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A Vos Rêves

Chap 30 Révélation De L'océan. Extraits De La Voie De L'ultime Espoir T1 Étrange Découverte contexte...

13 Avril 2016, 00:06am

Publié par Chris SAVIGNAN


Chap 30 Révélation De L'océan. Extraits De La Voie De L'ultime Espoir T1 Étrange Découverte

contexte historique 23e siècle

Katel s’assoupit contre Justin, sous la chaleur de son édredon ouatiné. Leur nuit se berça de doux songes de l’abordage d’Écume de l’Espérance et de l’irruption de Socrate, avec sa promesse de Jardin d’Éden. Au bout de quatre heures de navigation, nous avions parcouru 120 miles, soit environ 240 km. Une douloureuse nostalgie de mon idylle, avec Loïc et de mon île, me sortit de mon profond sommeil et m’amena à observer l’horizon. Soudain, le bateau de croisière se dressa devant un sublime ciel rougeoyant d’un splendide lever de soleil. Le paquebot de croisière avait quitté le port de La Possession, à dix-neuf heures, la veille. Il avait passé douze heures en mer, au lieu de quatre, pour franchir une distance similaire. Vu la vélocité du chalutier, par rapport à celle du paquebot, réduite par l’ancre flottante, je me rangeai à l’estimation du temps de navigation du capitaine, pour notre traversée à destination du port de Brest. Plus nous nous rapprochions du bateau, plus mon appréhension de ce long voyage grandissait. Par contre, aucune inquiétude concernant le transbordement ne se manifesta. Et pourtant, lorsque cette contrainte se présenta, au-delà de nos attentes, voici ce qui se produisit. Comme convenu, le capitaine lança un appel, à celui du « GLOBE TROTTEUR ÉLAN 2. »
« Ici le chalu974Bzh au GT2232P, sur la fréquence xtv96d, à vous !… Ici le chalu974Bzh au GT2232P, sur la fréquence xtv96d, à vous !… »
À part les grésillements des ondes radio, aucune voix ne se fit entendre.
« Pffff !!!! S’irrita le capitaine, des fritures, il ne nous manquait plus que ça !
Changez de fréquence, suggérai-je, d’un air inquiet.
Ce sera compliqué, c’est que celle-ci est la leur et lʼunique, dʼun point de vue professionnel et personnel, m’apprit-il.
Bien ! Elle est privée, que faire d’autres ?
Rien de plus que ce que vous avez proposé, ma p’tite Dame. Tenter et retenter. Allez ! Pas de panique, essayons la fréquence maritime commune, à tous navigateurs. Des fois que le capitaine FLOC’K s’y serait aventuré à titre intime. Oyé du paquebot ! Ici le chalu974Bzh au GT2232P, sur la fréquence k974Réu, à vous !… »
La tension était à son comble. Rien ne se produisit, au bout de cinq tentatives.
« Désolé de détruire vos rêves, mes enfants, comme personne ne répond, il faut se résoudre à faire demi-tour. Mon vaisseau n’est pas équipé pour vous conduire à bon port, décida le capitaine, d’un ton déçu.
Ah non, Capitaine ! Certainement pas ! M’exclamai-je, les yeux flamboyants d’horreur. Rapprochons-nous davantage du paquebot et relancez votre appel. »
Celui-ci se laissa séduire par mon idée et s’y rendit, calmement.
« Ici le chalu974Bzh au GT2232P, sur la fréquence k974Réu, à vous !…
Ici le GT2232P au chalu974Bzh, veuillez nous donner votre position ma-ritime et votre requê…
Oh non ! Protestai-je ; à mon tour. C’est un problème technique ou d’on-des ?
Mes appareils sont contrôlés avant chaque sortie en mer. Tout va bien de ce côté-là. La prochaine tentative, sur la première fréquence, sera la bonne. Capitaine PALACE à Capitaine FLOC’K ! Capitaine PALACE à Capitaine FLOC’K ! Vous m’entendez ? Nous nous situons à 17° de latitude et à 56° de longitude, dans l’océan Indien, au sud de l’équateur.
