ! »Sans tenir compte de la mise en garde, mon gamin parvint d’une allure franche et convaincue, jusqu’au fauve. Sans retenue, les badauds poussaient des cris de frayeur. Certains se cachaient les yeux et d’autres chuchotaient des critiques, dont quelques-unes n’étaient pas agréables à entendre.-  « Mais Madame, il ne faut pas le laisser faire, il agit par aveuglement et imprudence, m’adressa une petite vieille qui s’était aperçue de notre lien de parenté. »Une autre qui se tenait à deux rangées derrière s’époumona de remarques dénigrantes, pour exorciser sa peur, derrière ses convictions personnelles.-  « Qui est la mère de cet enfant ? Elle mériterait d’être enfermée pour non-assistance à personne en danger ! Qu’elle se montre au moins cette mère indigne. Je déposerai une plainte à la protection de l’enfance, dans les services de l’Aide Sociale à l’Enfance. Ce petit doit être placé en famille d’accueil, au moins, elle saura le protéger. C’est une honte ! Qu’elle soit maudite ! »Mon petit prodige n’entendait aucune de ces réflexions. En fait, il avait communiqué avec ce félin à distance, bien avant que l’on s’en aperçût, tous en respectant les chartres ou protocoles d’approche de cet animal sauvage. Mais un lien pacifique, hors du commun, lequel je vous invite à ne pas imiter, s’était créé entre eux. Il s’assit près de son nouvel ami et encercla de ses bras la douce fourrure satinée du coup de l’animal. Simultanément, le tigre lui lécha le visage. À l’instar d’anciens camarades qui se retrouvaient quotidiennement, ils discutèrent pendant cinq minutes, sous les applaudissements d’une partie de la foule qui s’était accrue. Dépassés par la tournure et l’ampleur de l’évènement, la majorité des visiteurs étaient en état de stupéfaction immobilisant, et certains individus, en admiration de ces témoignages d’affection réciproque, entre l’animal et mon chérubin. Même les gardiens n’en revenaient pas, de la dextérité de cet enfant qu’ils voyaient pour la première fois. Uniquement le vétérinaire et moi en sourîmes individuellement, sans la lueur d’une quelconque connivence. D’ailleurs, ce dernier s’approcha de mon p’tit loup, avec précaution, pour l’interroger.-  « Comment t’appelles-tu mon garçon ?-  Sami, Monsieur, se présenta-t-il, les pupilles dilatées de plénitude.-  Eh bien Sami, moi je me prénomme Bertrand, je souhaiterais ton aide, pour lui passer une muselière et pour lui attacher une chaîne au cou. Il est doux comme un gros chat, avec peu de personnes qu’il connaît et non à un inconnu, à part toi. Cependant, il reste un carnivore avant tout et il faut rassurer tout ce petit monde. Il faut les mettre hors d’atteinte d’une réaction imprévisible ou inattendue de l’animal. Qu’en penses-tu ? Sonda le vétérinaire, d’un ton tendre et convaincu.-  Certainement pas ! Refusa mon fiston, d’une voix catégorique et ferme. Avec cette souffrance abominable, c’est sûr qu’il peut avoir des réactions imprévisibles et s’en prendre à n’importe quel humain, qu’il substituerait à son propre bourreau. Mais croyez-moi, si vous voulez qu’il rentre dans sa cage sans heurts, il faudrait que l’un d’entre vous s’excuse et reconnaisse ses torts, de l’avoir violemment frappé la semaine dernière. Examinez l’état de l’intérieur de sa cuisse gauche arrière ! Dénonça-t-il, en soulevant délicatement le membre blessé de l’animal. »Interloqué par la franche spontanéité de mon enfant, Bertrand prit l’initiative de vérifier ses dires. Il ausculta le félin qui, calmé par l’attention et la douceur de son jeune ami, se laissa manipuler, malgré sa douleur aiguë. Subitement, le véto se retourna vers les gardiens et d’un ton colérique, il exigea des explications, sur la provenance des blessures de son protégé.-  « Que celui qui a battu cette bête se dénonce sur-le-champ ! Il n’y a pas l’ombre d’un doute, sur la provenance de cette fracture ouverte et pas soignée. Même en se cognant dans sa cage, il n’aurait pas pu se mutiler à ce point. »Face à la situation et à l’étonnement de Loïc, je n’hésitai pas à intervenir. Tout en sachant que mon bambin parlait aux animaux, mais sans en être réellement persuadée, jusqu’à présent, par manque de preuves tangibles, je feignis de ne pas comprendre ce qui se passait, pour relativiser l’évènement et n’éveiller aucun soupçon.