Chapitre. Lecture et Culture De Marie
Chris Savignan shared Chapitre. Lecture et Culture De Marie's status update.
/http%3A%2F%2Ffbcdn-sphotos-g-a.akamaihd.net%2Fhphotos-ak-frc3%2Ft1.0-9%2Fq71%2Fs480x480%2F10262097_700196763359307_685055850873453917_n.jpg)
Chapitre. Lecture et Culture De Marie
FANTASTIQUE ET FÉERIE
EN EXCLUSIVITÉ AVEC ACCORD AUTEURE : Extrait long tome 2 de la voie de l'ultime espoir "Coulisses des mondes mystérieux". Copyright.
fantastique et culturel, humoristique... découvrez ce passage bretonnant.
Après ses rectifications, nous dressâmes nos lits et nous nous endormîmes. Il y en avait juste trois disposés les uns à côté des autres, dans la mezzanine, à la manière des couchettes d’une colonie de vacances, les draps et la couette pliés en quatre sur le matelas. Le lendemain, les premiers rayons de soleil se pointèrent à l’horizon. La neige avait entièrement fondu, dans la nuit grâce à une élévation des températures. Katel fit la démarche de solliciter notre requête à Yann. Du coup, ce projet repoussa notre départ d’un jour, au grand plaisir de ma mère qui en ignorait la véritable raison. À notre immense satisfaction, Yann avait accepté de nous préparer cette soirée. En fin de matinée, il nous offrit une démonstration de sa souplesse, malgré son âge, en grimpant avec un panier sur son échelle de meunier qui tremblait, à cause d’une mauvaise fixation et d’une vétusté du bois, pour aller dans son grenier et sortir quatre bouteilles de son fameux élixir, une boisson enivrante à base de pommes. Je lui facilitai la descente, en lui débarrassant du panier qui contenait les bouteilles et qu’il prit soin d’accrocher au bout d’une corde, pour le faire descendre avant lui. Puis, d’un rythme prudent, il nous rejoignit. Pendant que ma mère était de sortie, sans que notre mentor, notre fils et moi ne sachions ni où, ni pourquoi, Yann nous dressa son plan.
- « Ce soir à 22 heures, nous ouvrirons ces grands crus, exceptionnellement, pour vous remercier de me l’avoir emmené ici, avant que je ne sois plus de ce monde, déclara le vieil homme dont les rides des berges de sa bouche se tendaient avec son sourire en arc de gondole.
- De qui parlez-vous ? Feignis-je de ne pas comprendre en fronçant du front, pour qu’il soit plus précis.
- De l’élu ! Jeune fille, de l’élu ! Proclama-t-il en venant vers moi le dos légèrement cambré par l’excitation et l’intimidation, j’ai été averti y a de çà un an déjà, et ces bouteilles, je les ai mis de côté pour fêter cet événement.
- Pourquoi n’avez-vous rien dit depuis notre arrivée ? Interrogea Cristallin d’un ton clément.
- Vous ne comprenez pas ! S’étonna-t-il d’un œil écarquillé de suspicion et d’une intuition qui l’indiqua du contraire. Je ne peux pas discuter de cela avec n’importe qui, les autres disent que je suis fou et j’ai déjà frôlé le bagne, il y a quelques années de ça. Et après tout, comment voulez-vous que je puisse deviner qu’il s’agit de cet enfant, la prophétie dit qu’il est question d’un gamin de ma famille. Des enfants dans ma famille, il y en a 24 et depuis cette année, j’en ai reçu trois de mes proches. Un neveux du pays du Léon, mon petit fils de ma première fille, mon filleul dont les parents sont des amis de longue date de mon cousin, et voilà au milieu de tout çà, l’imprévisible et inattendu quatrième qui débarque en comblant mes attentes. Aaah ! Soupira-t-il, je crois que je suis fatigué, je n’ai pas beaucoup dormi cette nuit, je vais m’asseoir, mais ne vous inquiétez pas, je vais répondre à vos questions. »
Cristallin alla chercher son vieux fauteuil dont le tissu était déchiré sur le dossier et les couleurs ternies par l’usure et un peu de poussières. À la vue de ses jambes tremblotantes, je l’épaulai pour l’y installer confortablement. Aussitôt, notre conversation reprit son cours.