Positif ! Capitaine FLOC’K à capitaine PALACE, je vous reçois 5/5, quelle est votre requête ?
Bonjour, Capitaine, nous fonçons tout droit sur vous, à une allure de 30 miles/h. J’ai à bord, deux passagers qui ont manqué le départ, sur le quai du port de La Possession et qui souhaitent se transborder en mer, immédiatement.
Négatif, Capitaine FLOC’K, annonça sereinement son homologue.
Négatif ! Clama René, d’un air mécontent. Comment ça négatif ?
Calmez-vous capitaine PALACE, inspira le capitaine FLOC’K. Nous devons nous conformer aux règles de la navigation qui stipule l’intervention de la Gendarmerie maritime, pour un contrôle d’identité, avant de monter à bord du GLOBE TROTTEUR ÉLAN 2. Nous allons les contacter dans l’immédiat, je vous invite à réduire votre vitesse, à couper votre moteur à 50 mètres du paquebot et à attendre l’arrivée des forces de l’ordre.
À qui ai-je l’honneur ? S’emporta René PALACE, rouge de colère.
Je suis le commandant de ce navire, Monsieur, et j’applique les procédures de routine, mais obligatoires, du règlement du paquebot, prétendit cet of-ficier marin, sans se présenter, en intégralité.
Ici le capitaine PALACE ! Passez-moi votre capitaine, je veux parler au capitaine Denis FLOC’K ! Exigea-t-il, d’un ton offensé, le vrai commandant de bord. Vous n’êtes qu’un novice jeune homme. Sachez que votre capitaine est un ami intime de longue date. Je sais encore distinguer sa voix, à travers toutes les ondes terriennes et je la reconnaîtrai, même à travers celles de l’espace. »
Son acharnement lui porta bénéfice, en moins de dix minutes. Grâce à son côté provocateur et subtil, il expliqua à nouveau la situation à son homologue qui semblait en connaître déjà l’ambiguïté.
« Je suis très heureux et satisfait de t’entendre mon vieux PALACE, déclara le capitaine FLOC’K, d’un ton diplomate, mais…
Aaah, mon cher FLOC’K, interrompit René, avouez-le avec honnêteté, vous n’êtes plus très jeune vous non plus. Par contre, je reconnais en vous, cette extraordinaire dextérité à cibler vos intérêts, dans toutes les circonstances. Cette qualité-là résiste à l’usure du temps et je suis convaincu que vous ne la manquerez pas, dans le dénouement de notre situation.
Merci, René, j’en dirais autant de toi, cependant, pour l’instant, dis-moi où tu veux en venir, s’enquit Denis, tu connais les règles, n’est-ce pas ?
Mon foie à couper qu’il n’a rien à dire, sur la régularité des papiers de cette femme et de son enfant et je vous invite sans plus tarder, à le vérifier par vous-même. Vous êtes un maître suprême, pour authentifier le faussaire. Nul policier, ni gendarme ou douanier n’arrive à vos chevilles, dans ce domaine. Alors, faites-moi une faveur, jugez en votre âme et conscience du retard qu’engendrerait une attente, d’un contrôle des forces de l’ordre maritimes, sur votre destination et mesurez l’impact qu’il y aurait sur votre clientèle de luxe, de les voir débarquer, argumenta René PALACE. Ne me dites pas que ces années ont fait d’un ancien officier de la Marine nationale, un vulgaire petit commandant, sans autonomie et sans compétence, pour cerner ce genre d’effet et pour prendre les décisions adéquates.
