Châteaubourg Deux enfants victimes d'un médicament pris par leur mère
Grossesse :
1- Risque lié à l'épilepsie et aux anti-épileptiques :
Tous anti-épileptiques confondus, il a été montré que dans la descendance des femmes épileptiques traitées, le taux global de malformations est de 2 à 3 fois supérieur à celui (3 pour cent environ) de la population générale. Bien que l'on constate une augmentation du nombre d'enfants malformés avec la polythérapie, la part respective des traitements et de la maladie n'a pas été réellement établie.
Les malformations le plus souvent rencontrées sont des fentes labiales et des malformations cardiovasculaires.
L'interruption brutale du traitement anti-épileptique peut entraîner pour la mère une aggravation de la maladie préjudiciable au foetus.
2- Risque lié au valproate :
Chez l'animal : l'expérimentation met en évidence un effet tératogène chez la souris, le rat, le lapin.
Chez l'homme : le risque global de malformation lors de l'administration au premier trimestre, n'est pas supérieur à celui des autres anti-épileptiques.
Cependant, le valproate de sodium semble induire préférentiellement des anomalies de fermeture du tube neural : myéloméningocèle, spina bifida etc, malformations dont le diagnostic anténatal est possible.
La fréquence de cet effet est de l'ordre de 1 pour cent.
Quelques cas de dysmorphies faciales et d'anomalies des membres ont été rapportés.
La fréquence de ces effets n'est pas clairement établie à l'heure actuelle.
3- Compte tenu de ces données :
- chez une femme épileptique traitée par le valproate de sodium, il ne semble pas légitime de déconseiller une conception,
- si une grossesse est envisagée, c'est l'occasion de peser à nouveau l'indication du traitement anti-épileptique,
- pendant la grossesse, un traitement anti-épileptique efficace par le valproate de sodium ne doit pas être interrompu ; la monothérapie est souhaitable ; il convient d'administrer la dose journalière minimale efficace et de la répartir en plusieurs prises.
Toutefois, une surveillance anténatale spécialisée doit être mise en route pour déceler l'éventuelle survenue d'une anomalie de fermeture du tube neural.
4- Chez le nouveau-né :
Les anti-épileptiques ont pu provoquer un syndrome hémorragique chez le nouveau-né. Contrairement au phénobarbital et aux inducteurs enzymatiques, ce syndrome hémorragique, dans le cas du valproate de sodium, n'est probablement pas lié à un déficit en vitamine K.
Pratiquer une numération plaquettaire, un dosage du fibrinogène et un temps de coagulation (temps de céphaline activée : TCA) avant l'accouchement chez la mère. Des résultats normaux chez la mère ne permettent pas d'éliminer des anomalies de l'hémostase chez le nouveau-né.
Un accouchement traumatique peut majorer le risque hémorragique.
Pratiquer à la naissance un dosage du fibrinogène, un temps de coagulation (TCA), une numération plaquettaire chez le nouveau-né.
Allaitement :
Le passage du valproate de sodium dans le lait maternel est faible avec une concentration de 1 à 10 pour cent du niveau sérique et jusqu'ici, les enfants allaités et suivis dans la période néonatale n'ont pas présenté d'effet cliniquement décelé.
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Châteaubourg Deux enfants victimes d'un médicament pris par leur mère
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Agnès est maman de deux enfants qui présentent différents troubles et retards. Depuis peu, elle sait qu’un médicament utilisé pour soigner son épilepsie est en cause.
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