-  « Qu’est-ce qui te pousse à avancer une telle accusation, mon enfant ? Lui chuchotai-je, à quelques pas du vétérinaire et de son papoune, lesquels s’étaient lancés dans une discussion, dont j’ignorai la portée.-  C’est lui qui me l’a dit, divulgua Sami, de vive voix. D’ailleurs, je sais lequel d’entre eux il s’agit, par contre, j’estime qu’il est préférable et plus mature de le laisser reconnaître ses responsabilités et de les assumer. »Simultanément, l’image de mon fils babillant avec les margouillats, dans son berceau, traversa ma pensée. Je réalisai que mes impressions au sujet de ses communications transversales, avec ces petites bêtes, n’étaient peut-être pas des illusions. « Et si par malheur quelqu’un d’autre que Loïc et Bertrand avait entendu les propos de Sami, que devrais-je faire ? Examinai-je, sous l’emprise de la panique. » Un homme sur les quatre gardiens présents se dirigea vers le vétérinaire et interrompit mes rêveries. Il se livra en prétendant avoir agi en légitime défense, contre une attaque du tigre. Dans la foulée, Sami plaida, avec sagacité, en faveur de son ami.-  « Vous faire du mal n’a jamais été dans son intention, déclara-t-il, avant de lever la patte droite avant du fauve qui baissa ses paupières, pour contenir sa lancination, il voulait vous montrer l’épine qui se trouvait entre son orteil. Et pour alourdir sa souffrance, c’est sur celle-là que le premier coup a été violemment infligé. Allez-y, je vous en prie, constatez-le par vous-même, si vous ne me croyez pas ! »Mon gamin qui caressait toujours le poil soyeux du torse de l’animal, pour maintenir son calme et prévoir sa réaction, fixa les iris bleus de celui-ci comme pour obtenir son accord. Le tigre poussa un doux rugissement d’approbation. Sur le moment, Sami entendit le langage de son ami, sous la forme humaine. En bon sauveteur, il nous interpréta, immédiatement, ce cri qui pour nous n’était autre que celui d’un félidé. Confus par les paroles et la diplomatie de mon fils, cet homme se pencha, simultanément aux fléchissements de Loïc, du vétérinaire et du mien, au-dessus de la patte du tigre et se rendit compte de la présence d’un énorme aiguillon, bien enfoncé, entre les orteils de l’animal. Aussitôt, Bertrand prit l’initiative de la lui ôter délicatement, avec une pince médicale de sa mallette de secours, après l’avoir localement anesthésiée. Puis, il le soigna et pansa ses blessures superficielles, mais le laissa conscient, pour pratiquer son transfert en soin intensif. Par substitution, celui-ci concéda aimablement à Sami, la possibilité d’accompagner le tigre, jusqu’à la civière portée par deux des gardiens et l’invita à l’escorter, vers son cabinet d’urgence médicale. Pendant ce temps, les autres membres du personnel dispersaient la foule, sous l’ordre de la direction du Jardin public, laquelle était tenue d’éviter de grands rassemblements de Citadins, pour tenir compte des mesures de sécurité du Plan Vigipirate, toujours actif dans l’île. À la fin des soins, les deux amis s’adressèrent de tendres adieux, tandis que le vétérinaire vint nous remercier de notre patience et de notre aide indirecte. -  « Je suppose que vous êtes les parents de ce jeune prodige, déduisit-il, d’une attention admirative, je tenais à vous en féliciter. Il a un sens extraordinaire de l’observation et un professionnalisme remarquable de la psychologie animale, pour un aussi jeune enfant, mais alors vous, j’admire votre déférence indéniable à son égard. A-t-il côtoyé les animaux depuis sa tendre enfance, pour avoir un don d’apprivoisement aussi efficace et inégalable ?-  Oui ! Oui ! Confirmai-je, sous les yeux figés et étonnés de mon homme de cœur, il a passé son enfance au Kenya, ajoutai-je, tout en conservant mon attention, à mon interlocuteur.-  Qu’est-ce que tu…-  Chut !!! murmurai-je, discrètement, à mon Roméo, en lui pinçant les doigts, pendant que Bertrand préparait son matériel de soins.-  Passez quand vous le souhaitez, la porte de mon cabinet de soins vous sera toujours ouverte, j’ai remis à votre fiston un badge personnel du meilleur dresseur, annonça-t-il, sans apercevoir notre subterfuge.-  Soit, Monsieur, nous y penserons à l’occasion, c’est vraiment très sympathique de votre part, remerciai-je, en lui adressant une poignée de main, pour annoncer notre éventuel départ.