Présentez-vous avec vos hôtes, sur le pont du GLOBE TROTTEUR ELAN 2 sur-le-champ, Sous-officier PALACE ! Le temps n’a nullement usé mes qualités, ni mes facultés et encore moins mes compétences de chef, observa le capitaine FLOC’K, d’une inflexion indignée. »
« Incroyable, ce capitaine PALACE, il est aussi rusé que Manou, dans sa démarche. » Comme quoi, je ne me trompais pas sur leurs ressemblances. Ce gradé des mers avait interprété les propos de son confrère, comme un défi qu’il releva, aussitôt. Il stoppa les moteurs du paquebot, en réduisit la dérive et jeta les ancres, pour l’immobiliser. Puis, il nous pria d’accoster son navire et de mouiller à la hauteur de l’écubier, placé sur la coque de la proue du bâtiment, afin de nous abaisser la passerelle ascenseur de transbordement. Au bout d’une bonne demi-heure de manœuvres, dans une mer houleuse, nous foulâmes le  pont extérieur principal qui était exposé en plein air.
« Soyez les bienvenus à bord, chers passagers et à toi mon fidèle compagnon, accueillit le valeureux capitaine FLOC’K, d’un ton jovial.
Merci, Capitaine ! S’exalta René PALACE. Je vous présente vos deux nouveaux passagers, Aubeline et Katel.
Bonjour, Madame, m’agréa-t-il, avec galanterie. Bonjour jeune homme ! Adressa-t-il, à mon fils, d’un ton viril et en nous tendant, alternativement, une ferme poignée de main. Vous excuserez ma maladresse, mais je tiens tout d’abord à contrôler vos papiers. L’usage du règlement est une priorité, mais rassurez-vous, je fermerai un œil, pas les deux.
Bonjour, Monsieur le Capitaine, avais-je synchronisé, simultanément à ses salutations, d’un air intimidé. »
Mon bambin m’avait imité avec plus d’assurance. Puis, à la demande de ce gradé, je lui remis nos documents d’identité et de bords. Pendant que je scrutais autour de moi, celui-ci s’entretint discrètement, avec son homologue et ami.
« Dis donc mon vieux PALACE, il n’y a pas que l’authenticité des documents de cette demoiselle qui vous a poussé à autant de zèles ?
C’est vrai, elle est plutôt jolie, avoua René, d’une voix envoûtée. Néanmoins, garde-toi de t’imaginer l’impensable ou d’avoir un esprit tordu vieux saligaud ! Maugréa-t-il, d’un ton offensif.
Ouuh !!! Ai-je touché un point sensible, vieux salopard, affligea Denis, d’un air revanchard, avant d’éclater de rire à la moue de son ami qui s’esclaffa, aussitôt. »
À ces hilarités, je me tournai vers eux.
« Qu’est-ce qui vous fait rire ? M’enquis-je, le front plissé de convoitise, de ce moment de bonheur.
Ce n’est rien, Mademoiselle, je vous en conjure, assura ce brave capitaine FLOC’K, en fixant les yeux de son ami, en dualité d’une complicité partagée. Monsieur PALACE, votre généreux sauveteur, s’apprêtait à nous quitter, et moi, je vous rends vos papiers, en vous offrant le guide et le plan du paquebot. Comprenez bien que mes obligations me contraignent à vous laisser. Un membre de l’équipage se chargera de vous accompagner à votre cabine. D’ici que vous vous amariniez, nous aurons l’occasion de nous revoir.
Bien sûr, Monsieur le Capitaine, vos responsabilités sont prioritaires, je vous comprends, admis-je, d’une voix affable. Au revoir, Capitaine FLOC’K, autant pour vous, Capitaine PALACE, et merci, infiniment, de vous être dévoué à nous escorter à bon port.
Ne me remerciez pas ma p’tite dame, cela vient du fond du cœur, réfuta René. Faites attention à vous et à votre fils et n’oubliez pas ce que je vous ai confié, rappela-t-il, en se dirigeant vers la passerelle. Au revoir, moussaillon ! Bon vent à tout le monde ! Salua-t-il, d’un ton jovial.
Bon vent à toi aussi, concorda Denis FLOC’K.
Kénavo° (Au revoir), Capitaine PALACE ! Lança Katel.