- « Juste avant votre retour de promenade d’hier après-midi, une boule lumineuse traversa la grande salle de ma maison, en répétant continuellement « c’est lui ! C’est lui ! » Chuchota Yann en se recroquevillant comme s’il craignait que quelqu’un ne l’entende. Ce qui n’a pas été sans me surprendre, d’habitude ils n’apparaissent jamais, avant la nuit noire ! Susurra-t-il d’un ton variant du calme à l’excitation et d’un très bon français à un langage familier. À minuit, afin d’obtenir une confirma-tion de mes soupçons, j’ai quitté mon lit, pour me rendre au-delà de l’Allée Couverte de Ti Lia Ven au Mougau Bihan, du coté de Commana, là où j’ai l’habitude de les rencontrer. Et au milieu de tout çà, ils étaient là par milliers tous différents des uns des autres, pour certains à peu de traits prés et autant chez les elfes que chez les lucioles, mais il y avait également des korrigans, des gnomes, des Trolls des cavernes, des farfadets et des kobolds. Chaque représentant de ces différentes communautés vint à mes pieds pour se présenter, en me saluant à la façon des accueils réservés à un prince. Ils m’ont encerclé en formant une farandole de gavottes, sur un air de musique celtique. Les paroles de leur chanson disaient « il est arrivé, c’est bien lui, il est là ! Il est là ! » Voilà la raison de ma nuit blanche ! S’exclama-t-il d’une voix excitée et essoufflée. Mad houé° ! Je suis fier et heureux comme un coq dans sa basse cour ! Y a de quoi, n'est-ce pas ? Reprit-il de plus belle. Alors, je veux bien vous organiser une rencontre, en hommage à votre bonté de me l’avoir emmené. Mais prenez garde de rester traînailler dans ce coin. Nous sommes sur le domaine de l’Ankou*. Il rode sur son char attelé d’un cheval noir, avec deux orbites vidées de ses yeux, pour massacrer tous ceux qui se trouvent sur son passage de la Terre jusqu'aux cieux. S’il vous aperçoit, sa faux sera de service. Il n’hésitera pas à vous trancher la gorge ! Prévint-il d’un ton terrifiant, son fief se situe à un vol d’oiseau du Tuchen Kador, dans le Yeun Elez. Oh gast ! (oh putain !) Paniqua-t-il subitement, les yeux béants d’inquiétude, encore un peu j’oubliai de vous informer d’une chose. Ma Soazig a été cherchée du lait, dans la ferme, juste avant le village. Mais maintenant, je crois qu’elle arrive, justifia-t-il en fixant une silhouette au loin qui se dirigeai vers la ferme.
- Soazig ! M’étonnai-je.
- Oui, jeune fille, ta mère s’appelle Françoise, en breton ça se dit Soazig, nous apprit-il d’un air hautain. De grâce, ne lui dites pas un mot de tout çà. Depuis la menace d’arrestation proférée par les gendarmes, contre moi, si je continuais à inventer des histoires, elle ne veut plus que je prononce un seul mot concernant cette affaire d’elfes et de luciole. Alors ce soir, rendez-vous près de la dernière crèche de mon premier champ. Opala ! Mil diaoul an ifern° (oh là ! Là ! Mille dieux de l’enfer) ! Voilà qu’elle est là ! Marmonna-t-il d’une voix feutrée à travers sa main posée sur sa bouche, pour cacher le mouvement de ses lèvres. »
Précipitant ses pas à la vue de notre attroupement, ma mère manqua de renverser son pot au lait et de faire trébucher son fromage en criant tout haut : « né ké gwir° ! Né ké gwir° ! (ce n’est pas vrai ! Ce n’est pas possible !)
- « Qu’est-ce tu manigances avec mes chers enfants vieux fou ? Soupçonna-t-elle le regard pétillant de reproches.
- Rien de méchant ma Soazig, rassura mon beau père, je leur donnai une leçon sur quelques expressions bretonnes, esquissa-t-il le visage marqué d’espièglerie.
- Pas trop dans la vulgarité, j’ose espérer ! Sermonna-t-elle d’un ton tonitruant.
- Non, non ma Soazig, sois en rassurée, justifia Yann. »
Face à leur scène de ménage, je ne sus nullement retenir mon envie d’intervenir, avec une nuance de gaieté dans la voix, pour détendre cette atmosphère glaciale et colérique.
- « Dis donc ma petite maman, tu es une excellente cachottière, tu ne nous avais pas avertis que tu avais épousé une vedette !
- Une vedette ! S’écria-t-elle les sourcils plissés d’étonnement. Qu’est-ce que tu me racontes ma fille !
De quoi je parle ! Mais du volcan qui a surgi de terre par ici, c’est bien Yann qui l’a découvert ! C’est un fait exceptionnel ! Cette nouvelle a fait le tour du monde à l’époque, mais à aucun moment, j’aurais pu imaginer que c’était vous, les heureux spectateurs d’un phénomène aussi grandiose.
- Tu as raison, il a de la chance d’avoir été le témoin d’un tel événement, mais heureusement que les journalistes n’ont pas publié les bêtises qui accompagnaient son récit, observa-t-elle d’un ton indigné. Je n’ose même pas vous les raconter ! Et il n’y a rien d’exceptionnel dans ce volcan. Les monts du secteur sont les plus anciens sites volcaniques du monde, elle date de la création de la Terre. Bien ! Sur ceux, je vous laisse, mes animaux me réclament.
- Elle a, à quelque chose prés, raison, confirmai-je à Cristallin, sauf que les chaînes volcaniques en Bretagne ne sont plus éruptives depuis plus de 600 millions d’années.
- C’est vrai, le Massif Armoricain est trop vieux pour justifier une activité volcanique suffisamment puissante, pour former des cônes et même des cratères, ajouta Katel. Le seul phénomène qui peut toujours se produire, c’est des remontées de grosses bulles magmatiques, lors des séismes, mais celles-ci se refroidissent en couche sédimentaire nouvelle en dessous des anciennes...
https://www.facebook.com/chapitre.lecture/posts/700200383358945
/image%2F0398436%2F20140429%2Fob_00c4bc_me-2.jpg)