Chapitre. Lecture et Culture De Marie
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Chapitre. Lecture et Culture De Marie
UN AMI
Dans la main d'un ami, il faut déposer sa confiance;
Dans son âme, sa compréhension;
Sur ses lèvres, son sourire;
devant ses yeux, une rose;
Près de lui, sa présence et son aide;
Et dans son cœur, le bonheur de son amitié.
(Anonyme)
Extraits à connotation musical de La Voie De L'ultime Tome 1 Etrange Découverte. De Chris Savignan Auteure
Chapitre VII
Poussée À Bloc
........Hormis ma scolarité mouvementée, mon besoin d’indépendance et d’affirmation de soi apparut en cette période de fin d’adolescence. Ma vie entière m’y avait précocement conduit. Afin d’y répondre, je militais illégalement avec un groupe de lycéens, contre l’injustice et ce qui s’apparentait à de l’indifférence communautaire et aux racismes. Notre association s’appelait « Au petit bonheur ». Notre siège social se situait dans l’appartement d’un de nos camarades, Swann PICARD, un rouquin que la nature n’avait pas beaucoup gâté, sur le plan beauté, par contre, il était doté d’un charme et d’une intelligence exemplaires. Ce dernier vivait tout seul, comme un chef, dès l’instant où ses parents furent mutés en Australie, pour des raisons professionnelles. C’était un élève plutôt studieux. Souvent, je passais mes nuits en sa compagnie, afin de ré-soudre également des problèmes, mais d’ordre scolaire. Dans le cadre de notre association, nous défendions la cause des plus petits et des plus faibles, dans cette société à deux niveaux opposés et très flagrants de vie sociale. Cependant, nous nous heurtâmes très vite à l’obstacle financier qui s’avéra la cause principale de nos médiocres résultats. Néanmoins, cette vie trépidante et excitante, ainsi que cette possibilité de s’exprimer dans l’anonymat, me convenaient humblement. Malheureusement, lors des arrestations massives des forces de l’ordre, à la suite d’une dénonciation calomnieuse, les documents retrouvés portaient ma signature, alors qu’à aucun moment, je ne l’eus apposée. Ses dossiers transcrivaient distinctement la composition de notre mouvement, ainsi que notre but et nos actions. Et pour aggraver la situation, des papiers qui auraient été dérobés dans certaines hautes administrations de l’île se trouvaient en notre pos-session. Ils constituaient des pièces à conviction, entre les mains des of-ficiers de police, dont les soupçons m’étouffaient et ne m’accordaient aucune présomption d’innocence. Ses écrits me désignaient à la fonction de présidente du mouvement et lorsque je dormais chez Swann, nous traversions la propriété du Conseil général, pour nous rendre à l’arrêt des rares bus menant au lycée. Par peur des représailles de ses parents, mon ami refusa d’avouer sa présence, lors de nos passages, dans ce lieu administratif et privé. Les témoins ne pouvant fournir un portrait-robot de la personne qui m’accompagnait pour alors, j’étais, aux yeux de tous, la coupable idéale. Par bonheur, certaines connaissances, dans les relations privées de ma mère, spécialisées dans le domaine juridictionnel, me sortirent des griffes de cette décadence judiciaire, selon laquelle je risquais un mois d’emprisonnement ferme, dans le quartier des jeunes du pénitencier de Domenjo, assorti d’une année, dans une maison pour adolescents en difficulté, après avoir purgé ma peine. Ils réussirent à classer cette affaire, sans l’ombre d’une répercussion possible sur mon avenir. De ces expériences, je rédigeai un titre dont les paroles remettaient nos convictions en cause, tout en laissant un message d’espoir, sur une conception plus juste de la vie et que je nommai « Black, blanc, beur. » Je me sou-viens encore de cette nuit à écrire. C’est fou comme je me sentais bien, malgré de telles épreuves déstabilisantes de la vie. En pleine rédaction, mon portable vibra. C’était Swann qui m’avait envoyé un SMS. « Cc c moi ! Dsl pr ma lacht je ne pvs ps fre autrmen mé sche qe ta tjrs 1 plas ds mon Keur. Mon dernié titr jte le dédi, il s1titul 1 amie come toi. En atta-dan davoir dté nvell Bizs é @ +. » (Coucou, c’est moi ! Désolé pour ma lâcheté, je ne pouvais pas faire autrement, mais sache que tu as toujours une place dans mon cœur. Mon dernier titre, je te le dédis, il s’intitule une amie comme toi. En attendant d’avoir de tes nouvelles, bisous et à plus) Dans les secondes qui suivirent, je le répondis : « cc mon Swanni, chui pa faché. Voudré tvoir pour 1 arrangeman de mon R&B, blac, blan, beur, é pour un beuf de réconcil avek ta zic et la miène. Jtm Bizs é @ +. » (Cc mon Swanni, je ne suis pas fâchée. Je voudrais te voir pour un arrangement de mon R&B, black, blanc, beurre et pour faire une méga fête musicale de réconciliation, avec ta musique et la mienne. Je t’aime, bisous et à plus.) Aussitôt, il me déclara : « ok pour blac, blan, beur, é chac nui du rest de ma vi si sa te di. Jtm ossi. J@riv dan 2 min. Ton ami Swanni. » (D’accord pour black, blanc, beurre et chaque nuit du reste de ma vie si ça te dit. Je t’aime aussi. J’arrive dans deux minutes.)
Fidèle à ses promesses, Swann se pointa dans la soirée. Ma mère dînait chez un de ses amis d’enfance. Il pénétra discrètement dans le jardin de notre demeure, avec sa guitare et me fit son mea-culpa, d’une voix romantique et mélancolique, sur son chaleureux titre « une amie comme toi » :
- « Dans le jeu, la vie, le hasard. S’prendre pour Dieu, défier les enjeux.
Mais par-dessus tout, j’le dis malgré tout. C’est précieux, une amie comme toi.
Je n’ai pas toujours été celui que l’on croit. J’ai dû paraître à tes yeux, digne de foi.
Mais la vie parfois, détourne tous nos choix. Même si nos désirs résistent aux désarrois.
Dans le jeu, la vie, le hasard. S’prendre pour Dieu, défier les enjeux.
Mais par-dessus tout, j’le dis malgré tout. C’est précieux, une amie comme toi.
Je n’ai pas toujours été celui que l’on voit. J’ai fui bien plus souvent que tu ne le crois
Devant le danger, je ne peux pas rester. Même pour secourir mes amis en danger.
Dans le jeu, la vie, le hasard. S’prendre pour Dieu, défier les enjeux.
Mais par-dessus tout, j’le dis malgré tout. C’est précieux, une amie comme toi.
Je n’ai pas été celui que l’on entend. Pour répondre à mes fautes, à mon engagement.
J’regrette avant tout de n’y avoir songé. De me dresser contre mes peurs bien ancrées.
Dans le jeu, la vie, le hasard. S’prendre pour Dieu, défier les enjeux.
Mais par-dessus tout, j’le dis malgré tout. C’est précieux, une amie comme toi. »
Émue, j’étais descendue entre-temps et lui avait ouvert la porte. Dès qu’il eut gratté sa dernière note sur sa guitare, il me blottit dans ses bras et entra.
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