Tiens donc ! Et il parle le breton en plus. Kénavo moussaillon et bonne chance ! Répondit-il, en levant sa main droite de civilité, en signe d’un départ nostalgique. »
Le capitaine PALACE regagna le timonier de son chalutier et le capitaine FLOC’K la passerelle du commandement, afin d’appareiller leur navire, vers leur destiné opposé. Conduits dans notre cabine, nous pûmes enfin espérer atteindre d’autres horizons plus propices à une future existence harmonieuse, à bord du GLOBE TROTTEUR ÉLAN 2. Le gigantisme de ce vaisseau qui, en mode automatique, avançait à la vitesse d’un catamaran 47 était spectaculaire. De la proue à la poupe, il mesurait 1 450 mètres de long sur 680 mètres de large et pesait 625 000 tonnes. Composé de dix-huit ponts, il pouvait accueillir jusqu’à 19 800 passagers, pour 6 500 membres d’équipage. Les ponts inférieurs, situés dans la coque, comprenaient des installations sportives et de remises en forme, dont une piste de jogging de 800 mètres, une piste de ski de 600 mètres et une plage, avec son océan à vagues artificielles, des centres éducatifs et aires de jeux, pour enfants. On y trouvait également les cinq premiers bars et les quatre premiers restaurants, des jardins acclimatés, un casino, une discothèque, un espace spécial illumination et projection, lequel comptait un planétarium, une salle de cinéma, un amphithéâtre et un studio d’enregistrement.
Deux immenses châteaux superposés qui constituaient les ponts supérieurs offraient un séjour luxueux et festif de huit étoiles, à tout passager. Le toit du premier bâtiment constituait la fondation habitable du deuxième. L’absence de cheminée sur le dernier toit, grâce à la motorisation électrique du paquebot, formait la plus grande terrasse aménagée du navire. Ces châteaux abritaient les cabines, dans lesquelles certaines offraient un balcon, un grand salon de réception, une salle de conférences, cinq bars à thème et huit autres restaurants, des boutiques, dont les entrées et les sorties donnaient sur les ponts extérieurs, une bibliothèque enrichie de 1 200 ouvrages, 500 livres audio et 400 CD-ROM. Leurs terrasses arrière offraient un terrain de tennis, un minigolf, une piscine, un cinéma en plein air desservi par un bar rétro, et une plateforme d’atterrissage, pour un hélicoptère, ainsi que son hangar, dans lequel, un des derniers modèles à énergie solaire était entreposé. Ce bâtiment maritime fonctionnait grâce à deux moteurs, l’un à pétrole artificiel et l’autre électrique. L’énergie renouvelable demeurait son principal atout, car ses déchets en étaient la principale source. Mais, il était également équipé de générateurs rechargeables en énergie, sur les nombreuses bornes électriques des mers, des océans et des infrastructures portuaires. C’est ainsi que le GLOBE TROTTEUR ÉLAN 2 assurait une autonomie de fonctionnement d’une semaine, tout au long de son parcours, relayée également par des panneaux solaires et des éoliennes, plus ou moins dissimulés sur différentes parties du vaisseau marin.
Son capitaine était un homme d’une taille et d’une carrure impressionnantes. Son port de tête reflétait la noblesse d’un officier de Marine de première classe, amplifiée par son costume et ses galons. Aussi âgé que son confrère, il adoptait une ligne plus svelte et une coiffure plus soigneuse, sous son képi de Marin. Au-delà de ces différences, leur ressemblance demeurait frappante, même si aucun lien familial ne les unissait.