-  Je m’appelle Bertrand, précisément Bertrand François MAHÉ DE LA BOURDONNAIS. Mais je vous en prie, appelez-moi Bertrand, et vous, vous êtes ?-  Christine et Loïc, présentai-je, d’une voix prévenante et vigilante. Dites-moi, MAHÉ DE LA BOURDONNAIS, n’est-ce pas l’un des premiers colonisateurs de l’île, fondateur de notre belle capitale et de nos dispositifs militaires, sous le règne de Louis XV, le bien-aimé ? M’enquis-je, les mirettes ouvertes d’extase.-  Oui, je suis l’un de ses arrière, arrière, mais vraiment arrière-petits-fils, m’indiqua-t-il, d’une voix teintée de fierté. Néanmoins, sachez que le véritable premier fondateur de ce splendide et fabuleux coin paradisiaque n’est autre qu’Étienne REGNAULT. Mon ancêtre l’a ensuite proclamé chef-lieu de l’île et administré le développement de ce territoire, par des ordonnances royales. Cinq siècles de générations, à porter le même nom et les mêmes prénoms de père en fils aînés, nous permettent de perpétuer la classe et les souvenirs de l’un des premiers administrateurs de l’île, par contre, il est vrai que chacun d’entre nous a choisi des domaines de prédilection professionnels bien différents, que celui de notre aïeul.-  C’est chaleureux, observa mon homme, d’un ton ébahi. Et vos enfants le prennent-ils aussi bien que vous ?-  C’est notre dynastie, fidèle et solidaire à la noblesse de notre grande lignée, confirma Bertrand, d’une inflexion bourgeoise. Malheureusement, je n’ai pas de descendances, du moins, pas encore et à supposer que j’aie un fils un jour, j’espère qu’il aura autant de beauté et d’intelligence que le vôtre.-  Oh, j’en suis profondément émue, merci Bertrand pour cet éloge, mais voyez-vous, nous devons vous laisser à vos obligations professionnelles, tu viens Sami, Manou nous attend, lançai-je, d’un ton mélodieux, afin de dissimuler mon empressement au vétérinaire.-  J’arrive, mam ! Assura-t-il, en s’éternisant à caresser les poils doux et soyeux du tigre et à lui chuchoter des choses, dont lui seul détenait le contenu. Allez, mon gros, je vais devoir m’en aller, mais tout se passera bien maintenant pour toi.-  Merci, mon ami, je me sens beaucoup mieux, la douleur s’est comme on dirait volatilisée, et hop ! Plus de souffrance. Je ne t’oublierai jamais, assura l’animal, je t’appellerai… Vaillant.-  Moi aussi, Brillant, je te fais une place dans mon cœur, promit mon bambin. Tu es le beau, le grand roi du Bengale et celui de mes meilleurs souvenirs.-  Non, petit humain, c’est toi le roi du Bengale, rectifia le fauve. Tu as sauvé ce beau et grand Brillant, tu es par conséquent le roi du Bengale. Ce titre te revient de droit et si quelqu’un ose le contester, je le lui confirmerai ou le lui imposerai, sans hésiter. Grrrrh !!! Rugit celui-ci, d’un son autoritaire.-  Tes compliments me touchent prodigieusement et ta reconnaissance est digne d’un sage. Je t’emporte dans mon cœur et dans mes pensées les plus profondes, déclara Sami, les yeux noyés sous le flot de ses larmes de bonheur, de cette merveilleuse rencontre. Au revoir, Brillant ! -  Au revoir, Vaillant, répondit le tigre blanc du Bengale. »Sur l’insistance suppliante, toutefois discrète, de mon regard, à l’instant où mon homme détournait l’attention du vétérinaire, par ses remerciements et ses salutations. Sami finit par obéir et nous rejoignit, sous les feulements amicaux du tigre. Nous adressâmes une sincère poignée de main à Bertrand et quittâmes ce lieu magnifique et palpitant qui me permit d’oublier, pendant plus d’une heure, la séparation inéluctable qui nous attendait. ��������

3 Septembre 2015, 18:09pm

Publié par chrissou29

Copyright France. Extrait de La Voie De L’Ultime Espoir. Tome 1 Étrange Découverte Chap. XXVIII Intimité Bouleversante. Lors de notre passage chez les félins, un incident inattendu se produisit et dévoila au grand jour un aspect caché des facultés de...

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Photo : Chap. I Un Voile De Suspicions. Sous une...

3 Septembre 2015, 17:33pm

Publié par Chris SAVIGNAN

Photo : Chap. I Un Voile De Suspicions. Sous une chaleur accablante d’un samedi du mois d’août 2238,... http://t.co/aH9eEVlf0M Chris SAVIGNAN (@ChrisSAVIGNAN) September 03, 2015 Chap. IUn Voile De Suspicions.Sous une chaleur accablante d'un samedi du...

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