Toujours est-il que je mis immédiatement à profit les conseils du capitaine PALACE, en appréciant ce voyage au titre des vacances, que nous n’avions jamais eues, encore qu’une personne manquât, pour parfaire à ce rêve éveillé. Au-delà de toute attente, j’affichais rapidement ma joie de vivre. Deux heures après notre arrivée, le capitaine FLOC’K rassembla les passagers, dans la salle de réception, pour leur présenter un plan de notre parcours de croisière, dont la durée estimée était de six mois. Chaleureusement, il nous invita à nous joindre, à ce qu’il appelait « ma grande famille ». Nous mîmes le cap vers l’ancien canal de Suez, en remontant par la mer Arabique et la mer Rouge. Ce dernier avait complètement disparu, avec Suez et son golfe, ainsi que Sinaï. À cause de la montée des eaux de la mer Rouge, lors des cataclysmes dus au réchauffement de la planète et des tsunamis, provoqués par les impacts des météorites, dans les océans du globe, Sinaï gisait dans les profondeurs d’une mer, formée par la rencontre de la Méditerranée, avec la mer Rouge. Cette dernière afficha une importante largeur, allant entre 1 100 et 1 500 km, des côtes égyptiennes, nubiennes et éthiopiennes, à ceux de l’Arabie Saoudite et du Yémen. L’Afrique avait subi également des conséquences qui s’étaient traduites par sa division, en trois petits continents. Leur dirigeant les avait prénommés, après un suffrage national, l’île d’Afrique de l’Ouest, l’île d’Afrique du Sud et l’île d’Afrique de l’Est. Cette troisième île constituait l’une des trois escales qui étaient prévues, dans la croisière. Elle porte le nom de Nouvelle Promise. Sa géographie se compose actuellement d’une partie de ce qui représentait, avant les cataclysmes naturels climatiques, l’Égypte, la Libye, le Soudan, le Tchad, l’Éthiopie et la Somalie. L’un de ses ports, nommé Féréold, représente également une grande ville de la république égyptienne. Le paquebot y jeta l’ancre de la première es-cale, pour une visite touristique citadine. La deuxième se produirait à Athènes en Grèce et la troisième à Lisbonne au Portugal, en passant par le Détroit de Gibraltar qui s’était élargi de 75 km, par les inondations sur les terres avoisinantes. Tous les soirs, des galas nous offraient des mets de hautes gastronomies et de magnifiques spectacles, avec des artistes confirmés et internationaux. Néanmoins, au coucher, mes nuits étaient habitées par les souvenirs des fabuleux moments passés avec Loïc et cette hantise se transformait en rêverie, plus romantique que sensuelle, mais déstabilisant au réveil. Je passais d’un simple moment de nostalgie, à une amertume déroutante, avant de renaître à la vie, tel un phénix se réveille de ses cendres. « Qu’est-ce que tu me manques mon trésor, mon tendre amour, te reverrai-je un jour ? Songeai-je, à mes réveils. Je donnerai tout l’or du monde pour revoir ton sourire, succomber à ta douceur, ta tendresse, tes mots doux, tes bisous et tes regards amoureux. Je vendrai mon âme au diable, pour revivre tous ces instants de bonheur, nos escapades en pleine nature, nos couchers de soleil sur le sable doré, de nos merveilleuses plages… Bien, après tout, soyons un peu raisonnable, un bon café et hop ! C’est reparti, m’encourageai-je, à ces instants troublants. » Ni le temps ni la distance n’ont d’usures sur la pureté d’un amour, dont l’existence est irréfutable et inaltérable, aux yeux de ceux qui s’aiment de cet amour-là.
En journée, nous avions le choix entre des séances de relaxation, de yoga, de gymnastique, de thalassothérapie, du ski sur les pistes préfabriquées, du surf dans les vagues reconstituées de la mer artificielle, des ballades sur les ponts extérieurs du paquebot et à toutes les autres activités conçues pour les voyageurs, à l’exception du planétarium qui affichait des horaires et des jours fixés par le règlement du navire. Au centre de la terrasse supérieure du second château, les architectes de la Marine avaient établi un véritable paysage d’une splendide île déserte, nommée Crusoé, sur laquelle je m’épanouissais, souvent, dans un transat, derrière un bon roman philosophique et une fraîche orangeade servie par les commis d’un bar exotique. Un volcan camouflant le manche à air du paquebot se dressait au centre de cette île et produisait de petits grondements préenregistrés, d’un début d’éruption. On y accédait par un pont suspendu ou à la nage. Le bateau était équipé de cinq piscines : une exposée à l’ensoleillement de l’avant du pont principal, une autre dans l’installation sportive, la troisième dans les aires de jeux des enfants, la quatrième sur l’une des terrasses à l’arrière et la cinquième, dans le centre de thalassothérapie, sans compter l’étendue d’eau encerclant l’île de Crusoé et accessible aux baigneurs. Mon fils apprit à nager, dans l’espace enfant des bassins couverts. Grâce à son pseudo-handicap, le maître-nageur ne vit pas d’inconvénients, à ce qu’il garde son en……… c………….e*, ses chaussettes et ses gants, même en étant à l’abri du soleil. Il faut dire que j’avais prétendu que la moindre lueur lui était néfaste. D’ailleurs, ce mensonge m’avait valu une grosse frayeur, lorsqu’il me signala que je n’avais aucune inquiétude à me faire, puisqu’il y avait cinq médecins de la Marine nationale à bord et qu’en cas d’urgence, on nous escorterait en hélicoptère, dans le pays le plus proche, avant de nous rapatrier en France. Cette crainte se fondait toujours sur les probabilités d’une confrontation d’un homme de science, à la véritable anatomie de Katel et des conséquences qui en découleraient, durant le reste de son existence.
Au bout d’un mois, ce fait qui avait généré ma peur d’un contact entre mon gamin et les médecins du paquebot se transforma en solution. L’idée de simuler un malaise, dans le dessein d’écourter notre traversée, parcourut mon esprit, mais disparut, instantanément. Il est vrai que notre découverte de Féréold à la Nouvelle Promise nous avait comblés d’émerveillement. Ce qui éveilla notre curiosité pour la suite de notre croisière. Au courant de la deuxième semaine de décembre 2238, nous tournions le dos à l’île d’Afrique de l’Est et nous cinglions la Grèce. Justin était aussi monté à bord, cependant, il déambulait en solitaire, dans tous les recoins du navire. Le capitaine, débordé par les plaintes des passagers mécontents, au sujet d’une diffusion immonde de gaz pestilentiel à bord, présenta une requête aux passagers, pour rechercher l’origine de cette puanteur. Il promit une récompense de 50 % de réduction sur toute prochaine croisière, à celui qui l’aurait découverte. Je constatai que Cristallin s’était trompé sur ses mises en garde de voyage par la mer, car aucun signe de danger ne se présentait, jusqu’à présent. Au contraire, il régnait une pesante monotonie qui au départ était reposante, mais à la longue commençait à me lasser. À part Katel qui s’éclatait, de jour en jour, moi, une grande mélancolie du passé m’envahissait toujours, même en journée et amplifiait mes rêves nostalgiques et mes cauchemars nocturnes. Certains soirs, afin de les fuir, je passais des nuits blanches. Loïc me manquait douloureusement. Mon cœur en était profondément meurtri et mon âme définitivement tourmentée, à chacune des pensées que j’a-vais de lui et pour lui. Puis, au-delà de mes espérances, une inspiration poétique et romantique m’en délivra. « Partir », tel est son titre et ceux qui suivent sont ses vers :
« Un baiser sur mes lèvres et voilà ce bateau qui m’enlève,                        Pour me conduire loin de toi, loin des rivages, des montagnes,                Et de tes bras d’où notre amour était foi, notre amour était loi.
Partir pour partir et fuir son avenir. Partir pour partir en espérant revenir.  Partir pour partir et retrouver le sourire. Même si la solitude cherche à m’anéantir.                                                                                                                Partir !
Un roman qui s’achève et voilà que s’efface mon rêve.                          L’oublier sera pour moi, une peine, un fardeau, une croix.                       Seule, je serai tourmentée d’émois ou vivrai dans l’effroi.

Partir pour partir et fuir son avenir. Partir pour partir en espérant revenir.  Partir pour partir et retrouver le sourire. Même si la solitude cherche à m’anéantir.                                                                                                                Partir !

Mon cœur s’en est brisé. Mais n’oublie pas que l’on s’est juré             De se retrouver. Ma patience saura vaincre les années.                           Mon amour rejaillira de mes entrailles et de mes pensées.

Partir pour partir et fuir son avenir. Partir pour partir, en espérant revenir. Partir pour partir et retrouver le sourire. Même si la solitude cherche à m’anéantir.                                                                                                              Partir !

Le ciel nous réunira là où l’amour sera roi.                                                La pluie nous purifiera là où ton corps s’enlacera,                                  Avec le mien, au-delà des rivages et des clivages.                                      
Comme de grands enfants pas toujours sages,                                     Le vent nous dressera un lit, un drap de nuages.                             Pour qu’enfin toi et moi fassions gronder un orage. De désirs et de plaisirs !

Partir pour partir, mais ne pas oublier d’en revenir. Partir pour partir et reconstruire son corps, son âme et ses ambitions à venir.                     Partir pour partir et retrouver ses souvenirs. Même si la solitude cherche à m’anéantir.                                                                                                               Partir ! »

Quinze jours s’écoulèrent dans la sérénité de ce raisonnable vague à l’âme. Repensant incessamment aux péripéties de notre passé et face à un avenir incertain, je souhaitai, avec conviction, mettre en œuvre mon idée d’évasion, en invoquant un mal de ventre. Afin de préparer une conjoncture scénaristique efficace, je m’accordai deux semaines de réflexion et de planification, avant de passer à l’acte. Le lendemain, je repris une existence normale, pour ne pas attirer la suspicion du capitaine qui se trouvait régulièrement, sur ma route. À chaque croisade, il ne manquait pas de m’informer du bon fonctionnement de la croisière ou de me rassurer sur le temps annoncé, par les bulletins météorologiques, en prenant en même temps, de mes nouvelles. Au début de cette matinée, je me baladais vers la proue, lorsqu’il se dirigea directement vers moi, d’une manière intentionnelle, tel un prédateur qui étudie particulièrement sa proie.
« Comment allez-vous, Mademoiselle, tout se déroule à l’image de vos désirs ? Se soucia-t-il, d’un air coquin et d’une voix enjouée. Profitez de chaque seconde et de chaque plaisir qui s’offre à vous et en aucune façon, vous ne devez hésiter à en réclamer.
Oui ! Oui ! Capitaine, ne vous inquiétez pas ! J’y veillerai ! Vous pouvez y compter ! Assurai-je, d’un rictus souligné d’une pointe d’embarras. D’où provient le luxe d’un si majestueux bâtiment, étant donné la misère mondiale qui règne ? Enquêtai-je, les yeux plissés d’avidité.
Oh, ce paquebot navigue depuis plus d’un siècle, évoqua-t-il, d’une inflexion diplomate, sa construction est une idée de génie de toutes les nations, mais son entretien est assuré par la générosité de deux grands émirs, en contrepartie évidemment d’une moyenne part au bénéfice, sans omettre les dix mille euros du coût de votre billet et ceux des millions de passagers annuels, lesquels y contribuent aussi. »
‟ Dix mille euros ! Pensai-je, la gorge nouée de stupéfaction. Il est complètement fou Loïc ! Je ne pourrai en aucune façon les lui rembourser. ˮ
« Toutefois, fermons cette parenthèse pour aborder un évènement plus important, continua-t-il. Savez-vous qu’en ce moment même, le monde entier inaugure, dans la joie et l’extase suprême, le sixième anniversaire de l’opération SDLP* ?
Ah oui, c’est fantastique et surtout dommage que nous ne soyons pas sur la terre ferme, pour partager ce moment, avec les Citadins, avouai-je, d’un ton dynamique.
Je vous rassure tout de suite, vous ne manquerez rien du tout, j’ai prévu cet évènement sur le paquebot ce soir, après notre convivial souper, indiqua-t-il, les mirettes étincelant de complicité. Et en attendant ce répit tellement attendu pour la planète, aujourd’hui, le ciel est clément, la mer est plate et le soleil au beau fixe, foi d’expert ! Ou plutôt d’une bonne radio qui fonctionne et d’un bon météorologue. Alors, je vous laisse, bonne journée, Mademoiselle ! Et surtout, gardez votre ravissant sourire, conseilla-t-il, d’un air satisfait et envoûté. »
Avec fierté, il passa son chemin, en manifestant sa joie de parvenir à me décrocher, quotidiennement, un brin de causette. La journée appuyait ses indications climatiques. Le soleil s’affichait derrière un ciel bleu azur, sans le moindre nuage à l’horizon. La mer était calme et les stations météorologiques confirmèrent l’installation d’un anticyclone, sur une semaine, dans notre zone de navigation. Le paquebot se situait à 31° de longitude est et à 32° de latitude nord, dans la Méditerranée. Au déclin du soleil, au-delà de toute attente et de toute prévision, le ciel s’assombrit rapidement et brutalement sur toute sa surface. D’obscurs Cumulonimbus et de ténébreux Mammas le tapissaient et s’entre cognaient, en manifestant de violents grondements électriques. Outre toutes les manifestations météorologiques annoncées, la dégradation du temps s’opéra à une vitesse inimaginable et inexplicable. De phénoménaux éclairs illuminaient tous les coins du ciel, comme l’éblouissement de foudroyants et gigantesques projecteurs, en provenance de l’espace. Un vent impétueux et frigorifié accompagné de trombes de pluie se leva et emporta tous les mobiliers, que les membres du personnel de bords n’eurent pas le temps de rentrer. À l’abri de ces intempéries, nous en ressentîmes légèrement leurs effets, par le déplacement des couverts, sur les tables du salon de réception où tous les convives du navire dînaient, après le discours d’inauguration du capitaine, au sujet de l’anniversaire de l’opération SDLP*. Dans la précipitation, celui-ci déclencha la sirène d’alerte maximum, annonçant l’interdiction de se rendre sur les ponts extérieurs et l’obligation de gagner les cabines, jusqu’à nouvel ordre. Le dîner à peine achevé, les voyageurs obéirent, sans se faire prier ou rappeler à l’ordre.
La peur et l’angoisse se lisaient sur presque tous les visages et les regards. Le GLOBE-TROTTEUR bourlingua, lourdement, dans une houle déchaînée. La turbulence dura encore une demi-heure, puis les orages s’apaisèrent et la foudre s’estompa. Allongés sur nos couchettes, nous nous laissâmes bercer, par le mouvement des flots et nous attendîmes le signal du lever de l’alerte. Soudain, de terribles tonnerres déchirèrent à nouveau le ciel et offrirent à travers les hublots, un spectacle ahurissant d’éclairs, illuminant l’atmosphère de plomb, toujours noircie de nuages, dont la base inférieure se déchiquetait et défilait à vive allure, sous l’effet du vent. Les puissants courants marins s’acharnaient par des déferlantes et gigantesques vagues, contre les flancs du navire qui donnait de la bande, d’un bord à l’autre, malgré sa taille imposante. Une nausée intempestive s’empara de moi, m’obligeant à mobiliser nos toilettes personnelles. Mon chérubin en informa immédiatement le capitaine qui était en train de sommer aux passagers, de chaque cabine, l’ordre de regagner la grande salle, afin de leur apporter des explications, sur la situation météorologique et de calmer l’affolement général. À la hauteur de notre dortoir, il précéda Katel. Dès qu’il constata mon pitoyable état de santé, ce dernier nous autorisa, exceptionnellement, à rester dans notre compartiment. Au bout d’une heure, mon petit s’endormit, bercé par les mouvements du bateau. Je fixai ses paupières fermées et amorçai un état de somnolence communicative. Tout à coup, sous l’appel d’une voix sublime, distincte et mélodieuse, je me réveillai en sursaut.
« Aubeline ! Aubeline ! Viens à moi, bonté divine ! Toi qui eus le droit, de tendre les bras, à celui qui sera notre merveilleux et puissant roi. Aubeline ! Aubeline ! Viens à moi sagesse divine ! Toi l’écume berçant l’enfant qui ramène en son temps, le calme des courants. » … etc.

Chap 30 Révélation De L'océan. Extraits De La Voie De L'ultime Espoir T1 Étrange Découverte

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